L’arrangement avec le témoin clé dans l’affaire Bitan au point mort
Rechercher

L’arrangement avec le témoin clé dans l’affaire Bitan au point mort

Moshe Yosef, l'homme qui aurait négocié des pots-de-vin pour le député, refuserait de témoigner contre une organisation criminelle majeure liée au dossier

Le chef de la coalition et député du parti du Likud, David Bitan, quitte l'unité anti-corruption du Lahav 433 de la police israélienne le 10 décembre 2017 (Crédit : Roy Alima/Flash90)
Le chef de la coalition et député du parti du Likud, David Bitan, quitte l'unité anti-corruption du Lahav 433 de la police israélienne le 10 décembre 2017 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Un accord passé entre les procureurs de l’Etat et un ancien associé du député du Likud David Bitan – considéré comme un élément central du dossier de corruption contre lui – est au point mort en raison du refus de l’homme de témoigner contre une organisation criminelle impliquée dans le dossier, a rapporté vendredi la chaîne Hadashot.

L’homme d’affaires de Rishon Lezion, Moshe Yosef, aurait admis avoir négocié des pots-de-vin entre des hommes d’affaires et le député dans le cadre de l’accord.

Bitan, durant la période qu’il a passée au poste de maire-adjoint de Rishon Lezion, est soupçonné d’avoir obtenu des prêts de la part des membres de la famille du crime Jarushi et d’avoir offert des faveurs en échange de l’abandon des mêmes prêts lorsqu’il s’est révélé dans l’incapacité de les rembourser.

Les procureurs ont demandé que dans le cadre de cet accord, Yosef donne toutes les informations nécessaires sur les tractations illégales liées à l’affaire. Il refuserait dorénavant de témoigner directement contre la famille Jarushi.

Un autre point de désaccord concerne la saisie par les autorités des avoirs de Yosef qui sont estimés à 20 millions de shekels. Les avocats de Yosef ont tenté de faire libérer une partie de ces fonds dans le cadre de la convention passée, ce qui a été refusé par l’Autorité fiscale israélienne qui a affirmé que Yosef doit plus de 5 millions de shekels d’impôts.

La Dixième chaîne a fait savoir dimanche que la police soupçonne que le plan de corruption a continué après l’entrée de Bitan à la Knesset en 2015 et sa nomination au poste de chef de la coalition.

Le magasin Metzada à Rishon Lezion. (Crédit : capture d’écran Google Maps)

Selon le reportage, Dror Glazer, un développeur immobilier qui a été interrogé par la police et qui pourrait passer un accord pour devenir témoin de l’accusation, est soupçonné d’avoir transféré 150 000 shekels par le biais de Yosef en échange de l’avancement par Bitan d’une législation qui profiterait à Glazer.

L’enquête, intitulée par la police « l’Affaire 1803 », a permis l’arrestation de douzaines de suspects, notamment des responsables municipaux de Rishon Lezion, des hommes d’affaires locaux et des personnalités du crime organisé. Bitan a démissionné de son poste de chef de la coalition peu de temps après l’émergence des informations sur l’enquête.

La police a examiné les dossiers trouvés dans le magasin de meubles de Yosef qui aurait, selon les enquêteurs, été utilisé comme devanture pour des opérations de blanchiment d’argent.

Lorsque l’enquête sur Bitan avait commencé, les agents de police avaient installé des caméras cachées et des dispositifs d’enregistrement dans ce commerce et, sur la base des preuves collectées, ils avaient établi un dossier très fort contre lui.

Des vidéos enregistrées par les caméras cachées montreraient Bitan en train de compter d’importantes sommes d’argent et semblant utiliser le magasin comme banque de retrait de liquidités. La police aurait également secrètement filmé l’épouse de Bitan quittant le magasin de Yosef tout en transportant une enveloppe qui, selon les enquêteurs, aurait été remplie de billets.

Suite à un interrogatoire de cinq heures dimanche avec la police, durant lequel Bitan a choisi de garder le silence, les enquêteurs auraient reporté une autre session d’interrogatoire initialement prévue mardi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...