L’annulation des nouvelles élections est impossible, estime Benny Gantz
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L’annulation des nouvelles élections est impossible, estime Benny Gantz

Pour le n°1 de Kakhol lavan, Netanyahu "est devenu fou" et doit démissionner ; il avertit également que la nouvelle formation politique d'Ehud Barak va diviser les votes

Le leader du parti Kakhol lavan Benny Gantz lors d'une rencontre de faction à la Knesset, le 12 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader du parti Kakhol lavan Benny Gantz lors d'une rencontre de faction à la Knesset, le 12 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, a indiqué mercredi que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, trompait le public avec les appels de ses alliés à annuler le scrutin de septembre, indiquant qu’une telle manœuvre était « impossible juridiquement ».

Cependant, le président de la Knesset, Yuli Edelstein, qui œuvre en faveur de l’annulation du deuxième scrutin national en six mois, a rapidement réfuté les propos de Benny Gantz en affirmant que les outils légaux pour ce faire existaient.

Lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, ce dernier a réagi aux informations selon lesquelles Benjamin Netanyahu tentait de trouver un moyen d’éviter les nouvelles législatives du 17 septembre. C’est le chef du gouvernement lui-même qui l’a convoqué après avoir échoué à former une coalition majoritaire au lendemain des élections d’avril.

Selon les médias, le Likud aurait proposé le mois dernier — et à nouveau ces derniers jours — à Kakhol lavan de rejoindre sa coalition et d’alterner au poste de Premier ministre, même si les deux partis ont nié ces informations.

L’annulation des élections semble dépendre de la constitution d’un gouvernement d’union entre le Likud et Kakhol lavan.

Mais Benny Gantz a rejeté cette possibilité et démenti que Benjamin Netanyahu avait contacté la formation centriste lors des négociations de coalition le mois dernier, assurant que ces allégations n’étaient qu’une manœuvre du Premier ministre.

« Netanyahu est devenu fou », a-t-il déclaré. « Il a appuyé sur le bouton de la dissolution de la Knesset, un retour en arrière est impossible. Ce qu’il s’est passé ces derniers jours n’est que du baratin de plus digne de ‘House of Cards’ de Netanyahu ».

« Ceux qui n’ont pas réussi à former un gouvernement ont conduit Israël vers une campagne électorale chère et inutile », a-t-il dénoncé. « Netanyahu trompe une fois de plus les citoyens de l’État d’Israël. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie en mémoire des présidents israéliens et des Premiers ministres décédés à la résidence du président de Jérusalem, le 17 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Benny Gantz a affirmé que si le chef du gouvernement n’avait pas dissous le Parlement, le président Reuven Rivlin l’aurait chargé de former une coalition gouvernementale

« Et j’y serais parvenu », a-t-il déclaré.

Le chef de Kakhol lavan a également estimé que Benjamin Netanyahu devrait démissionner pour se concentrer sur les trois affaires de corruption pour lesquelles il risque une mise en examen.

« Si Netanyahu était un homme d’État et se préoccupait avant toute chose de l’État et non de ses intérêts personnels, il quitterait son siège, irait s’occuper de ses ennuis judiciaires et n’imposerait pas à l’État une année de paralysie et des dépenses publiques inutiles ».

L’ancien chef d’état-major a également commenté le retour en politique de l’ancien Premier ministre, Ehud Barak. Ce dernier a en effet annoncé hier soir qu’il formait un nouveau parti pour se présenter aux prochaines élections.

« Je battrai Netanyahu et formerai un gouvernement »,  a promis Benny Gantz. « Toute scission nuira à cette opportunité ».

L’ancien Premier ministre Ehud Barak à un événement pour les soldats exceptionnels à la résidence du Président à Jérusalem, le 9 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Peu après la conférence de presse du chef de l’opposition, le président de la Knesset a réagi par voie de communiqué : « Je le dis sans équivoque : il existe un cadre légal permettant l’annulation de la dissolution de la Knesset, ainsi qu’un désir de la part du public israélien d’annuler ces nouvelles élections ».

« Je n’aurais pas initié le processus si je n’étais pas certain que cela est possible », a assuré Yuli Edelstein. « J’appelle encore une fois tous les partis à prendre en compte ce qui est en jeu, à agir de façon responsable et à comprendre qu’il est temps de mettre de côté les conflits et les slogans — à agir dans l’intérêt des Israéliens. C’est ce qu’ils attendent de nous ».

Mardi, Benjamin Netanyahu a annoncé qu’il comptait « réfléchir » à la proposition du chef du Parlement d’annuler l’élection de septembre.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein parle aux nouveaux députés, le 29 avril 2019 (Crédit : Noam Moscowitz/Knesset)

La Douzième chaîne a indiqué mardi qu’un plan de contournement pourrait permettre au Présidium de la Knesset d’annuler le hiatus actuel du Parlement. Une nouvelle loi serait alors introduite qui permettrait au Parlement d’annuler les élections.

Cependant, une telle législation nécessiterait un large soutien d’au moins 80 députés, ce qui reviendrait à obtenir l’appui de Kakhol lavan et d’autres alliés.

Il n’est pas certain qu’une telle mesure soit juridiquement possible, après le vote de la législature, fin mai, en faveur de la dissolution. Mercredi, la Treizième chaîne a rapporté que le conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, était en train de rédiger un avis disant qu’il n’existe aucune disposition légale pour annuler les élections du 17 septembre.

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