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Lapid fustige l’accord « désastreux » entre les US et l’Iran, dénonçant l’échec de Netanyahu à remporter la victoire

Pour le chef de l'opposition, il est "absurde" qu'Israël ait été écarté des négociations visant à mettre fin au conflit ; le pays doit "conserver sa liberté d'action", quel que soit l'accord conclu

Le chef de l'opposition, Yair Lapid, lors de la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire de son parti, Yesh Atid, à la Knesset, le 25 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de l'opposition, Yair Lapid, lors de la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire de son parti, Yesh Atid, à la Knesset, le 25 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lundi, le chef de l’opposition Yair Lapid a vivement critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour son incapacité à remporter une victoire sur l’Iran et le Hezbollah alors qu’un accord entre l’Iran et les États-Unis se profile. Il a insisté sur la nécessité pour Jérusalem de conserver sa liberté d’action, quelle que soit la décision des États-Unis.

S’adressant aux journalistes avant la réunion hebdomadaire de son parti Yesh Atid à la Knesset, le chef de l’opposition, Yair Lapid, a qualifié l’accord en cours de négociation entre Washington et Téhéran de « désastre », faisant valoir que « le régime ne s’est pas effondré, il s’est renforcé » et que l’accord en préparation n’aborde pas la question de la menace des missiles balistiques iraniens.

« D’après les informations partielles dont nous disposons concernant les discussions relatives au nucléaire, il semble que nous allons regretter l’accord qui a été annulé en 2018 », a-t-il déclaré, en référence à la décision prise par le président américain Donald Trump, au cours de son premier mandat, de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, qui avait été signé par son prédécesseur Barack Obama.

Il est « absurde » que cet accord ait été rédigé sans qu’Israël ne soit présent à la table des négociations, a-t-il poursuivi, affirmant que « le gouvernement Netanyahu ne cesse de se fixer des objectifs qu’il échoue systématiquement à atteindre ».

« La situation actuelle est le résultat des échecs répétés du gouvernement. Benjamin Netanyahu est un homme doté de talents, mais il a vieilli et il est fatigué, et il est entouré des personnes les moins adaptées pour diriger un pays.

Israël est un « État souverain » et non un protectorat américain, a affirmé Lapid ; à ce titre, un Premier ministre dont la grâce ne dépend pas de l’intervention du président américain Donald Trump devrait être capable de lui tenir tête, et de lui dire que « le pays se réserve sa liberté d’action, et ne cédera pas à des exigences qui vont à l’encontre de sa sécurité », a déclaré Lapid, évoquant les efforts déployés par Trump pour faire pression sur le président Isaac Herzog afin qu’il accorde sa grâce à Netanyahu dans le cadre du procès pénal dont ce dernier fait actuellement l’objet.

Une femme passe devant des maquettes de missiles iraniens sur la place Valiasr à Téhéran, le 6 avril 2026. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

« Je n’ai rien à reprocher au président Trump. Le président Trump fait ce qu’il estime être bon pour les États-Unis, mais le Premier ministre d’Israël doit agir dans l’intérêt de l’État d’Israël. Or, ce n’est pas ce qui se passe aujourd’hui. Le Premier ministre est totalement soumis à Trump, et il nous entraîne dans son sillage », a déploré Lapid.

Trump aurait cherché à rassurer Netanyahu à propos de l’accord final avec l’Iran, promettant qu’il conduirait au démantèlement complet du programme nucléaire de Téhéran.

Selon de multiples informations, l’accord initial prévoit de prolonger le cessez-le-feu actuel de 60 jours et de rouvrir le stratégique détroit d’Ormuz, actuellement bloqué, au trafic maritime. La question clé des activités nucléaires iraniennes serait quant à elle reportée à des discussions ultérieures, et l’Iran ne serait pas tenu d’exporter ses stocks d’uranium hautement enrichi. Cet accord inclurait également un cessez-le-feu dans le conflit en cours entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, excluant toutefois tout désarmement de ce groupe soutenu par l’Iran.

