L’Australie pourrait être ouverte à des alternatives à la solution à 2 états
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L’Australie pourrait être ouverte à des alternatives à la solution à 2 états

Tentant de soutenir Trump, Julie Bishop déclare que son gouvernement souhaite un état palestinien mais soutiendra de nouvelles idées si les deux parties sont d’accord

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 4 septembre 2016. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 4 septembre 2016. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

La ministre australienne des Affaires étrangères a tenté de soutenir le retour en arrière du président américain Donald Trump sur le soutien à la solution à deux états, même si son pays et la communauté internationale ont promis de continuer à soutenir la mise en place d’un état palestinien.

Julie Bishop a déclaré que bien que son pays soutienne toujours l’idée de deux états, elle serait également ouverte à un accord portant sur un seul état si c’était ce que les parties désiraient, faisant ainsi écho aux propos de Trump sur la possibilité de soutenir la solution sur laquelle Israéliens et Palestiniens se mettraient d’accord.

« Les deux parties doivent se réunir et négocier une résolution, elle ne peut pas être imposée de l’extérieur », a déclaré Bishop jeudi à Sky News Australia.

Interrogée sur son opinion entre les solutions à un ou deux états, Bishop a déclaré que s’il existait « une autre solution que celle que nous sommes prêts à accepter, qui garantirait que les Israéliens et les Palestiniens puissent vivre côte-à-côte, ensemble, dans des frontières reconnues internationalement, alors évidemment, le monde devrait soutenir cela. »

Quand il lui a été fait remarquer que les Palestiniens rejetaient l’idée d’un seul état, Bishop a répondu que « ce dont nous avons besoin, c’est que les Palestiniens reconnaissent que l’Etat d’Israël existe et continuera à exister. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Mercredi, pendant une conférence de presse organisée à la Maison Blanche avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, Trump a résisté à l’engagement américain de longue date envers la solution à deux états, affirmant que ce n’était pas la seule solution possible.

« Je regarde [la solution à] deux états et [la solution à] un état et j’aime celle que les deux parties aiment », a déclaré Trump, qui s’est également montré sensible à un appel de Netanyahu pour une initiative régionale reposant sur les relations qui s’améliorent entre Israël et les pays arabes.

Bishop, dans un communiqué adressé au Guardian Australia, a souligné que la politique de son gouvernement restait de travailler à une solution à deux états pour résoudre le conflit.

« Nous encourageons Israël et l’Autorité palestinienne à négocier une résolution qui verrait Israéliens et Palestiniens vivre côte-à-côte, dans des frontières reconnues internationalement, dans un environnement paisible et stable », a-t-elle déclaré.

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a déclaré jeudi sur Sky News que son pays soutenait toujours la solution à deux états.

« Notre position n’a pas changé, il devrait y avoir une solution à deux états négociée par Israël et l’Autorité palestinienne », a-t-il déclaré.

Le président Reuven Rivlin a rencontré Julie Bishop, la ministre australienne des Affaires étrangères, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 4 septembre 2016. (Crédit : Mark Neiman/GPO)
Le président Reuven Rivlin a rencontré Julie Bishop, la ministre australienne des Affaires étrangères, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 4 septembre 2016. (Crédit : Mark Neiman/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit se rendre en visite officielle en Australie la semaine prochaine. Bishop l’avait invité à venir dans le pays pendant son voyage en Israël de septembre 2016, où elle avait rencontré Netanyahu, le président Reuven Rivlin, et le ministre de la Défense Avigdor Liberman.

Le mois dernier, Bishop avait critiqué de manière inhabituelle les implantations israéliennes, exprimant sa « préoccupation » après l’annonce de l’extension des implantations de Cisjordanie et appelant Israël à cesser de prendre des mesures unilatérales qui compromettent le processus de paix.

« Le gouvernement australien est préoccupé par les récentes annonces sur les implantations en Cisjordanie, avait-elle déclaré à ABC News. Nous continuons à appeler les deux parties à éviter les actions unilatérales qui diminuent les perspectives d’une solution négociée à deux états. »

La position de l’Australie était à noter car Canberra est depuis longtemps un ami inconditionnel d’Israël, qui n’a pas peur de défier le consensus international pour protéger l’Etat juif des critiques sur sa politique d’implantation.

En 2014, Julie Bishop avait refusé, pendant un entretien accordé au Times of Israël, de dire que les implantations israéliennes étaient illégales au regard du droit international.

Elle n’avait pas condamné les initiatives israéliennes de construire des logements supplémentaires à l’est de la Ligne verte et n’avait pas appelé Israël à geler de tels projets, déclarant simplement que le fait que les implantations étaient étendues montrait que les deux parties devaient conclure rapidement un accord de paix.

« Je ne veux pas préjuger des sujets fondamentaux des négociations de paix, avait alors déclaré Bishop. La question des implantations est absolument fondamentale pour les négociations qui sont en cours, et je pense qu’il est normal que nous donnions toutes les chances de réussite à ces négociations. »

Quand il lui avait été demandé si elle était ou non d’accord avec l’opinion quasi universelle sur les implantations israéliennes situées à l’est des lignes de 1967, considérées comme illégales au regard du droit international, elle avait répondu que « je voudrais voir quelle loi internationale les a déclaré illégales. »

Raphael Ahren et Eric Cortellessa ont contribué à cet article.

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