L’AP libère le « fils vertueux » de Yasser Arafat
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L’AP libère le « fils vertueux » de Yasser Arafat

Mohammed al Dayya, garde du corps de feu le leader palestinien, a été incarcéré pour avoir insulté un haut-conseiller d'Abbas

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'un rassemblement commémorant le cinquième anniversaire de la mort de Yasser Arafat à Ramallah, en Cisjordanie, en novembre 2009. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'un rassemblement commémorant le cinquième anniversaire de la mort de Yasser Arafat à Ramallah, en Cisjordanie, en novembre 2009. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Mohammed al Dayya qui, pendant de nombreuses années, avait été le garde du corps personnel de l’ancien leader de l’OLP Yasser Arafat a été libéré jeudi d’une prison palestinienne.

Dayya, qui occupe le rang de général de brigade au sein du services national de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP), avait été arrêté l’année dernière après avoir publié sur Facebook des propos « désobligeants » envers un haut-conseiller du président de l’AP, Mahmoud Abbas.

En raison de sa loyauté sans faille pour l’ancien leader de l’OLP, un grand nombre de Palestiniens continuent à se référer à Dayya comme au « fils vertueux » d’Arafat.

Dayya a été libéré après des excuses publiques soumises au conseiller, Hussein Hussein, et à sa famille. Ces excuses ont été publiées par l’agence de presse officielle de l’AP, Wafa.

S’adressant à celui qu’il a offensé, Dayya a écrit : « Je n’accepte pas qu’il vous soit fait du mal, à vous et à votre famille et je vous présente mes excuses pour toute insulte qui ait pu provenir de moi, intentionnellement ou non, à votre égard, à l’égard de votre épouse et de sa famille sur les réseaux sociaux et partout ailleurs. Ce qui vous touche me touche également ».

Dayya a expliqué avoir été « honoré » de travailler aux côtés du haut-responsable de l’AP « au service de la patrie et de son leader, le martyr et symbole [Arafat] ». L’ancien garde du corps a déclaré désirer à continuer à travailler aux côtés de Hussein « sous la direction du président Mahmoud Abbas.”

A sa libération de prison, Dayya s’est rendu au ministère de l’Education où il a rencontré le ministre Sabri Saydam et l’a remercié pour ses initiatives prises pour obtenir sa libération.

Si l’AP a encore l’intention de traduire Dayya en justice maintenant que ses excuses ont été soumises pour ses propos injurieux reste encore indéterminé.

Tandis qu’il était en détention, Dayya a fait une grève de la faim, clamant qu’il avait été injustement pris pour cible par des personnalités influentes de la direction de l’AP.

Au cours de son incarcération, la famille de Dayya avait émis un communiqué demandant à Abbas de le libérer immédiatement. Ses parents avaient indiqué tenir pour responsables de sa sécurité et de sa santé les services de renseignement de l’Autorité palestinienne, qui avaient placé Dayya en détention.

La famille avait également accusé des Palestiniens non-identifiés jusqu’à présent d’avoir établi des rapports « vicieux et mensongers » pour l’AP au sujet de Dayya, avant son arrestation.

« Ce n’est pas un secret pour les Palestiniens que notre fils était le compagnon de mission et de voyage d’Arafat dans le monde, pour relayer le message de tous les Palestiniens libres et pour préserver la cause palestinienne », a dit la famille. « Notre fils est connu pour sa transparence et son humanité et a continué sa quête de justice. Il n’a aucun agenda visant à saper la sécurité ou à alimenter les divisions ».

Certains Palestiniens avaient initialement clamé que Dayya avait été arrêté parce qu’il était soupçonné d’être affilié au leader du Fatah déchu Mohammed Dahlan, ennemi juré d’Abbas.

Au mois de janvier, les photos d’un Dayya apparemment inconscient et assis dans un fauteuil roulant étaient apparues sur plusieurs sites palestiniens.

Les Palestiniens avaient déclaré que ces photos avaient été prises dans un hôpital de Ramallah où Dayya était soigné après que sa santé se soit détériorée en prison.

Le père de Dayya, Yusef, était un confident d’Arafat. Il avait été tué dans une frappe israélienne, en 1985, contre le siège de l’OLP en Tunisie. Arafat avait ensuite « adopté » Dayya, âgé à l’époque de 17 ans, et en avait fait son garde du corps le plus fidèle.

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