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Lafarge en Syrie : L’ancien PDG se défend et cible Holcim

Dans un communiqué, Bruno Lafont a accusé la maison-mère de Lafarge d'avoir mené une enquête "exclusivement à charge" contre lui

Un site du cimentier Lafarge photographié à Paris, le 14 novembre 2017. (Crédit : Christophe Ena/AP)
Un site du cimentier Lafarge photographié à Paris, le 14 novembre 2017. (Crédit : Christophe Ena/AP)

L’ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont « conteste fermement » avoir été informé de paiements à des « groupes terroristes » en Syrie, alors que le cimentier français a été lourdement sanctionné aux États-Unis pour avoir aidé le groupe État islamique (EI), ont indiqué mercredi ses avocats.

Dans un communiqué, Lafont a accusé par ailleurs Holcim, la maison-mère de Lafarge, d’avoir mené une enquête « exclusivement à charge » contre lui.

Mardi, Lafarge, avalé par le groupe suisse Holcim en 2015, a annoncé avoir accepté de payer une sanction financière de 778 millions de dollars aux États-Unis et de plaider coupable pour avoir aidé des organisations « terroristes », dont le groupe EI, entre 2013 et 2014.

En réaction à cet accord conclu « à la surprise générale », Bruno Lafont, ex-PDG jusqu’en 2015 de Lafarge, a rappelé qu’il contestait « fermement avoir jamais été informé de quelconques paiements au bénéfice de groupes terroristes ou d’approvisionnements auprès de tels groupes ».

« Il apparaît au fil des témoignages et des révélations des protagonistes de ce dossier, que la soi-disant enquête menée par Holcim est entièrement et exclusivement à charge contre Bruno Lafont et les anciens dirigeants du groupe Lafarge et qu’Holcim s’est systématiquement opposé à la recherche de la vérité », selon le communiqué.

« Cela interroge sur la nature des faits et des responsabilités reconnus par Lafarge aux États-Unis, sous la conduite d’Holcim », ajoute l’ancien PDG.

Une usine du cimentier Lafarge, accusée de financer des groupes jihadistes pour maintenir son activité en Syrie. (Crédit : Franck Fife/AFP)

Bruno Lafont, mis en examen pour financement du terrorisme dans le cadre de l’information judiciaire ouverte depuis 2017 à Paris, souhaite être réentendu par les juges d’instruction pour « évoquer certains éléments récents », « solliciter la déclassification de certains documents » et « l’audition de certaines personnes susceptibles d’apporter de nouveaux éléments sur le dossier ».

Le groupe Lafarge est, pour sa part, mis en examen pour complicité de crimes contre l’humanité.

Il est soupçonné d’avoir versé, en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes terroristes, dont le groupe État islamique, et à des intermédiaires afin de maintenir l’activité d’une cimenterie en Syrie à Jalabiya alors que le pays s’enfonçait dans la guerre.

L’enquête française a évalué ces versements entre 4,8 et 10 millions d’euros pour le seul groupe EI.

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