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L’avocat d’Azaria affirme que d’autres ont tué des terroristes sans être poursuivis

L’équipe de défense du soldat de Hébron fait appel de la condamnation ; le parquet veut allonger la peine du soldat

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Elor Azaria avec ses parents dans la salle d'audience de la cour d'appel de la Kirya, à Tel Aviv, le 3 mai 2017. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israël)
Elor Azaria avec ses parents dans la salle d'audience de la cour d'appel de la Kirya, à Tel Aviv, le 3 mai 2017. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israël)

Les appels du jugement de culpabilité d’homicide d’un soldat, qui avait abattu un terroriste palestinien déjà neutralisé et désarmé l’année dernière, ont été entendus mercredi matin à la cour d’appel militaire de Tel Aviv.

Les procureurs devaient argumenter que la peine à laquelle a été condamné Elor Azaria, 18 mois de prison ferme, du sursis et de retrait de son grade militaire, était trop indulgente. Ils ont prévu de demander que la peine de prison soit augmentée pour être comprise entre 30 mois et cinq ans.

L’équipe de défense d’Azaria a d’abord présenté son cas, pour faire annuler totalement le verdict et la condamnation. Yoram Sheftel, avocat de la défense, a soumis de nouvelles preuves à la cour, notamment des documents montrant qu’en au moins 15 occasions, des soldats israéliens ont tiré sur des Palestiniens et n’ont pas été jugés.

Sheftel a demandé que son client soit acquitté « au nom des millions » de personnes qui croient en son innocence. Il a affirmé qu’il était très surprenant que la cour martiale ait jugé Azaria, en raison de son passé.

« Nous allons présenter 17 cas qui sont bien pires » que celui de son client, a-t-il promis, dont certains étaient des meurtres, non pas de « terroristes meurtriers, de fascistes jihadistes, mais d’habitants arabes non combattants de Judée et de Samarie [Cisjordanie]. »

Le juge Tzvi Segal a rejeté l’un des cas, dans lequel un garde-frontière avait tiré sur un terroriste palestinien qui était déjà au sol. Il avait affirmé que dans ce cas, le policier avait suivi les règles d’engagement.

Segal a également fait une distinction entre les affaires où il n’y a pas de preuve physique, et celles où elles existent, comme dans le cas d’Azaria, avec la vidéo filmée par un militant palestinien de l’association israélienne B’Tselem.

L'avocat d'Elor Azaria, Yoram Sheftel, à gauche, à son arrivée dans la salle d'audience de la cour d'appel de la Kirya, à Tel Aviv, le 3 mai 2017. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israël)
L’avocat d’Elor Azaria, Yoram Sheftel, à gauche, à son arrivée dans la salle d’audience de la cour d’appel de la Kirya, à Tel Aviv, le 3 mai 2017. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israël)

Sheftel a également noté une récente attaque à Jaffa, où un policier bénévole avait abattu un terroriste palestinien pendant qu’une foule de passants l’encourageait.

« Contrairement au chef d’Etat-major et au ministère de la Défense », qui ont condamné Azaria pour un crime moins grave, a-t-il dit, « le directeur de la police de Tel Aviv, qui a une éthique différente, voulait donner une médaille au policier. »

Selon le procureur, Nadav Weissman, la plupart des affaires ont été closes parce qu’il a été montré que les soldats n’avaient commis aucune infraction. Il a dit que Sheftel affirmait que l’armée avait une « politique différente » de celle qu’elle dit avoir appliqué dans le cas d’Azaria.

« C’est une accusation grave », a-t-il ajouté.

Le parquet a également affirmé que l’affaire de Jaffa était différente puisque l’attaque terroriste était encore en cours quand le policier a ouvert le feu, que le terroriste bougeait encore, et qu’il avait poignardé après avoir déjà été blessé une fois par balle.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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