Le confinement ralentit la propagation du virus, mais les hôpitaux souffrent
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Le confinement ralentit la propagation du virus, mais les hôpitaux souffrent

Netanyahu a exprimé un "optimisme prudent" quant à la baisse des infections, mais les médecins disent que le soulagement de leurs services Covid pourrait prendre des semaines

La salle de contrôle du département coronavirus du Galilee Medical Center. (Avec l'aimable autorisation du Galilee Medical Center)
La salle de contrôle du département coronavirus du Galilee Medical Center. (Avec l'aimable autorisation du Galilee Medical Center)

La situation dans les hôpitaux israéliens est à son plus haut point critique et pourrait rester mauvaise pendant des semaines, selon les médecins, malgré les signes que le confinement fonctionne et que les cas de coronavirus diminuent.

« C’est pire que jamais », a rapporté mercredi le Dr Guy Choshen, directeur du département des coronavirus au centre médical Sourasky de Tel Aviv, au Times of Israel.

« Si nous constatons une baisse du nombre de tests positifs au niveau national, nous ne le ressentirons que dans deux ou trois semaines », a-t-il ajouté, notant qu’il faut souvent beaucoup de temps après le diagnostic pour que l’état de santé des patients se détériore et se retrouve dans un état qui nécessite une hospitalisation.

Au centre médical de Galilée à Nahariya, Eyad Jeries s’est dit pessimiste quant à la perspective d’un allègement de sa charge de travail, et a commenté : « Je ne pensais vraiment pas que nous en arriverions là, même lorsque la deuxième vague a commencé ».

Eyad Jeries, l’infirmier en chef du service des patients les plus graves atteints de COVID-19, a exprimé des doutes quant à la possibilité que le nombre de patients, en particulier dans des services comme le sien pour les cas critiques, diminue avant que l’effet dit de « double épidémie » – certains experts de la santé prédisent que la saison de la grippe va commencer alors que la population continue à lutter contre le coronavirus – ne se déclenche.

« Je ne suis pas optimiste, même si le nombre d’infections est en baisse », a-t-il déclaré. « Je pense que d’ici un mois, à cause de la grippe, je vais soigner plus de patients sous assistance respiratoire que je ne le fais actuellement ».

La salle de contrôle du département coronavirus du Galilee Medical Center. (Avec l’aimable autorisation du Galilee Medical Center)

Deux semaines et demie après qu’Israël est devenu le premier pays à réimposer un confinement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé mardi un « optimisme prudent« , après avoir vu le nombre de diagnostics positifs tomber bien en dessous du triste record de 9 053 enregistré il y a une semaine. Mardi également, la part des tests de dépistage des coronavirus revenant positifs est tombée à son niveau le plus bas depuis des semaines, selon les chiffres du ministère de la Santé.

Mercredi, le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a cependant déclaré avec prudence que le confinement semble avoir un effet positif.

Une réussite particulière contribue à la baisse des nouveaux cas : une réduction de la propagation du virus parmi les Israéliens arabes. Le Dr Arnon Afek, ancien directeur général du ministère de la Santé, a indiqué au Times of Israel : « Chez les Israéliens arabes, on observe une baisse très importante des infections, et elle est due à l’arrêt des mariages pendant le confinement. »

Le Professeur Arnon Afek, directeur général associé du Sheba Medical Center et directeur par intérim du Sheba General Hospital. (Shai Pereg)

M. Afek, qui est actuellement directeur adjoint du centre médical Sheba à Ramat Gan, a également déclaré que des chiffres suggèrent que les personnes âgées ont été bien protégées alors que les cas se sont multipliés ces dernières semaines. « Les personnes gravement malades ont tendance à être plus jeunes que lors de la première vague, ce qui est positif car cela indique que les personnes âgées sont protégées », a-t-il commenté.

Mais le chiffre qui compte le plus pour les hôpitaux – le nombre de patients – ne change tout simplement pas. Le nombre total de patients hospitalisés est de 1 612, dont la moitié environ sont dans un état grave, soit un niveau similaire à celui observé jusqu’à présent en octobre.

Eyad Jeries a déclaré que, tragiquement, la seule baisse notable du nombre de patients qu’il voit actuellement est liée à des décès. « Il y a deux semaines, je n’avais que six patients sous assistance respiratoire ici ; ce matin, il y en avait 14 et un vient de mourir, il y a 15 minutes », avait-il rapporté mercredi après-midi. « Donc maintenant, il y en a 13. C’est le cinquième décès que notre hôpital enregistre en 24 heures ».

« Nos patients sont de tous âges, y compris un jeune de 26 ans sans pathologie sous-jacente qui est actuellement dans un état critique et sous sédatif. »

Un travailleur de la « Hevra Kadisha », la société funéraire juive officielle d’Israël, prépare un corps pour les funérailles, dans une morgue spéciale pour les victimes du COVID-19 à Holon, le 23 septembre 2020. (AP Photo / Oded Balilty)

Le Dr Afek a appelé à ne pas parler d’une réussite du confinement. « Nous devons veiller absolument à ne pas tirer de conclusions trop hâtives », a-t-il souligné, laissant entendre qu’il fallait attendre encore quelques jours pour obtenir des données fiables. « Et nous ne sommes pas certains de la tendance d’ensemble ».

M. Choshen, du centre médical Sourasky, a indiqué que les hôpitaux ont de la place pour plus de patients, mais que : « Les choses sont encore très intenses pour nous ; nous ne ressentons pas le déclin des [cas] dans les hôpitaux ».

« Normalement, il y a un décalage de deux à trois semaines entre les changements dans les niveaux d’infection et les changements sur le terrain dans les hôpitaux ».

Le chef infirmier M. Afek a dressé un tableau similaire, en disant que dans son hôpital, « nous ne voyons pas de réduction du nombre de patients gravement malades, et je ne pense pas que nous en verrons avant une semaine ou plus, mais il y a une stabilité générale ».

Il a ajouté : « Le gouvernement a raison de décider d’attendre avant de tirer des conclusions générales, et d’être plus prudent qu’il ne l’était lors du premier confinement ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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