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L’accusation de terrorisme est retenue contre le chef du Jihad islamique palestinien

Bassem Saadi est notamment accusé d'appartenance à un groupe terroriste, d'incitation à la violence et d'usurpation d'identité ; sa détention a été prolongée jusqu'à dimanche

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Bassem Saadi, chef du Jihad islamique palestinien en Cisjordanie, comparaissant pour une audience à la prison d'Ofer, à l'extérieur de Jérusalem, le 25 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Bassem Saadi, chef du Jihad islamique palestinien en Cisjordanie, comparaissant pour une audience à la prison d'Ofer, à l'extérieur de Jérusalem, le 25 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les procureurs militaires ont déposé jeudi un acte d’accusation contre un membre du Jihad islamique palestinien dont l’arrestation au début du mois a déclenché une série de combats entre Israël et le groupe terroriste dans la bande de Gaza.

L’acte d’accusation de Bassem Saadi comprend des charges d’appartenance à un groupe terroriste (le Jihad islamique palestinien), de conduite d’opérations au nom du groupe terroriste, d’incitation au terrorisme, d’aide à d’autres personnes pour contacter un ennemi, et d’usurpation d’identité.

Un tribunal militaire a encore prolongé la détention provisoire de Saadi jeudi, ordonnant qu’il soit maintenu en détention jusqu’à dimanche, date à laquelle une audience sera organisée pour qu’il reste en détention jusqu’à la fin de la procédure judiciaire. Aucune date n’a encore été fixée pour son procès.

Saadi, chef du groupe terroriste en Cisjordanie, a été arrêté le 1er août par les troupes israéliennes dans la ville palestinienne de Jénine. Son arrestation faisait suite à des renseignements indiquant que Saadi était toujours actif au sein du Jihad islamique, a déclaré une source militaire.

Selon l’acte d’accusation, Saadi aurait aidé deux autres Palestiniens à « faire progresser les activités » du conseil étudiant du Jihad islamique, considéré par Israël comme faisant partie du groupe terroriste. Selon l’acte d’accusation, les deux hommes auraient reçu 5 000 dollars de la part d’un agent terroriste de la bande de Gaza, pour mener à bien leurs activités.

L’accusation d’incitation au terrorisme a été retenue des suites d’une interview réalisée en mai, dans laquelle Saadi avait déclaré que si les troupes israéliennes entraient dans le camp de réfugiés de Jénine « et faisaient du porte-à-porte, Dieu nous en préserve, alors la résistance se relèverait tel un ‘phœnix’ … Le camp de réfugiés de Jénine appartient aux Palestiniens qui continueront à se battre jusqu’à ce qu’ils soient chassés de notre terre, de notre mer, de notre ciel et de nos lieux saints ».

Un tireur affilié au groupe terroriste palestinien du Jihad islamique défilant alors que des hommes portent le corps de Dirar al-Kafrayni, tué lors d’affrontements avec les troupes israéliennes dans la ville de Jénine en Cisjordanie, lors de ses funérailles dans le camp de réfugiés de Jénine, le 2 août 2022. (Crédit : Jaafar Ashitiyeh/AFP)

Lors de son arrestation le 1er août, Saadi s’est identifié aux troupes comme étant son frère Ghassan, et a donc également été accusé d’usurpation d’identité, selon l’acte d’accusation.

En réponse à l’arrestation de Saadi, le Jihad islamique a annoncé qu’il déclarait l’état d’alerte. L’armée israélienne, affirmant avoir des indications concrètes d’une attaque imminente à la frontière de Gaza, a verrouillé la zone pendant quatre jours.

Finalement, Tsahal a lancé une série de frappes aériennes à Gaza contre un commandant supérieur du Jihad islamique palestinien et plusieurs escadrons de missiles anti-chars guidés, ce qui a provoqué des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza.

Après près de trois jours de combats, un accord de cessez-le-feu a été signé, qui incluait « l’engagement de l’Égypte à œuvrer à la libération » de Saadi et d’un autre détenu palestinien, Khalil Awawdeh, d’après une déclaration de l’un des porte-parole du groupe terroriste.

Israël n’a pas l’intention de libérer les prisonniers avant terme, ont déclaré des responsables après le cessez-le-feu. La détention administrative d’Awawdeh a été temporairement suspendue, mais la plus haute juridiction israélienne lui a refusé une libération complète.

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