Le département d’État confirme que Komemiyut n’est pas un groupe terroriste
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Le département d’État confirme que Komemiyut n’est pas un groupe terroriste

Komemiyut, un groupe fondé par David Friedman après le retrait du Gush Katif, partage le même nom qu'un groupe extrémiste interdit fondé par Meir Kahane

L'ambassadeur américain en Israël David Friedman assiste à la réunion pour les relations israélo-américaines à la Knesset le 25 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
L'ambassadeur américain en Israël David Friedman assiste à la réunion pour les relations israélo-américaines à la Knesset le 25 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

WASHINGTON (JTA) — Un groupe qui avait obtenu de l’argent de la part d’un organisme caritatif dirigé à l’époque par David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël, n’est pas le même qu’un groupe du même nom apparaissant sur la liste des groupes terroristes du département d’Etat, a indiqué un responsable américain.

L’instance pro-implantation dont Friedman avait été à la tête de 2011 à 2017 lorsqu’il était devenu ambassadeur, l’organisation « l’American Friends of Bet El Yeshiva Center », a donné environ 12 000 dollars à un groupe nommé Komemiyut en 2013.

Komemiyut a le même nom qu’un autre groupe établi dans les années 1990 par des militants associés à Kach, le groupe extrémiste fondé par feu le rabbin Meir Kahane. Même si le nom Komemiyut apparaît sur la liste des groupes terroristes écrite en 2016 par le département d’Etat, les deux groupes ne sont pas les mêmes, selon un responsable du département d’Etat.

« Sur la base de nos recherches, le mouvement qui existe par ce nom n’est pas désigné », a déclaré un responsable, se référant à Komemiyut. « C’était l’ancien mouvement qui était désigné » comme organisation terroriste », a dit l’officiel.

Il a expliqué au JTA qu’il ne pouvait pas dire si le nom de Komemiyut serait supprimé de la prochaine liste afin d’éviter la confusion.

Le groupe actuel nommé Komemiyut (« souveraineté ») avait été fondé en 2006 par un groupe de rabbins et des activistes d’extrême-droite insatisfaits du retrait d’Israël de la bande de Gaza en 2005. Sa mission était d’empêcher d’autres évacuations d’implantations. Il avait également embrassé certaines positions associées à l’extrême-droite, avec notamment des pressions exercées sur des propriétaires juifs pour qu’ils ne louent pas à des arabes, et la défense d’implantations considérées comme illégales par le gouvernement israélien.

Le groupe du même nom apparaissant sur la liste des groupes terroristes du département d’Etat depuis 1999 avait été établi lors de l’interdiction, en 1994, du parti de Kahane, Kach, et de sa succursale Kahane Chai (littéralement ‘Kahane est vivant’). Komemiyut figure sur la liste des groupes terroristes du département d’Etat comme un alias de Kach et Kahane Chai, même si les fondateurs du premier disent qu’il est dormant depuis l’an 2000 environ.

Le département d’Etat a désigné Kach et ses dérivés comme groupes terroristes depuis 1997.

JTA avait fait savoir au début du mois que Friedman avait versé de l’argent à Komemiyut. Le directeur actuel de Komemiyut, Mussa Cohen, avait indiqué à JTA que le groupe actuel était le même que celui qui existait dans les années 1990. Il est revenu plus tard sur ses propos, disant qu’il avait mal compris la question, et JTA avait apporté un correctif.

Cohen a dit à JTA mercredi qu’il était heureux que le département d’Etat ait clarifié la distinction entre les deux groupes.

« Une inexactitude comme celle-ci soulève des questions sur la fiabilité du travail du département d’Etat », a-t-il confié dans un courriel.

Le Canada a également placé Komemiyut sur sa liste des groupes terroristes comme un alias de Kach et de Kahane Chai depuis 2005 et, plus récemment, en 2016. Un porte-parole de la sécurité publique du Canada n’a pas dit si Komemiyut devait être supprimé de la liste suivante, mais noté que la liste est sous révision constante.

« Tandis que le gouvernement du Canada ne peut dévoiler quelles entités sont considérées comme pouvant être inscrites dans la liste des groupes terroristes, nous pouvons vous assurer que l’évaluation des entités qui soutiennent et s’engagent dans le terrorisme est un processus continu », a déclaré Jean-Philippe Levert à JTA dans un courriel. « Ce processus comprend l’addition ou la suppression des entités, et des mises à jour pour refléter précisément les faux noms, les changements de nom et les fusions avec les autres entités inscrites ».

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