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Le Consistoire, “fidèle” à sa “ligne de conduite”, appelle à faire barrage au FN et à voter Macron

La présence du Front national au second tour, “même si ce résultat était hélas prévisible” ne “semble pas provoquer l'examen de conscience et le rejet massif que nous avions pu connaître en 2002”, regrette-t-il

Joël Mergui, président du Consistoire, devant les députés français pour parler de l'abattage rituel et de la circoncision, à l'Assemblée nationale, le 23 juin 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Joël Mergui, président du Consistoire, devant les députés français pour parler de l'abattage rituel et de la circoncision, à l'Assemblée nationale, le 23 juin 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le Consistoire central, « fidèle à la ligne de conduite qu’il suit depuis toujours », a appelé « au second tour à faire barrage à l’extrême droite et à voter pour M. Emmanuel Macron », dans un bref communiqué.

La présence du Front national au second tour, « même si ce résultat était hélas prévisible » ne « semble pas provoquer l’examen de conscience et le rejet massif que nous avions pu connaître en 2002 », regrette aussi le Consistoire.

« Il faut appeler tous ceux qui croient et qui espèrent en la France à voter pour Emmanuel Macron, parce que c’est lui qui porte maintenant cette espérance de fraternité », a également déclaré mardi le grand rabbin de France, Haïm Korsia, dans un entretien à l’AFP.

Pour le chef religieux de la première communauté juive d’Europe, ce que l’extrême droite et sa candidate Marine Le Pen représentent, « c’est une France réduite aux acquêts ».

Haim Korsia à l'antenne de RCJ (Crédit : capture d'écran YouTube)
Haim Korsia à l’antenne de RCJ (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Or, dès qu’il y a une politique du rejet de quelqu’un, quel que soit ce quelqu’un, ce n’est plus la France », estime-t-il.

Selon le grand rabbin Korsia, « il faut qu’on défende ce concept de fraternité qu’on a pu voir réémerger dans la marche du 11 janvier 2015 [après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher] : il faut maintenant que ce principe de fraternité soit vivant dans les urnes. »

« L’immuable de la France c’est l’accueil, l’ouverture au monde. La France, en hébreu, se dit Tsarfat, ce qui veut dire ‘creuset’. Peut-on imaginer un creuset dans lequel on ne veut pas certains métaux ? Dans le creuset qu’est la France, on met tous les métaux, les personnalités, les origines, les espérances qui l’ont composée », fait valoir le responsable juif.

Vu « les données du second tour », il faut « absolument voter pour Emmanuel Macron, le choix est simple. Cela n’a rien à voir avec une proximité idéologique avec des personnes ; je me dois d’être neutre institutionnellement. Mais, dans ce cas de figure, il ne s’agit pas d’être neutre. Yves Simon chante ‘le silence est toujours complice ou trompeur’. Aujourd’hui, s’abstenir c’est être complice ou trompeur », estime-t-il.

Pour le grand rabbin de France, lors des législatives, « chacun pourra reprendre son positionnement politique, idéologique ».

Emmanuel Macron, ancien ministre français de l'Economie, annonce sa candidature à l'élection présidentielle à Bobigny, le 16 novembre 2016. (Crédit : Philippe Lopez/AFP)
Emmanuel Macron, ancien ministre français de l’Economie, annonce sa candidature à l’élection présidentielle à Bobigny, le 16 novembre 2016. (Crédit : Philippe Lopez/AFP)

Mais au second tour de la présidentielle, « il faut appeler tous ceux qui croient et qui espèrent en la France à voter pour Emmanuel Macron, parce que c’est lui qui porte, maintenant, cette espérance de fraternité. Comme l’ont rappelé d’ailleurs avec beaucoup de force, de courage, d’engagement et de fidélité républicaine François Fillon et Benoît Hamon », souligne le grand rabbin de France.

« Est-ce qu’il y a une possibilité de tergiverser quand le cœur même de ce qu’est la France est en jeu ? Comme le dit ‘Le Chant du départ’, la République nous appelle. Quand on est responsable politique, on ne peut pas dire ‘je vous laisse choisir' », fait-il valoir.

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