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Israël suspend temporairement l’arrestation d’un Palestinien en grève de la faim

Le suspect terroriste Khalil Awawdeh, en jeûne depuis mars afin de protester contre la détention administrative, aurait refusé de reprendre ses repas jusqu'à sa libération totale

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des manifestants avec un drapeau palestinien devant l'hôpital de Be'er Yaakov où un prisonnier en grève de la faim, Khalil Awawdeh, en photo sur les pancartes, est détenu par Israël en tant que terroriste présumé, le 13 août 2022. Sur les pancartes est écrit en arabe : 'Pas de détention administrative. Liberté pour Khalil Awawdeh.' (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)
Des manifestants avec un drapeau palestinien devant l'hôpital de Be'er Yaakov où un prisonnier en grève de la faim, Khalil Awawdeh, en photo sur les pancartes, est détenu par Israël en tant que terroriste présumé, le 13 août 2022. Sur les pancartes est écrit en arabe : 'Pas de détention administrative. Liberté pour Khalil Awawdeh.' (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

Un tribunal militaire israélien a temporairement suspendu vendredi la détention d’un prisonnier palestinien en grève de la faim afin de lui permettre de recevoir des soins médicaux alors que sa santé décline rapidement après près de six mois de grève de la faim.

Les avocats de Khalil Awawdeh ont cependant déclaré qu’il poursuivrait son jeûne de 168 jours jusqu’à ce qu’il obtienne une libération totale.

Israël affirme qu’Awawdeh, 40 ans, est membre d’un groupe terroriste – une allégation qu’il a niée par l’intermédiaire de son avocat, et aucune accusation formelle n’a jamais été portée à son encontre. Le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien a exigé sa libération dans le cadre d’un cessez-le-feu négocié par l’Égypte, mettant fin à trois jours de violents combats dans la bande de Gaza au début du mois, mais il ne l’a pas identifié comme étant l’un de ses membres.

Ahlam Haddad, l’avocate d’Awawdeh, a déclaré que la santé de son client s’était détériorée et qu’il demandait à être libéré.

Plus tôt cette semaine, un tribunal militaire israélien a rejeté un appel à libérer Awawdeh. Celui-ci a fait appel devant le plus haut tribunal israélien, qui devrait délibérer sur la question dimanche.

Mais vendredi, un tribunal militaire a déclaré que la détention d’Awadeh serait gelée car il recevait des soins au centre médical de Shamir, dans le centre d’Israël, en raison de sa santé en déclin.

Le tribunal a déclaré que sa détention reprendrait une fois que son état se serait amélioré et qu’il serait apte à retourner en prison.

En réponse au gel de sa détention vendredi, l’avocat d’Awadeh a déclaré aux médias palestiniens que la grève de la faim de son client « ne sera pas suspendue car il demande sa libération et non un gel de sa détention ».

Awawdeh, père de quatre enfants, est l’un des nombreux prisonniers palestiniens qui ont entamé une grève de la faim prolongée afin de protester contre la détention administrative, qui permet à Israël de détenir des prisonniers sans qu’ils ne soient inculpés presque indéfiniment.

Selon Israël, cette politique remontant à l’Empire ottoman, aide à réduire le terrorisme et permet au gouvernement de détenir des suspects sans divulguer des renseignements sensibles. Selon ses critiques, cette politique empêche les prisonniers d’accéder à une procédure régulière. Les détentions doivent être renouvelées par un tribunal militaire tous les six mois, et les prisonniers peuvent rester en prison pendant des années en vertu de ce mécanisme.

Dalal, l’épouse de Khalil Awawdeh, prisonnier palestinien en Israël, montre sa photo dans leur maison familiale, dans la ville d’Idna, en Cisjordanie, à l’ouest d’Hébron, le 17 août 2022. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Un gel de sa détention signifie qu’il ne sera plus surveillé à l’hôpital par des gardiens du service pénitentiaire israélien, et que sa famille pourra lui rendre visite plus librement.

Haddad a déclaré que son client n’avait pas mangé depuis le 4 mars, à l’exception d’une période de 10 jours au cours de laquelle il a reçu des injections de vitamines. L’agence de sécurité intérieure du Shin Bet n’a pas commenté l’affaire.

Le Jihad islamique a également exigé la libération d’un deuxième prisonnier, Bassem Saadi, dont la détention a été prolongée une nouvelle fois ce dimanche. Le tribunal de la base militaire d’Ofer a en effet ordonné la détention de Bassem Saadi pendant cinq jours supplémentaires, jusqu’au 25 août.

Selon le quotidien Haaretz, Saadi est soupçonné d’appartenance à un groupe terroriste, de contact avec un agent étranger, d’usurpation d’identité et d’entrave à l’exercice d’un militaire. Aucun acte d’accusation n’a encore été déposé contre lui.

Le tribunal d’Ofer avait déjà prolongé la détention de Saadi à trois reprises depuis son arrestation. Il n’y a pas eu de déclaration immédiate du groupe terroriste en réponse à la décision de dimanche.

Au début du mois, l’arrestation de Saadi, chef du Jihad islamique en Cisjordanie, a déclenché une intense série de combats à Gaza.

Saadi, 61 ans, a été emprisonné et libéré sept fois par Israël au fil des années, selon le Shin Bet.

Le service de sécurité a déclaré que, ces derniers mois, Saadi « avait travaillé encore plus dur pour rétablir les activités du Jihad islamique, groupe dans lequel il était à l’origine de la création d’une importante force militaire en Samarie en général, et à Jénine en particulier ».

« Sa présence a été un facteur important dans la radicalisation des agents de l’organisation sur le terrain », a ajouté le Shin Bet.

L’armée israélienne a déclaré ce dimanche que Bassem Saadi sera officiellement inculpé dans les prochains jours.

Selon Tsahal, cette prochaine inculpation comprendra des accusations d’appartenance à un groupe terroriste, de projets d’opérations pour ledit groupe terroriste, d’incitation et de soutien au terrorisme.

Israël détient actuellement quelque 4 400 prisonniers palestiniens, parmi lesquels des terroristes qui ont perpétré des attentats ainsi que des personnes arrêtées lors de manifestations ou qui ont jeté des pierres.

Environ 670 Palestiniens sont actuellement détenus en détention administrative, un nombre qui a bondi en mars alors qu’Israël a entamé des raids d’arrestation en Cisjordanie à la suite d’une série d’attentats terroristes meurtriers contre des Israéliens.

Israël affirme assurer une procédure régulière et emprisonne principalement ceux qui mettent en péril sa sécurité, bien qu’un petit nombre soit détenu pour des délits mineurs.

Les Palestiniens et les groupes de défense des droits de l’homme affirment que ce système est conçu afin d’écraser l’opposition et de maintenir un contrôle permanent sur des millions de Palestiniens tout en leur refusant leurs droits fondamentaux.

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