La Women’s March affirme que l’antisémitisme est « indéfendable » mais…
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La Women’s March affirme que l’antisémitisme est « indéfendable » mais…

Le mouvement n’a néanmoins pas condamné le soutien de sa co-organisatrice Tamika Mallory à Louis Farrakhan : "Nous aimons et apprécions notre sœur"

Tamika Mallory lors d’une conférence (Crédit photo : Twitter)
Tamika Mallory lors d’une conférence (Crédit photo : Twitter)

L’organisation Women’s March a déclaré mardi que l’antisémitisme et l’homophobie étaient « indéfendables » et intolérables, mais n’a néanmoins pas condamné sa co-organisatrice Tamika Mallory pour son soutien public à Louis Farrakhan, leader antisémite et homophobe de la Nation of Islam.

Dans un communiqué, l’organisation, qui a organisé à deux reprises une marche annuelle pour les droits des femmes et les causes progressistes, a déclaré avoir « conscience des débats qui doivent être menés sur la race, de la religion et du genre ».

« Nous aimons et apprécions notre sœur et co-présidente, Tamika Mallory, qui a joué un rôle clé dans la naissance de ces débats. Ni nous ni elle ne craignons le fait que la construction de mouvements intersectionnels soit difficile et souvent douloureuse. »

Louis Farrakhan s’exprimant à New York, le 15 juin 2011 (Crédit : Mario Tama / Getty Images via JTA)

Mallory, qui a fait l’éloge de Farrakhan à plusieurs reprises, a assisté à l’un de ses discours le 25 février, au cours duquel il a loué ses activités. Au cours de ce même discours, il a également affirmé qu’il avait « dévoilé la couverture de ce Juif satanique et [être] ici pour affirmer que son temps était terminé ».

Il a ajouté que « les Juifs étaient responsables » de « la saleté et du comportement dégénéré qu’Hollywood était en train d’insuffler, transformant les hommes en femmes et les femmes en hommes ».

Par le passé, Mallory avait déjà posté sur Instagram une photo d’elle en compagnie de Farrakhan, déclarant qu’il était le « plus grand de tous les temps ».

L’organisation Women’s March a été largement critiquée pour le soutien de Mallory à Farrakhan.

Dans sa déclaration mardi, l’organisation a déclaré que « l’antisémitisme, la misogynie, l’homophobie, la transphobie, le racisme et la suprématie blanche sont et seront toujours indéfendables ».

Le communiqué affirmait que « les déclarations du ministre Farrakhan à propos des Juifs, des gays et des trans n’étaient pas conformes aux principes de l’unité de la marche des femmes ».

Se défendant sur le temps de réponse que le communiqué a nécessité avant d’être publié, le groupe a déclaré : « La Women’s March a tenu des débats avec les membres queers, trans, juifs et noirs de notre équipe et d’un plus large mouvement afin de créer un espace de compréhension et de guérison. »

« Notre silence a pour origine ces débats et nous essayons de briser intentionnellement les cycles qui opposent nos communautés les unes aux autres. Nous avons du travail à faire, en tant qu’individus, en tant qu’organisation, en tant que mouvement et en tant que nation. »

Les manifestants à la deuxième marche annuelle des femmes à New York, le 20 janvier 2018 (Danielle Ziri / Times of Israël)

Des groupes juifs ont participé à des marches à travers le pays en janvier dernier, mais pas sans hésitation : une autre co-organisatrice, Linda Sarsour, a été une critique acharnée d’Israël et une fervente partisane du mouvement BDS.

Peu après la Marche des femmes de 2017, Sarsour, qui est d’origine palestinienne, a attiré l’attention des dirigeants juifs pour avoir affirmé au magazine The Nation que les partisans sans réserve d’Israël ne pouvaient pas être féministes.

JTA a contribué à cet article

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