La vaccination ralentit considérablement en Israël
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La vaccination ralentit considérablement en Israël

Davantage de gens ont reçu une 1e injection le 1e mars que toute la semaine dernière ; fini les longues files d'attente, les infirmières téléphonent pour inciter les gens à venir

Un centre de vaccination Clalit à Jérusalem, le 25 février 2021. (Olivier Fitoussi / Flash90)
Un centre de vaccination Clalit à Jérusalem, le 25 février 2021. (Olivier Fitoussi / Flash90)

Moins de 43 000 Israéliens ont reçu leur première dose du vaccin contre le coronavirus la semaine dernière – moins que le nombre de personnes qui l’avaient reçue en une seule journée au début du mois de mars.

L’inoculation de la première dose a culminé à 83 280 par jour mi-février et était encore élevée le 1er mars, à 45 521. Mais à présent, ce chiffre – essentiel pour juger de l’engagement de la population non-vaccinée à se faire vacciner – a considérablement diminué. Au cours des sept derniers jours, la moyenne a été de 6 096, contre 10 532 la semaine précédente et 14 476 la semaine précédente.

De nombreux centres de vaccination ont fermé, et dans ceux qui restent ouverts, les médecins et les infirmières disent que le calme est perceptible. « Avec autant d’Israéliens vaccinés, il est difficile de faire venir des gens », a déclaré le Dr Ian Miskin, responsable des soins et de la vaccination contre le coronavirus pour le fournisseur de soins de santé Clalit à Jérusalem.

Alors qu’au début de la campagne de vaccination, il y avait de longues files d’attente de personnes essayant d’obtenir des rendez-vous dans les centres de vaccination, maintenant les prestataires de soins de santé essaient de convaincre les gens de venir se faire vacciner.

Un travailleur médical prépare le vaccin COVID-19 dans un centre de vaccination de Clalit à Jérusalem, le 8 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« Nous sommes proactifs, nous appelons les gens, nous les exhortons à venir se faire vacciner, et nous les rassurons », a déclaré Mali Kusha, infirmière en chef des services de santé de Meuhedet. Elle ajoute que le ralentissement est normal après un départ aussi rapide de la campagne de vaccination. « Nous sommes toujours dans une très bonne position », a-t-elle souligné.

Siège de Pfizer à New York, le 9 novembre 2020. (Crédit : David Dee Delgado / Getty Images / AFP)

Mercredi, Pfizer a annoncé qu’un essai clinique sur des jeunes de 12 à 15 ans avait montré que le vaccin était efficace à 100 % pour cette tranche d’âge.

Israël est prêt à vacciner les adolescents dès que la FDA donnera son feu vert. Cela pourrait signifier que les centres de vaccination seront bientôt remplis d’adolescents, ce qui augmenterait considérablement le taux d’Israéliens ayant reçu au moins leur première dose, actuellement à 56 %. Environ un Israélien sur trois a moins de 16 ans.

Lorsque les moins de 16 ans, qui ne sont pas encore éligibles aux vaccins, sont retirés de l’équation, les taux de vaccination sont élevés dans presque tous les groupes cibles.

Parmi les Israéliens âgés de 90 ans et plus, environ 97,4 % ont eu au moins une injection. Ce chiffre est de 94,6 % chez les 80-89 ans, 97,3 % chez les 70-79 ans et 88,7 % chez les 60-69 ans. Pour les Israéliens dans la cinquantaine, la quarantaine, la trentaine et la vingtaine, il est respectivement de 87,2 %, 82,3 %, 77,6 % et 72,9 %.

Kusha a expliqué que cela signifie que chacune des quatre caisses d’assurance maladie israéliennes essaie encore de convaincre un nombre relativement limité de membres de venir se faire vacciner, mais il est difficile de les mobiliser.

« Nous n’avons que 130 000 personnes dans notre organisation qui sont encore éligibles pour les vaccins, ce qui n’est vraiment pas grand-chose, c’est pourquoi il est important que nous continuions à insister par téléphone », a-t-elle déclaré.

Un médecin israélien attend pendant un événement pour encourager la vaccination de jeunes Israéliens dans un centre de vaccination à Holon, le 15 février 2021. (AP Photo / Sebastian Scheiner)

Les cliniques estiment que le ralentissement constaté en mars a été accentué par la période de Pessah, ce qui a poussé de nombreux Juifs israéliens prêts à se faire vacciner à tarder à le faire. « Nos centres à Jérusalem ont connu une très forte réduction avant Pessah », a rapporté Miskin.

Les gens craignaient – inutilement, a-t-il souligné – de ressentir des effets secondaires pendant les vacances. Kusha a affirmé que les patients appelés par son personnel avaient rapporté la même raison pour leur réticence, et que les taux étaient également affectés par le fait que les gens étaient occupés à préparer la fête. « Pendant les fêtes, les Juifs ne veulent tout simplement pas se faire vacciner », a-t-elle déclaré.

Illustration : des musulmans prient au mont du Temple pendant le Ramadan. (Autorisation : Atta Awisat)

Pour les citoyens arabes, cependant, l’approche d’un jour férié – le Ramadan, qui commence le 13 avril – a l’effet inverse. Les Arabes, qui ont été plus lents que le reste du pays à se faire vacciner, se dirigent en plus grand nombre vers les centres de vaccination.

« Nous progressons dorénavant avec la société arabe, car ils réalisent qu’ils veulent se faire vacciner avant le Ramadan », a déclaré Miskin, expliquant que les gens veulent pouvoir assister aux prières, et que certaines familles limitent les repas de clôture du jeûne aux membres vaccinés.

On s’attend à ce que la vaccination parmi la population juive reprenne après Pessah. Kusha a prédit qu’Israël réussira à vacciner environ la moitié des adultes encore non-vaccinés, en les influençant par des campagnes publicitaires. Miskin a déclaré qu’il y aurait un nouveau facteur de conviction naturel au cours des prochaines semaines : l’attrait du laissez-passer vert et la promesse de projets de vacances d’été.

« Nous allons voir des gens venir se faire vacciner parce qu’ils veulent aller dans des hôtels et prendre l’avion pour l’étranger », a-t-il déclaré.

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