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Le fils de Noam Raz à Bennett : « Vous êtes autant responsable que le terroriste »

Accueil glacial pour Bennett de la part de la famille en deuil de l’agent antiterroriste tué la semaine dernière par un Palestinien ; Netanyahu a été accueilli chaleureusement

Le Premier ministre Naftali Bennett (dos à la caméra) présente ses condoléances à la famille du sergent-major Noam Raz, un agent de police antiterroriste tué la semaine dernière par un Palestinien armé, le 18 mai 2022 (Crédit : Autorisation).
Le Premier ministre Naftali Bennett (dos à la caméra) présente ses condoléances à la famille du sergent-major Noam Raz, un agent de police antiterroriste tué la semaine dernière par un Palestinien armé, le 18 mai 2022 (Crédit : Autorisation).

La famille d’un agent antiterroriste tué la semaine dernière par un tireur palestinien a reproché au Premier ministre Naftali Bennett sa politique en matière de sécurité lorsque ce dernier s’est rendu au domicile de la famille endeuillée pour leur présenter ses condoléances.

L’inclusion du parti politique islamiste Raam dans le gouvernement dirigé par M. Bennett a suscité de nombreuses attaques de la part de l’opposition de droite, qui affirme que le gouvernement ne peut pas prendre les strictes mesures nécessaires pour éradiquer le terrorisme, car celles-ci provoqueraient le départ de Raam.

Le fils aîné du sergent-major Noam Raz, Beeri, a déclaré à Bennett qu’il en voulait autant au Premier ministre qu’au tireur qui a abattu son père vendredi lors d’une fusillade dans la ville de Jénine en Cisjordanie.

Bennett a visité l’implantation de Kida, où la famille Raz observait une semaine de deuil pour Raz, conformément à la coutume juive.

« