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L’appel de Nachman Shai à armer l’Ukraine ne représente pas la coalition – sources

Ces propos tenus aux médias israéliens surviennent après l'avertissement d'un ex-président russe, qui a dit qu'armer l'Ukraine détruirait "tous les liens" entre Jérusalem et Moscou

Le ministre des Affaires de la diaspora Nachman Shai assiste au Lobby du peuple juif, à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Affaires de la diaspora Nachman Shai assiste au Lobby du peuple juif, à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère des Affaires étrangères a pris ses distances face à l’appel lancé par un ministre israélien, qui a demandé que l’État juif apporte une aide militaire à l’Ukraine dans le cadre de l’invasion russe de son territoire. L’ancien président russe Dmitri Medvedev avait averti qu’une telle initiative détruirait « tous les liens » unissant Jérusalem et Moscou.

Dans un tweet posté dimanche, le ministre de la Diaspora, Nachman Shai, avait évoqué une information portant sur une livraison par l’Iran de missiles balistiques à la Russie, expliquant qu’Israël devait, en conséquence, revenir sur son refus de donner des armes aux forces ukrainiennes.

« Il n’y a plus de doute possible sur le positionnement que doit adopter Israël dans ce conflit sanglant. Le moment est venu pour l’Ukraine de recevoir aussi une aide militaire de notre part, comme le font déjà les États-Unis et les pays de l’OTAN », avait-il écrit.

Des sources gouvernementales ont souligné lundi auprès des médias israéliens, sous couvert d’anonymat, que la publication de Shai ne reflétait en rien la politique adoptée par le gouvernement alors même qu’Israël n’a fait aucune déclaration officielle portant sur l’éventualité d’une aide militaire apportée à l’Ukraine.

Des paroles qui ont également suivi la mise en relation, par les médias russes, du tweet de Shai et de la mise en garde lancée par Dmitri Medvedev, décourageant l’envoi d’armements en Ukraine.

« Il semble qu’Israël fournira des armes au régime de Kiev. Une initiative très imprudente… Elle détruira toutes les relations diplomatiques entre nos pays », a ainsi écrit Mededev sur l’application Telegram.

Medvedev, qui a également été Premier ministre dans le passé, est actuellement le numéro deux du Conseil de sécurité russe et il est considéré comme un allié déterminant du chef du Kremlin, Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine, à droite, écoute l’ancien Premier ministre Dmitry Medvedev pendant une rencontre du Conseil de l’État sur la politique agricole au Kremlin, à Moscou, en Russie, le 26 décembre 2019. (Crédit :Yekaterina Shtukina/Sputnik, Government Pool Photo via AP)

Des paroles prononcées peu après que des drones kamikazes remplis d’explosifs – parmi lesquels se trouvaient apparemment des drones Shahed iraniens – se sont abattus sur la capitale ukrainienne, faisant au moins quatre morts. Dans le sillage de cette attaque, Kiev a demandé à l’Union européenne d’appliquer de sévères sanctions à la République islamique.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, le président Volodymyr Zelensky et d’autres responsables ukrainiens ont pressé Israël de fournir des armes au pays assiégé. Jérusalem a envoyé des livraisons répétées d’aide humanitaire à l’Ukraine mais a refusé les demandes de Kiev concernant des armes de défense – et en particulier concernant les système de défense antimissiles qui pourraient être utilisés pour contrer les frappes aériennes des Russes. L’État juif a par ailleurs fait part à de nombreuses reprises de sa sympathie pour le calvaire vécu par les Ukrainiens.

Le mois dernier, Zelensky a déclaré qu’Israël n’avait « rien » donné à l’Ukraine pour aider le pays à se défendre, indiquant que ses dirigeants avaient été malhonnêtes dans le rejet de ses demandes de systèmes de défense antiaérienne.

Le refus opposé par Israël est considéré comme une tentative, de la part de Jérusalem, de conserver des liens de travail avec Moscou alors que la Russie contrôle l’espace aérien syrien où l’armée de l’air de l’État juif a commis des centaines de frappes contre des livraisons d’armes iraniennes présumées, des attaques qui ont également visé à empêcher les groupes soutenus par Téhéran de s’établir sur le territoire.

La Russie a largement détourné le regard face à ces frappes israéliennes, même si les liens entre les deux pays ont souffert de la condamnation par l’État juif de l’invasion de l’Ukraine dans le cadre de l’offensive russe.

Un haut-responsable ukrainien a déclaré qu’Israël fournissait « des renseignements basiques » sur les drones kamikazes iraniens qui sont actuellement déployés par l’armée russe.

Un drone vole au-dessus de Kiev pendant une attaque dans le cadre de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 17 octobre 2022. (Crédit : Sergei SUPINSKY / AFP)

Un reportage paru dans le New York Times, la semaine dernière, qui a cité des sources ukrainiennes anonymes, a aussi affirmé qu’une firme de sécurité privée en Israël fournissait aux Ukrainiens des images satellites des positions militaires russes.

De plus, Israël a envoyé plus de cent tonnes d’aide humanitaire à l’Ukraine et dressé un hôpital de campagne à l’Ouest du pays qui a travaillé pendant six semaines, au début de la guerre.

Jérusalem a aussi livré 2 000 casques et 500 gilets pare-balle qui, selon le ministère de la Défense, devaient être distribués aux secours et aux organisations civiles.

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