Le contrôleur de l’État fustige le processus de supervision de casheroute corrompu
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Le contrôleur de l’État fustige le processus de supervision de casheroute corrompu

Le rapport annuel conclut à une mauvaise gestion et accuse les conseils religieux locaux et le grand rabbinat du manque de réformes

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Le rabbin Aaron Leibowitz, au centre, fondateur de Hashgach Pratit (Supervision privée en hébreu), signe un certificat de casheroute alternatif à celui du grand rabbinat pour un bar du centre de Jérusalem, le 8 juin 2016. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Le rabbin Aaron Leibowitz, au centre, fondateur de Hashgach Pratit (Supervision privée en hébreu), signe un certificat de casheroute alternatif à celui du grand rabbinat pour un bar du centre de Jérusalem, le 8 juin 2016. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Le rapport annuel du contrôleur de l’Etat, qui compte 39 chapitres et a été publié mardi, s’ouvre par une critique cinglante du processus de certification de casheroute contrôlé par le gouvernement, citant une corruption généralisée et une mauvaise gestion.

Le premier chapitre du rapport traite de la bataille prolongée sur le processus de supervision de casheroute d’Israël, et accuse les conseils religieux locaux et le grand rabbinat de l’absence de réformes sérieuses du système.

L’une des principales complaintes soulevées par le rapport concerne la source de revenus des superviseurs cashers, dont la vaste majorité est payée par les entreprises supervisées, créant ainsi un potentiel de conflit d’intérêts et d’«argent sale ».

Les autres préoccupations soulevées par le rapport portent notamment sur le fait que les superviseurs sont payés pour des heures supplémentaires qu’ils n’ont pas effectuées de même que la présence de superviseurs non autorisés, selon les médias israéliens. Un superviseur aurait été payé pour avoir travaillé 27 heures par jour.

Les signalements de népotisme sont également nombreux.

Le rabbin Aaron Leibowitz avec un panneau "la casheroute n'est pas un commerce". (Crédit : autorisation de Yerushalmim)
Le rabbin Aaron Leibowitz avec un panneau « la casheroute n’est pas un commerce ». (Crédit : autorisation de Yerushalmim)

Supervision Privée, une association de surveillance de la casheroute alternative fondée par le rabbin Aaron Leibowitz, conseiller municipal de Jérusalem, pour être une alternative, plus amicale envers les restaurants, au rabbinat public, a salué le rapport qui reconnaît les « violations importantes, les échecs, le mensonge et la corruption » des conseils religieux locaux dans leur travail avec les superviseurs qu’ils emploient et avec le tampon du grand rabbinat.

« Je n’ai pas été surpris par la gravité du rapport et ses précisions, a dit Leibowitz, étant donné la pourriture intrinsèque du conseil religieux de Jérusalem. Quiconque connait le système de supervision de casheroute sait que le terrain était fertile pour une association comme Supervision Privée, particulièrement à Jérusalem. Il est très triste de voir comment le rabbinat et certains conseils religieux locaux ont porté la supervision de la casheroute dans ce pays à un niveau de violation et d’absurdité extrêmes. »

« Il y a toujours un monopole du système de supervision de la casheroute, et Israël est le seul endroit au monde où il n’y a pas de concurrence dans le domaine de la supervision de la casheroute », a-t-il dit.

Le rabbin David Stav, qui préside Tzohar, une association de 800 rabbins orthodoxes qui cherchent à réduire la fracture entre les populations religieuses et laïques d’Israël, a déclaré que le rapport du contrôleur met en lumière ce que la majorité de la population israélienne et Tzohar disent depuis des années.

« Le système de casheroute dans ce pays est dans un cercle vicieux », a dit Stav, qui a également appelé à une privatisation du système.

« Nous devons avoir une séparation totale entre les puissants acteurs politiques qui financent ce système corrompu tout en refusant de manger réellement la nourriture dont ils sont responsables de la supervision, et nous devons ouvrir le marché de la casheroute à de nouveaux acteurs », a-t-il dit.

La loi israélienne n’oblige pas les restaurants à être cashers, et les établissements non cashers sont fréquents, en particulier dans les régions où vit une population juive moins religieuse.

Les restaurants qui veulent être cashers doivent obtenir la supervision du grand rabbinat, selon la loi.

Le coût des inspections officielles et d’un certificat pour un restaurant de taille moyenne est de l’ordre de 9 500 shekels par an.

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