Le dernier Juif d’Afghanistan a finalement quitté le pays
Rechercher

Le dernier Juif d’Afghanistan a finalement quitté le pays

Zebulon Simantov a franchi la frontière avec l'aide d'un intermédiaire ultra-orthodoxe de Brooklyn et d'un homme d'affaires israélo-américain ; il veut aller à New York

Zebulon Simantov, dernier Juif d'Afghanistan, après sa fuite vers un pays voisin, à côté de l'un de ses sauveteurs, septembre 2021. (Capture d'écran : Kan)
Zebulon Simantov, dernier Juif d'Afghanistan, après sa fuite vers un pays voisin, à côté de l'un de ses sauveteurs, septembre 2021. (Capture d'écran : Kan)

Suite à la prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans qui a suivi le retrait total des forces américaines, le mois dernier, le dernier Juif qui se trouvait dans le pays a pris la fuite.

Pendant plus de cinq jours, Zebulon Simantov, 62 ans, et plus d’une vingtaine de femmes et d’enfants qui ont été pris en charge par un bus, ont traversé l’Afghanistan, ravagée par la guerre, et les checkpoints dressés par les talibans.

Il était accompagné de responsables locaux qui travaillent avec une compagnie privée de sécurité appartenant à Moti Kahana, un homme d’affaires israélo-américain.

Des images obtenues par la chaîne Kan donnent un aperçu du voyage périlleux entrepris par Zimantov.

Elles montrent Simantov et les enfants dans le bus en train de traverser un paysage aride. En arrière-fond, les voix de leurs accompagnateurs et sauveteurs se font entendre, disant qu’ils se trouvent à ce moment-là dans un secteur particulièrement dangereux.

Enfin, les images le montrent entouré des plus jeunes – dont le visage est flouté pour les protéger et pour protéger les familles restées dans le pays – après avoir traversé la frontière.

Cette opération a été financée par Moshe Margaretten, un ultra-orthodoxe américain dont la passion est de venir au secours des Juifs en péril.

Sur les images, Simantov déchiffre une carte en anglais et lit : « Je vous en prie, Moshe Margaretten, faites-moi venir à New York, avec l’aide de Dieu. »

Moti Kahana avait aidé, par le passé, des personnes à quitter la Syrie, ravagée par la guerre. Moshe Margaretten lui avait demandé de sortir Simantov du calvaire afghan – mais Kahana avait annoncé à Margaretten ce que de nombreux autres savaient déjà : que Simantov ne partirait pas en raison de son refus de longue date d’accorder le guet à son épouse israélienne – l’acte de divorce religieux – craignant le système juridique israélien qui sanctionne un tel refus.

Tandis que le porte-parole des talibans avait annoncé, au cours d’un entretien donné le mois dernier, que les nouveaux maîtres de l’Afghanistan laisseraient la vie sauve à Simantov, le dernier Juif du pays a pris peur suite à un attentat-suicide à la bombe commis par le groupe État islamique dans le cadre du retrait américain.

Zebulon Simantov, dernier Juif d’Afghanistan, fuyant le pays dans un bus, en septembre 2021. (Capture d’écran/Kan)

« Son problème, ce n’est pas les talibans, c’est l’État islamique, Al-Qaida… Dans son cas, il craint ces autres groupes qui sont en train de faire leur apparition », a affirmé Kahana au micro de Kan. « Il a peur d’eux. »

Simantov est une personnalité locale connue en Afghanistan. Les journalistes viennent régulièrement le voir et certains chauffeurs de taxi savaient précisément où il vivait à Kaboul, où un grand nombre de rues n’ont pas de nom.

Zebulon Simantov, dernier Juif d’Afghanistan, après sa fuite vers un pays voisin, en septembre 2021. (Capture d’écran : Kan)

Le mois dernier, après que Simantov a fait savoir qu’il souhaitait rester dans le pays, ceux qui étaient venus à son secours ont organisé l’évacuation de femmes dont la vie était menacée, avec parmi elles les joueuses de l’équipe nationale de football, ainsi que des juges et des procureures.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...