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Le Conseil de sécurité demande des comptes sur l’escalade de violence en Cisjordanie

La déclaration a été soutenue par les 15 membres du groupe, bien que Washington n'ait signé qu'après avoir amendé le texte pour qu'il soit moins critique à l'égard d'Israël

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Les funérailles de Nachman Mordoff, 17 ans, à Shilo, en Cisjordanie, le 21 juin 2023 (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)
Les funérailles de Nachman Mordoff, 17 ans, à Shilo, en Cisjordanie, le 21 juin 2023 (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

Le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé mardi que les responsables de la récente flambée de violence entre Israéliens et Palestiniens soient tenus de rendre des comptes, dans une déclaration vague qui semble avoir été amendée après des pressions exercées par les États-Unis.

La déclaration, adoptée par 15 membres du Conseil et lue par l’ambassadrice des Émirats arabes unis auprès des Nations unies, Lana Nusseibeh, fait référence à une « déclaration présidentielle » adoptée le 20 février par le Conseil pour condamner les projets de légalisation des avant-postes, mais elle a moins de force que la critique précédente ou qu’une résolution contraignante.

Les membres du Conseil « expriment leur tristesse concernant les morts de civils » et rappellent « la déclaration présidentielle adoptée le 20 février 2023, y compris leur appel au plein respect du droit humanitaire international et à la protection de la population civile », peut-on lire dans la déclaration, publiée avant une réunion mensuelle du Conseil de sécurité sur le conflit israélo-palestinien.

« Les membres du Conseil de sécurité encouragent la prise de nouvelles mesures pour restaurer un calme durable et permettre une désescalade des tensions, et appellent toutes les parties à éviter des actions unilatérales qui pourraient attiser les tensions », a déclaré Nusseibeh, dont le pays préside le Conseil au mois de juin.

« Ils appellent à la retenue pour réduire la tension et éviter une nouvelle escalade », a-t-elle ajouté.

Le Conseil souligne également « les obligations et engagements des autorités israéliennes et palestiniennes à combattre et condamner le terrorisme sous toutes ses formes dans le respect du droit international ».

« Il est important que les responsables de ces violences rendent des comptes pour de tels actes de violence », rappelle-t-il encore.

« Les membres du Conseil de sécurité encouragent la prise de nouvelles mesures pour restaurer un calme durable et permettre une désescalade des tensions, et appellent toutes les parties à éviter des actions unilatérales qui pourraient attiser les tensions »

La déclaration du 20 février, concernant les projets de nouveaux avant-postes et de milliers de nouveaux logements, avait été largement symbolique, dépourvue du poids d’une résolution. Mais il s’agissait du premier commentaire de ce type sur le conflit israélo-palestinien depuis neuf ans et il était destiné à envoyer un signal fort à Jérusalem.

La déclaration lue mardi ne fait pas l’objet d’un enregistrement officiel par les Nations unies dans le cadre de la réunion, mais les 15 membres doivent approuver le texte avant qu’il ne soit rendu public.

Les résolutions contraignantes sur le conflit sont rares, les États-Unis opposant leur veto à la plupart des mesures qu’ils considèrent comme injustement critiques à l’égard d’Israël. La dernière résolution adoptée par le conseil remonte à 2016, lorsqu’il a critiqué avec force les implantations après que Washington eut refusé d’utiliser son droit de veto.

La déclaration de mardi diffère d’un projet original préparé vendredi à la suite de consultations à huis clos entre le Conseil de sécurité et l’envoyé de l’ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland, a déclaré un diplomate d’un pays membre du Conseil au Times of Israel.

Le diplomate a déclaré que les Etats-Unis s’étaient opposés à l’inclusion d’un langage plus critique à l’égard d’Israël.

Le Département d’Etat n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

L’ambassadrice des Émirats arabes unis auprès des Nations unies, Lana Nusseibeh, à Abou Dhabi (Émirats arabes unis), le mercredi 4 janvier 2023. (Crédit : AP Photo/Kamran Jebreili)

La semaine dernière, quatre Israéliens ont été tués dans un attentat terroriste à l’extérieur de l’implantation d’Eli et des centaines d’extrémistes juifs se sont déchaînés dans les villes palestiniennes de Cisjordanie pour se venger. Un Palestinien a été tué au cours des émeutes et 15 autres Palestiniens ont été tués au cours de la semaine écoulée, la plupart lors d’affrontements avec les soldats israéliens.

Huit suspects juifs ont été interpellés pour leur implication présumée dans les émeutes des résidents d’implantations. Les deux terroristes palestiniens, affiliés au Hamas et qui ont perpétré l’attentat d’Eli ont été abattus, l’un sur place et le second quelques heures plus tard.

Des Palestiniens en deuil portent le corps de Tariq Idris, 39 ans, lors de ses funérailles, dans le camp de réfugiés d’Askar, près de la ville de Naplouse en Cisjordanie, le samedi 24 juin 2023. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Wennesland s’est de son côté dit « très inquiet de la spirale de violence » en Cisjordanie.

« Je suis particulièrement alarmé par les niveaux extrêmes de violence des colons, y compris de nombreux colons, beaucoup armés, attaquant systématiquement des villages palestiniens, terrorisant des communautés, parfois à proximité des forces israéliennes de sécurité », a-t-il ajouté, rappelant Israël, « puissance occupante », à son « obligation de protéger les Palestiniens ».

« Si des mesures décisives ne sont pas prises maintenant pour freiner la violence, il y a un risque important que la situation se détériore encore », a-t-il déclaré, évoquant notamment le « risque constant » que la violence se propage à la bande de Gaza.

Les États-Unis, le plus proche allié d’Israël, ont soutenu la déclaration du Conseil et l’ambassadeur adjoint des États-Unis, Robert Wood, a déclaré au Conseil que l’administration Biden partageait l’inquiétude de Wennesland.

Il a déclaré que les États-Unis étaient « horrifiés par la brutale attaque terroriste contre des Israéliens » à Eli et qu’ils la condamnaient « dans les termes les plus forts ». Il a également condamné « les récentes attaques d’extrémistes contre des civils palestiniens, qui ont fait un mort, des blessés et d’importants dégâts matériels ».

Dans un contexte d’escalade de la violence, les conseils municipaux ont largement critiqué le fait qu’Israël ait avancé lundi des plans pour quelque 5 700 nouveaux logements dans les implantations, pulvérisant ainsi en six mois seulement le record du nombre de maisons pour Juifs en Cisjordanie autorisées en une seule année.

En vertu du droit international, toutes les implantations israéliennes sont illégales.

Wennesland a aussi dénoncé « l’expansion continuelle des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, qui alimente la violence ».

Dans son discours au Conseil, l’ambassadeur israélien Gilad Erdan a rejeté l’idée que la création d’implantations soit la cause des tensions, et il a affirmé que les Palestiniens avaient cherché à perpétrer plus de 3 500 attaques terroristes depuis le début de l’année.

L’envoyé israélien a rejeté l’idée de mettre sur le même plan les Palestiniens tués lors de raids antiterroristes des Tsahal et les Israéliens tués lors d’attaques terroristes palestiniennes.

Erdan a déploré que les déclarations du Conseil minimisaient la gravité du terrorisme palestinien.

L’AFP a contribué à cet article.

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