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L’armée dit avoir frappé des cibles de « pays tiers » lors des combats à Gaza

Aviv Kohavi n’a pas donné de précision, mais les médias arabes ont indiqué que des Iraniens et des Libanais ont été tués dans l’explosion d’un camp houthi au Yémen

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major de Tsahal, le lieutenant-général Aviv Kohavi, s'exprime lors d'une conférence dans la ville centrale de Modiin, le 12 juin 2022. (Crédit : armée israélienne)
Le chef d'état-major de Tsahal, le lieutenant-général Aviv Kohavi, s'exprime lors d'une conférence dans la ville centrale de Modiin, le 12 juin 2022. (Crédit : armée israélienne)

Le chef d’état-major Aviv Kohavi a révélé jeudi que l’armée israélienne avait mené une frappe sur un pays dont le nom est gardé secret, en marge de la récente série de combats dans la bande de Gaza, en début de mois.

« Il y a dix jours, l’armée israélienne a abattu avec une grande précision Tayseer Jabari, important chef terroriste », a déclaré Kohavi lors d’une conférence de la Fédération des autorités locales, évoquant le commandant du Jihad islamique palestinien du nord de Gaza, tué lors des frappes d’ouverture de l’opération Aube.

« Dans le même temps, [Tsahal] a procédé à une vague d’arrestations en [Cisjordanie] et attaqué un pays tiers tout en défendant les frontières du pays », a précisé Kohavi.

Kohavi n’a pas divulgué le nom du « pays tiers » en question, pris pour cible entre le 5 et le 8 août.

Toutefois, les médias arabophones ont indiqué que, le 7 août, six conseillers iraniens et libanais ont été tués au Yémen dans un camp géré par un groupe rebelle houthi soutenu par l’Iran. Les informations disponibles attribuent l’explosion à un missile balistique houthi qui aurait explosé lors de son maniement.

Les reportages diffusés par les chaînes de télévision saoudiennes Al Arabiya et Al-Hadath ont ajouté que des dizaines de combattants houthis avaient été tués et que l’explosion avait déclenché une deuxième explosion dans une usine voisine ainsi qu’un dépôt d’armes près de Saana, capitale du Yémen.

Rien ne permet à ce stade d’affirmer que les Libanais étaient liés au Hezbollah, autre groupe terroriste armé soutenu par Téhéran.

En 2021, Tsahal avait déployé des batteries de défense aérienne autour de la ville d’Eilat, dans le sud du pays, de crainte d’une attaque des Houthis. Le groupe soutenu par l’Iran est soupçonné de disposer de missiles et de drones susceptibles d’atteindre Israël.

La guerre brutale au Yémen a éclaté en 2014 lorsque les Houthis se sont emparés de Sanaa. Une coalition dirigée par l’Arabie saoudite est entrée en guerre, quelques mois plus tard, pour tenter de rétablir le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Ces dernières années, le conflit s’est mué en guerre régionale par procuration et a tué plus de 150 000 personnes, parmi lesquels plus de 14 500 civils. Il a également engendré l’une des pires crises humanitaires au monde. Un cessez-le-feu entre les parties est entré en vigueur en avril.

Par le passé, Israël a déjà frappé des cibles relativement éloignées de ses frontières, comme ce fut le cas de plusieurs frappes aériennes au Soudan, il y a plus de dix ans, qui ont ciblé des matériels envoyés par l’Iran au groupe terroriste du Hamas, à Gaza, via le Soudan.

Israël a également mené des centaines de frappes aériennes en Syrie, ces dix dernières années, pour déjouer les tentatives iraniennes de faire passer des armes au groupe terroriste du Hezbollah libanais ou de s’implanter à la frontière nord d’Israël.

Mais aucune information n’a filtré sur de possibles frappes israéliennes en Syrie lors des récents affrontements avec Gaza, l’incident le plus proche datant du 12 août.

L’Iran a déjà accusé Israël d’avoir attaqué ou tenté de saboter ses installations nucléaires ou militaires, mais aucun incident de ce type n’a été signalé lors de l’opération à Gaza.

Tsahal se réfère à trois niveaux de menaces directes – ou « cercles » – pour Israël : le premier est constitué de petits groupes terroristes aux frontières d’Israël, comme par exemple le Hamas ; le deuxième relève de menaces plus importantes, comme l’armée syrienne ou le Hezbollah; le « troisième cercle » est celui des pays qui ne partagent pas de frontière avec Israël, comme l’Iran, l’Irak ou le Yémen.

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