Lapid lance une motion de censure vouée à l’échec pour évincer Netanyahu
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Lapid lance une motion de censure vouée à l’échec pour évincer Netanyahu

Le chef de l'opposition n'a pas les 61 voix nécessaires pour promouvoir sa motion de censure, plusieurs factions signalant qu'elles ne la soutiendront pas

Le chef de l'opposition Yair Lapid à la Knesset, à l’investiture du 35e gouvernement d'Israël le 17 mai 2020. (Knesset/Adina Veldman)
Le chef de l'opposition Yair Lapid à la Knesset, à l’investiture du 35e gouvernement d'Israël le 17 mai 2020. (Knesset/Adina Veldman)

Le chef de l’opposition Yair Lapid présentera la semaine prochaine à la Knesset une proposition pour remplacer le gouvernement et le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a peu de chances de recueillir le soutien de la majorité des députés.

Dans une déclaration, Lapid a appelé les dirigeants de Kakhol lavan, Benny Gantz et Gabi Ashkenazi, ainsi que celui du Parti travailliste, Amir Peretz, à voter lundi en faveur de la mesure de défiance, qui entraînerait la dissolution de la coalition si elle obtenait 61 voix.

Il n’a cependant pas précisé qui dirigerait le gouvernement alternatif au gouvernement actuel, un point de discorde probable. Le parti d’opposition de droite, Yamina, a déclaré qu’il ne soutiendrait pas la mesure.

« Si Gantz et Ashkenazi décident de la soutenir, le soir même (oui, le soir même !), Benjamin Netanyahu quittera sa maison [rue] Balfour », a écrit Lapid sur Facebook.

Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, et le député Gabi Ashkenazi lors d’un événement de campagne électorale, le 12 février 2020. (Gili Yaari/Flash90)

« Le bruit cessera, la détresse disparaîtra. Le nouveau gouvernement prêtera serment à la Résidence du Président et commencera à travailler. Il ne s’occupera que de deux choses : la santé et l’économie. Il sera limité dans le temps – 18-24 mois. Nous proposerons à tous les partis de s’y joindre. Il sera substantiel et efficace. Il pourrait être formé en une semaine », a-t-il ajouté.

Gantz et Ashkenazi sont tous deux d’anciens partenaires de Lapid qui ont rompu avec la liste centriste pour rejoindre le gouvernement de Netanyahu. Le Parti travailliste a également rejoint la coalition au pouvoir malgré ses promesses de campagne contre cette décision.

Contrairement au tableau brossé par Lapid, le soutien de Kakhol lavan et des Travaillistes ne serait pas suffisant, car ils n’auraient pas assez de sièges pour obtenir une majorité à la Knesset. En fait, aucune coalition alternative n’est probable sans le soutien de partis aussi diamétralement opposés que Yamina et Meretz, ou la Liste arabe unie et le parti d’extrême droite Yisrael Beytenu.

« Rien de tel ne se produira, pour deux raisons : nous ne rejoindrons pas un gouvernement soutenu par la Liste [arabe] unie, alors c’est de la foutaise, de la propagande », a déclaré la députée Yamina Ayelet Shaked au site d’information Ynet. « Deuxièmement, Kakhol lavan, comme je l’ai dit, s’accroche à ses sièges. »

Des manifestants bloquent une route alors qu’ils manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 30 septembre 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Sans Yamina, l’opposition n’a que 43 voix – 18 de moins que la majorité, ce qui oblige les députés de Kakhol lavan (14), Travaillistes (3) et Derech Eretz (2) à rompre avec Netanyahu, un scénario peu probable malgré les tensions persistantes au sein de la coalition.

Le ministre de Derech Eretz, Yoaz Hendel, a déclaré dans un tweet que son parti ne soutiendrait pas cette initiative, ce qui semble condamner la motion. « Arrêtez de perdre votre temps », a-t-il écrit. « Il n’y a que deux options, un gouvernement stable avec un budget pour 2021 ou des élections. »

Au cours des trois scrutins consécutifs – dont le premier a eu lieu en avril 2019 –, le parti Kakhol lavan a fait campagne pour remplacer Netanyahu, accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Le Premier ministre nie tout acte répréhensible et affirme, sans preuve, que les accusations sont une tentative de ses rivaux politiques, des médias, des forces de l’ordre et des procureurs de le démettre de ses fonctions.

Après les dernières élections de mars, Kakhol lavan a accepté de siéger dans un gouvernement dirigé par Netanyahu, invoquant les crises sanitaires et économiques engendrées par la pandémie.

Cependant, depuis la formation du nouveau gouvernement, le Likud et Kakhol lavan n’ont cessé de s’affronter, et une dissolution de la Knesset a été évitée de justesse en août, lorsqu’une loi retardant l’adoption du budget de l’État jusqu’à la fin décembre a été adoptée à la dernière minute.

Au début de cette semaine, la députée Kakhol lavan Miki Haimovich a déclaré qu’il y avait un groupe croissant au sein du parti favorable à la fin de son partenariat avec le Likud de Netanyahu. Mais le parti s’est démarqué de ses commentaires quelques heures plus tard.

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