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Le festival de l’ancienne citadelle de Jérusalem, entre technologie, IA et art

Durant trois jours, l’événement Zero One [Zéro Un] évoquera les technologies d’aujourd’hui à travers diverses créations

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La musicienne Maayan Linik se produira au festival d’art numérique Zero One, au Musée de la Tour de David, du 11 au 13 novembre 2022 (Avec la permission d’Orna Kalgrad)
La musicienne Maayan Linik se produira au festival d’art numérique Zero One, au Musée de la Tour de David, du 11 au 13 novembre 2022 (Avec la permission d’Orna Kalgrad)

L’art et la technologie seront, ensemble, à l’honneur, la semaine prochaine, à l’occasion de Zero One, festival d’arts numériques qui se tiendra du 11 au 13 novembre prochain, dans le cadre du musée de la Tour de David, à Jérusalem.

À l’instar d’autres festivals de technologie artistique, ailleurs dans le monde, que ce soit le Mutek à Montréal ou le Sona + D à Barcelone, Zero One examinera les technologies d’aujourd’hui à travers le prisme de divers supports – œuvres d’art, performances, conférences et installations.

Le festival s’ouvrira vendredi prochain avec plusieurs performances musicales en direct de Radio Musrara, basée à l’école d’art Musrara de Jérusalem, dont est diplômé le co-directeur du festival, Yair Moss, et qui s’affirme comme un haut-lieu de la technologie artistique.

Au programme samedi soir, des performances d’artistes numériques venus d’Autriche, de France, des Pays-Bas, de Croatie mais aussi d’Israël, mêlant intelligence artificielle, big data, musique numérique et musique instrumentale acoustique en direct, pour une expérience immersive en plein air.

Ce soir-là, le Français Mathieu Le Sourd, artiste numérique, et le violoncelliste, compositeur et producteur néerlandais Maarten Vos présenteront « Erratic Weather [NDLT : Météo changeante] », création faite de données multi-sources – dont celles issues de cyclones, typhons et orages -, offrant un rendu sonore et visuel de ces phénomènes météorologiques extrêmes.

Il s’agit d’une expérience visuelle et audio de 45 minutes diffusée sur un écran géant qui exige toute l’attention du public. Moss met l’accent sur les sentiments et les questions dérangeantes que véhicule ce spectacle.


 
Dimanche, l’approche sera plus académique, avec des conférences et des performances qui questionneront le rôle de l’intelligence artificielle dans le monde de l’art.

(L’une de ces conférences se tiendra en anglais et sera disponible en ligne.)

« J’aimerais que le public réfléchisse aux technologies, à l’hybridation entre humanité et technologie, à la façon dont nous les utilisons dans notre vie », explique Moss.

« Sommes-nous en train de créer une culture numérique saine ou ces technologies – Google, les courriers électroniques, l’intelligence artificielle – sont-elles nuisibles ? »

Yair Moss (à gauche) avec sa partenaire de vie et de travail, Danielle Zini. Tous deux codirigent le festival d’arts numériques Zero One au Musée de la Tour de David, du 11 au 13 novembre 2022 (Avec la permission de Yair Moss / Danielle Zini)

L’idée de ce festival vient de ses co-directeurs artistiques, Moss et Danielle Zini, partenaires dans la vie comme dans le travail.

Ils ont été les premiers à vouloir parler de l’imbrication de l’art et de la technologie, vue dans des festivals européens.

Tous deux sont diplômés de l’Académie Bezalel des Arts et du Design.

Moss a également étudié les arts audiovisuels aux Pays-Bas et est titulaire d’une maîtrise de l’Université Reichman, où il a mis l’accent sur les différents types de technologie et les concepteurs UX, dont « il a voulu croiser les approches ».

Israël est une grande nation technologique, souligne Moss, mais la technologie est finalement peu utilisée par la scène artistique locale, ce que Zini a du mal à comprendre.

Tous deux veulent mettre la technologie au service d’expériences créatives et le festival se veut être une plate-forme de cette recherche, explique Moss, avec des performances et de l’art visuel dont il espère qu’ils « ouvriront l’esprit du public ».

Tenir ce festival dans l’ancienne Tour de David est un clin d’œil aux traditions et à des formes de connaissances plus anciennes, ajoute Moss.

« Cela me donne de l’inspiration pour créer de nouvelles choses », conclut-il.

« Quelle était la vision des hommes de l’ancien monde ? »

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