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Netanyahu lie les émeutes à l'accord avec le Liban

Lapid rencontre les responsables de la sécurité, la police se prépare aux émeutes

Le Premier ministre est "résolu" à maintenir les célébrations de Souccot tout en agissant de manière "ferme et intransigeante contre le terrorisme et les violences"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration : Des policiers israéliens affrontant des Palestiniens dans le camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 12 octobre 2022. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)
Illustration : Des policiers israéliens affrontant des Palestiniens dans le camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 12 octobre 2022. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

Le Premier ministre Yair Lapid a tenu jeudi une réunion sécuritaire avec de hauts responsables des forces de l’ordre à la suite de violents affrontements à Jérusalem-Est la nuit précédente, la police se préparant à de nouvelles violences.

Plus tôt dans la journée, le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, avait ordonné le déploiement immédiat de quatre compagnies de réserve de la police dans la région de Jérusalem vendredi matin.

Après sa rencontre avec Barlev, le chef du Shin Bet Ronen Bar, le chef de la police Kobi Shabtai et d’autres responsables des forces de l’ordre, le Premier ministre a déclaré qu’Israël était « résolu » à maintenir les célébrations de Souccot tout en agissant de manière « ferme et intransigeante contre le terrorisme et les violences ».

« Les forces de sécurité sont déployées dans tout le pays et permettent la tenue de tous les événements de la fête à Jérusalem et de manière générale », a déclaré Lapid dans des remarques fournies par son bureau.

« Les forces de sécurité ne s’arrêteront pas tant qu’elles n’auront pas appréhendé les terroristes et leurs commanditaires », a-t-il ajouté, faisant référence à deux hommes armés palestiniens toujours en fuite après des fusillades meurtrières distinctes en début de semaine.

Dans la nuit de mercredi à jeudi et jusqu’aux premières heures de jeudi, des manifestants palestiniens ont lancé des pierres et des cocktails Molotov, des feux d’artifice et mis le feu à des pneus et à des bennes à ordures dans plusieurs quartiers. Les émeutes liées aux opérations de police dans le camp de réfugiés de Shuafat se sont étendues à d’autres zones de la ville, déclenchant les combats les plus violents que l’on ait vus depuis plus d’un an.

Le Premier ministre Yair Lapid donne un briefing aux journalistes au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 12 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le camp de réfugiés a été le théâtre de fermetures et de nombreuses interventions de la police ces derniers jours, à la recherche du Palestinien armé qui a tué un soldat israélien à un checkpoint voisin samedi passé.

Jeudi, le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu a déclaré que les troubles à Jérusalem étaient imputables à l’accord conclu entre Israël et le Liban, sous l’égide des États-Unis, concernant une frontière maritime entre les deux pays.

Netanyahu a dénoncé cet accord comme une « capitulation devant le terrorisme » qui encourage les ennemis d’Israël, notamment le groupe terroriste libanais du Hezbollah.

« Lorsque vous capitulez devant le terrorisme, vous obtenez plus de terrorisme », a-t-il déclaré, affirmant que « lorsque vous capitulez devant Nasrallah au Liban, vous obtenez des émeutes à Jérusalem », en référence au chef du Hezbollah.

Barlev, qui supervise la police, a déclaré que les incidents étaient sous contrôle. « Contrairement à diverses publications, la police a pu maîtriser les incidents, les émeutes n’ont pas menacé le reste de la ville et n’ont pas débordé au-delà de Jérusalem-Est », a-t-il déclaré dans des commentaires fournis par son bureau.

Le ministre de la Sécurité publique Omer Barlev et le commandant de la police du district de Jérusalem Doron Turgeman sur les lieux de l’attaque à un poste de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 9 octobre 2022. (Crédit : Police israélienne)

Barlev a également indiqué que les restrictions sur le camp de réfugiés de Shuafat seraient allégées dans la mesure du possible.

Les autorités ont déclaré jeudi matin que 23 personnes liées aux émeutes de ces derniers jours à Jérusalem avaient été arrêtées.

La police s’est préparée à de nouvelles violences jeudi soir et pour le week-end.

Lapid et le ministre de la Défense Benny Gantz ont également demandé aux forces de l’ordre de concentrer leurs efforts sur la prévention de la diffusion de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux qui pourraient inciter à de nouvelles violences, selon leurs bureaux.

La police recherche Udai Tamimi à Shuafat, auteur présumé de la fusillade qui a coûté la vie au sergent Noa Lazar et à un autre garde, David Morel, hospitalisé dans un état grave.

De jeunes Palestiniens jettent des pierres aux forces de l’ordre israéliennes lors d’affrontements dans le camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 12 octobre 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Les émeutes ont eu lieu pendant que les Israéliens juifs célébraient la fête de Souccot, qui attire généralement des milliers de visiteurs à Jérusalem et dans sa Vieille Ville, ce qui provoque souvent des tensions avec les résidents palestiniens.

Ces violences sont intervenues alors que les troubles s’intensifiaient en Cisjordanie, où des affrontements sporadiques ont été signalés jeudi.

Un garçon israélien de sept ans a été légèrement blessé par des Palestiniens qui ont lancé des pierres sur des véhicules israéliens dans la région de Huwara, dans le nord de la Cisjordanie, selon les secouristes.

Selon les médias palestiniens et les images publiées en ligne, des dizaines d’habitants des implantations voisines de Yitzhar, dont certains étaient armés de bâtons, sont arrivés sur les lieux et ont affronté les Palestiniens en réponse.

Des images montrent des soldats israéliens aux côtés des habitants des implantations au moment où ils attaquent les Palestiniens à Huwara, l’un d’eux tirant en l’air.

Selon les médias palestiniens, les habitants des implantations ont incendié un parc et trois camions dans la région de Huwara. Plusieurs Palestiniens auraient été blessés lors des affrontements.

Huwara est depuis longtemps un point chaud en Cisjordanie, car il s’agit de l’une des rares villes palestiniennes que les Israéliens traversent régulièrement pour se rendre dans les implantations du nord de la Cisjordanie.

L’armée n’a pas encore commenté les affrontements.

Mercredi, un adolescent palestinien a été abattu par les forces israéliennes après avoir lancé des pierres sur des voitures israéliennes près d’Hébron, et mardi, un soldat israélien a été tué dans une fusillade près de Naplouse alors qu’il sécurisait une marche de résidents d’implantations.

Carrie Keller-Lynn a contribué à cet article.

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