L’AP menace les Etats-Unis si l’ambassade est déplacée à Jérusalem
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L’AP menace les Etats-Unis si l’ambassade est déplacée à Jérusalem

Selon l’ambassadeur de l’ONU, Ramallah utilisera tous les moyens diplomatiques à sa disposition si Trump tient sa promesse

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Riyad Mansour, ambassadeur de l'Autorité palestinienne auprès des Nations unies, à droite, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Kim Haughton/Nations unies)
Riyad Mansour, ambassadeur de l'Autorité palestinienne auprès des Nations unies, à droite, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Kim Haughton/Nations unies)

L’ambassadeur palestinien auprès des Nations unies a menacé de se venger des Etats-Unis à l’institution mondiale si le président élu Donald Trump tenait sa promesse de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

Se vantant des différents outils à la disposition des Palestiniens aux Nations unies contre les Etats-Unis, Riyad Mansour a déclaré qu’il pourrait rendre la vie des diplomates américains « misérable » pour se venger de ce geste.

« S’ils essaient de nous attaquer en déplaçant l’ambassade à Jérusalem, ce qui est une violation des résolutions du Conseil de sécurité et une violation de la résolution 181 (…), cela signifie qu’ils montrent de la belligérance à notre égard », a déclaré Mansour pendant un événement parrainé par la Jerusalem Fund Fondation qui avait lieu vendredi à Washington.

« Je ne peux peut-être pas obtenir de résolution du Conseil de sécurité (en raison du veto américain), mais je peux rendre leurs vies misérables tous les jours en précipitant un veto sur mon admission en tant qu’état membre », a-t-il déclaré.

« Personne ne devrait nous accuser pour libérer toutes les armes que nous avons aux Nations unies pour nous défendre, et nous avons beaucoup d’armes aux Nations unies », a ajouté Mansour.

Ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)
Ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)

Pendant la campagne, Trump et ses représentants ont déclaré que Jérusalem était la capitale indivisible d’Israël, et ont promis d’y déplacer l’ambassade, une promesse qui a été faite par plusieurs candidats américains, mais n’a jamais été tenue.

Depuis qu’il a remporté l’élection, le président élu a commencé à signaler une possible marche arrière sur ses positions sur Israël.

Jeudi, un conseiller de Trump a déclaré qu’il ne déplacerait l’ambassade qu’en cas de « consensus », et le lendemain, Trump lui-même a dit au Wall Street Journal que sa priorité serait de résoudre le conflit israélo-palestinien, défiant les prédictions selon lesquelles il aurait une approche moins interventionniste que l’administration actuelle.

Mansour a également douté que Trump tienne sa promesse, notant que d’autres candidats américains ont déjà promis de déplacer l’ambassade à Jérusalem, mais ne l’ont pas fait.

https://youtu.be/NsyWQAj1ws8

« Ce que vous faites quand vous êtes en campagne est une chose, mais quand vous devez vous occuper de la légalité, c’est autre chose », a-t-il déclaré.

Le Congrès américain a voté en 1995 une loi pour déplacer l’ambassade à Jérusalem, mais a permis une exemption au président. Chaque président a depuis exercé ce droit d’exemption au nom des intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, malgré les promesses de campagne répétées.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se prononce sur une résolution en faveur d'un Etat palestinien, le 30 décembre 2014. La résolution a été rejetée. (Crédit : ONU/Evan Schneider)
Le Conseil de sécurité de l’ONU se prononce sur une résolution en faveur d’un Etat palestinien, le 30 décembre 2014. La résolution a été rejetée. (Crédit : ONU/Evan Schneider)

Faisant référence aux mesures contre Israël aux Nations unies que les Palestiniens auraient retenues à la demande du président américain Barack Obama afin de maintenir la viabilité d’une solution négociée, Mansour a indiqué que Ramallah prendrait une approche plus dure.

« Vous montrez de la belligérance à mon égard, alors je fais tout ce que je peux. Je peux avoir des réunions d’urgence du Conseil de sécurité, je peux rouvrir toute la boîte de Pandore du jugement de la Cour de justice internationale sur le mur », a-t-il déclaré, faisant référence à la barrière de sécurité israélienne.

Mansour a affirmé qu’il travaillait par des moyens légaux, alors que la prochaine administration américaine violerait le droit international en agissant contre plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui ont affirmé que l’annexion de Jérusalem Est par Israël était illégale.

Le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

En novembre, Trump avait dit à Netanyahu que s’il était élu, « une administration Trump accepterait finalement le mandat du Congrès (de 1995) qui reconnaît Jérusalem comme la capitale indivisible de l’Etat d’Israël. »

Pendant la campagne, Trump a déclaré que Jérusalem était « la capitale éternelle » d’Israël, et qu’il était à « 100 % pour » y déplacer l’ambassade.

Plusieurs politiques israéliens, dont le maire de Jérusalem Nir Barkat, ont saisi l’opportunité de la victoire de Trump pour lui demander de tenir ses promesses, ce qui briserait une politique américaine de longue date.

Cependant, Walid Phares, l’un des conseillers en politique étrangère de Trump, a signalé jeudi que Trump pourrait ne pas déplacer immédiatement l’ambassade américaine à Jérusalem.

Phares a déclaré à la BBC que même si Trump s’était engagé à déplacer l’ambassade, comme l’ont promis d’autres, il ne le ferait pas unilatéralement.

« Beaucoup de présidents des Etats-Unis se sont engagés à faire cela, et il a lui aussi déclaré qu’il le ferait, mais il le fera dans le cadre d’un consensus », a déclaré Phares.

Phares n’a pas évoqué quel consensus devrait être atteint pour la réalisation de cette initiative, qui romprait avec des décennies de précédents et placerait Washington en porte à faux avec presque tous les états-membres des Nations unies.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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