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Le créateur de « Srugim » se tourne vers ses fans pour financer une suite

Les réseaux étant à court d'argent, Laizy Shapira cherche à financer 400 000 dollars pour la future série 'What's Your Next Project ?'

Le réalisateur Laizy Shapira, créateur de "Srugim". (Crédit : capture d'écran : YouTube)
Le réalisateur Laizy Shapira, créateur de "Srugim". (Crédit : capture d'écran : YouTube)

JTA – La série télévisée israélienne « Srugim », qui a porté à l’écran la vie de célibataires juifs orthodoxes modernes à Jérusalem, a été un succès dans le pays. Elle a ensuite trouvé un nouveau public important aux États-Unis après avoir été diffusée sur Hulu et Amazon.

Mais aujourd’hui, son créateur, Laizy Shapira, éprouve de grandes difficultés à financer une suite. Il se tourne donc vers les fans de « Srugim » pour obtenir de l’aide.

« Srugim » était centré sur les relations amoureuses de cinq trentenaires orthodoxes de Jérusalem. Les critiques ont estimé qu’il brisait les frontières en offrant aux téléspectateurs un regard intime et authentique sur la vie et les difficultés des Juifs israéliens religieux.

Shapira présente son prochain projet comme une suite thématique aux questions explorées par « Srugim ». Dans un long message publié sur un groupe Facebook de fans de la série, il a déclaré qu’après avoir fait une pause pendant qu’il avait de jeunes enfants à la maison, « au cours des deux dernières années, la muse est revenue ».

« Srugim », a écrit Shapira, a été tiré de ses propres expériences en tant que célibataire orthodoxe dans la trentaine. Son prochain show – peut-être judicieusement appelé « What’s Your Next Project » – est également basé sur son expérience en tant que père dans la quarantaine avec de jeunes enfants à la maison, à une époque où les enfants de beaucoup de ses amis orthodoxes se marient eux-mêmes.

« Je pense que cette série a le même esprit que ‘Srugim’ « , a-t-il écrit. « Elle traite des drames quotidiens que nous connaissons tous et tente de le faire avec humour et sensibilité. Je crois sincèrement que ce qui sort du cœur va certainement entrer dans le cœur des autres ».

Les principaux acteurs de « Srugim » dans le pilote de l’émission. L’émission a gagné un public international grâce à sa représentation authentique de la vie orthodoxe moderne. (Crédit : capture d’écran)

Mais les réseaux de télévision ne mordent pas à l’hameçon, écrit-il, car ils sont à court d’argent. Shapira a donc lancé un appel aux fans de l’extérieur d’Israël (sur la page de fans en anglais) dans l’espoir de récolter 400 000 dollars et qu’un réseau apporte le reste.

« Est-ce que vous et vos amis investiriez dans une telle entreprise ? », demandait-il dans son message.

Plus de 50 commentateurs ont répondu positivement.

« J’ai aimé Srugim », a déclaré Patrick Cronin, 80 ans, un acteur qui est apparu dans des émissions de télévision populaires couvrant trois décennies, notamment « All in the Family » et « Seinfeld ». « Je pense que si je pouvais aider de quelque manière que ce soit, j’adorerais le faire ».

Shapira, qui vit en Israël, a décliné une demande de commentaire supplémentaire.

Shayna Weiss, une universitaire qui écrit sur la culture pop israélienne et a co-écrit un blog sur « Srugim », a déclaré qu’elle n’était pas surprise qu’une autre émission sur les Israéliens orthodoxes modernes ait du mal à trouver un soutien. Elle fait remarquer que plusieurs émissions israéliennes récentes ont plutôt tourné leur objectif vers la communauté ultra-orthodoxe, notamment « Shtisel », un drame sur une famille haredi de Jérusalem qui a également été diffusé sur Netflix.

« L’appétit culturel [israélien] est plus intéressé par les Haredim que par l’orthodoxie moderne. C’est visuellement différent, c’est une société un peu plus insulaire », a déclaré Weiss, directrice associée du Schusterman Center for Israel Studies (Centre Schusterman des études israéliennes) de l’université Brandeis. « Lorsque vous regardez les luttes de la société israélienne d’aujourd’hui, les orthodoxes modernes n’y jouent pas un rôle central. »

Le post de Shapira intervient dans le cadre d’un débat en cours sur la façon dont les juifs orthodoxes sont représentés à l’écran, après les débuts de « My Unorthodox Life« , une série Netflix sur une femme qui a quitté le judaïsme orthodoxe. Netflix a diffusé deux autres programmes sur le départ de l’orthodoxie, dont le (très) populaire « Unorthodox ».

Illustration : Amit Rahav (Yanky) et Shira Haas (Esty) dans la série « Unorthodox » de Netflix (Crédit : Anika Molnar/Netflix).

Avant la réaction négative à « My Unorthodox Life » de la part de certaines parties de la communauté orthodoxe, Weiss a tweeté que le financement des arts est une condition préalable pour raconter les histoires des groupes sous-représentés.

« Votre communauté religieuse promeut-elle les arts et la narration d’histoires ? Weiss a tweeté plus tôt cette année. « Votre école secondaire a-t-elle un club de cinéma ou un cours d’écriture créative ? Si vous voulez de l’art de qualité sur votre communauté, vous devez … promouvoir les arts. C’est un domaine dans lequel Israël est très en avance sur les États-Unis. »

Shapira n’est pas le premier cinéaste à succès à se tourner vers le financement participatif pour un projet de suivi. Neuf ans après avoir écrit, réalisé et joué dans le film acclamé « Garden State », l’acteur juif Zach Braff a récolté plus de 3 millions de dollars pour son film « Wish I Was Here » sur la plate-forme Kickstarter. Une société de production a ensuite complété le budget pour un total de 10 millions de dollars. La série télévisée « Veronica Mars » a également récolté plus de 5 millions de dollars pour une adaptation sur grand écran.

Braff, qui a également joué dans la série à succès « Scrubs », a ensuite été critiqué pour avoir demandé à ses fans de contribuer au lieu d’utiliser son propre argent. Shapira, en revanche, a écrit dans son message qu’il espère trouver un moyen pour que ceux qui contribuent « reçoivent une partie des bénéfices des ventes futures aux réseaux en Israël et à l’étranger ».

Weiss a déclaré qu’une piste possible pour Shapira serait de se tourner vers les fondations caritatives qui soutiennent les arts israéliens. Mais elle a également déclaré qu’ironiquement, le succès de Srugim peut avoir rendu plus difficile pour Shapira le financement d’un projet similaire.

« Parfois, lorsque vous créez quelque chose de si révolutionnaire, et que tout le monde le copie, lorsque vous essayez de le refaire, les gens n’en voient pas la nécessité », a-t-elle déclaré. « Je me demande si c’est ce qui s’est passé ici ».

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