L’armée israélienne se prépare à l’éventualité que cet accord l’oblige à renoncer à ses opérations militaires contre le Hezbollah, ont rapporté dimanche plusieurs médias israéliens. Une nouvelle série de pourparlers entre le Liban et les États-Unis doit se tenir à Washington dans les prochains jours.

« Nos soldats ont tout simplement les mains liées »

Lundi, d’autres dirigeants de partis d’opposition ont également violemment critiqué l’accord en cours de négociation. Le président d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a pour sa part déclaré aux journalistes qu’il ne s’agit « que d’une question de temps » avant que les drones du Hezbollah ne frappent Jérusalem et Tel Aviv, et qu’Israël « doit remporter une victoire décisive » contre ce groupe terroriste soutenu par l’Iran.

« Nos soldats ont tout simplement les mains liées au Liban », a déclaré l’ancien ministre de la Défense, connu pour ses positions bellicistes, à la suite des frappes de drones du Hezbollah qui ont coûté la vie à un pilote de l’armée israélienne et atteint une maison dans la ville de Metula, au nord du pays.

Le président du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, lui aussi ancien ministre de la Défense, a également fait valoir qu’Israël devait agir contre le Hezbollah et mettre fin à la menace, assurant aux journalistes que « la meilleure défense contre le Hezbollah, c’est l’attaque. Si des drones explosifs continuent de frapper Israël, aucun avion ne devrait décoller de Beyrouth.

De la fumée s’élève d’un toit dans la ville frontalière de Metula, après qu’un drone du Hezbollah s’est abattu sur une maison, le 25 mai 2026. (Crédit : Capture d’écran via « Top Line Media »)

S’agissant de l’Iran, Gantz a déclaré qu’Israël « ne devrait mettre fin à la campagne qu’après la destruction de l’uranium [de Téhéran] ou son extraction, l’arrêt de la production de missiles balistiques à longue portée et la cessation du financement des proxys », et « qu’Israël, à tout le moins, doit préserver sa liberté d’action dans tout accord ».

Selon le chef du parti Les Démocrates Yair Golan, Netanyahu « n’est plus en mesure d’exercer ses fonctions ». Golan reproche au chef du gouvernement une perte d’influence, au moment où la région connaît des développements cruciaux.

« Le fait que les mesures les plus critiques pour la sécurité d’Israël soient définies sans nous, et qu’Israël ne sera probablement informé des détails de l’accord qu’après coup, est tout simplement scandaleux », a déclaré le leader de gauche à la presse avant la réunion de sa faction à la Knesset, estimant qu’il s’agissait là de « l’illustration la plus flagrante de la perte de contrôle par Israël de sa propre sécurité sous le régime de Netanyahu ».

« Netanyahu n’est plus en mesure d’exercer ses fonctions », a poursuivi Golan. « Son état de santé ne lui permet pas de faire face à la pression. Sa situation juridique ne lui permet pas de gouverner le pays, et sa situation politique a fait d’Israël un pays faible, tant au niveau régional que sur la scène internationale. »

Selon Golan, « tout le monde est conscient que [le président américain Donald] Trump, la communauté internationale et les responsables régionaux ne prêtent aucune attention à Netanyahu ». Les négociations sur l’Iran se déroulent « sans qu’il ne soit consulté », et Israël « se contente de réagir aux décisions des autres, au lieu de les influencer », a-t-il déploré.

Ces propos de Golan interviennent alors que Netanyahu continue de témoigner dans le cadre de son procès pour corruption, où il doit répondre d’accusations de fraude et d’abus de confiance, et un mois après que le Premier ministre a révélé qu’il avait été traité pour un cancer de la prostate, mais qu’il avait attendu avant d’en informer la population, arguant que l’Iran se serait servi de cette information pour lancer une campagne de propagande contre Israël en pleine guerre.

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