Dichter : Israël et la Russie divergent sur la question du Moyen-Orient
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Dichter : Israël et la Russie divergent sur la question du Moyen-Orient

L’ancien chef du Shin Bet et député du Likud affirme que Moscou, qui se conduit en superpuissance, ne s’intéresse pas aux intérêts de Jérusalem

Avi Dichter pendant une réunion de la Knesset, le 19 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Avi Dichter pendant une réunion de la Knesset, le 19 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le député Avi Dichter (Likud), ancien directeur de l’agence de sécurité du Shin Bet a déclaré mardi que les intérêts de la Russie au Moyen-Orient ne sont en aucun cas alignés avec les intérêts d’Israël, et l’État juif doit être vigilant au regard de l’influence grandissante de la Russie dans la région.

Dans une interview avec Reuters, Dichter, qui officie comme président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, a déclaré que bien qu’Israël et la Russie entretiennent de bonnes relations, et que les deux pays se respectaient mutuellement.

« La Russie pense et agit comme une superpuissance, et de fait, ignore souvent les intérêts israéliens lorsque ceux-ci ne coïncident pas avec les intérêts russes. »

Durant l’année, le Premier ministre Netanyahu a rencontré le président Vladimir Poutine à deux reprises, et ils se sont parlé au téléphone à six reprises, saluant l’évolution de leurs relations et la convergence de leurs opinions sur de nombreux points.

Israël et la Russie sont sur la même longueur d’onde en ce qui concerne notamment un mécanisme de ‘dé-confliction’ entre leurs armées respectives, afin d’assurer que l’armée israélienne ne frappe pas la flotte russe dans l’espace aérien syrien.

Dichter cependant, a mis en garde mardi que « le fossé qui nous sépare est important et inquiétant », et ce à de nombreux égards.

Israël considère que l’Iran est l’adversaire le plus redoutable de la région, et la lutte contre le terrorisme du groupe libanais, le Hezbollah est une priorité.

« La Russie ne considère pas l’Iran et ses voisins à la hauteur de la menace qu’ils représente ou qu’ils manifestent à l’égard d’Israël », explique Dichter, en ajoutant que la Russie « considère le Hezbollah comme le laquais de l’Iran en Syrie et au Liban, et qu’ils soutiennent la milice chiite en Iraq et en Syrie ».

Dichter souligne qu’Israël et la Russie ont des positions diamétralement opposées en ce qui concerne certains problèmes capitaux, et notamment l’accord sur le nucléaire iranien, la guerre civile en Syrie, et le rôle de l’Iran dans la région.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (droite) tient une conférence de presse avec son homologue russe Dimitri Medvedev au bureau du Premier ministre le 10 novembre 2016. (Crédits : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (droite) tient une conférence de presse avec son homologue russe Dimitri Medvedev au bureau du Premier ministre le 10 novembre 2016. (Crédits : Yonatan Sindel/Flash90)

Dichter met l’accent sur l’importance de comprendre que les intérêts renouvelés de la Russie dans la région, alors que sous Obama, les États-Unis se sont retirés, ne sont en aucun cas temporaires. « Ils ne sont pas revenus au Moyen-Orient avec des capacités militaires aériennes et maritimes seulement pour ‘crâner’ puis partir. »

Le nouveau voisin n’est pas venu ici pour louer un appartement, il est venu construire une villa », explique Dichter.

Pour l’instant, il est difficile d’anticiper les changements qui se produiront avec la présidence du Trump, si toutefois il prévoit des changements. Mais le milliardaire a déjà indiqué que sous son administration, la politique américaine sur la Syrie risque de s’aligner avec celle de la Russie.

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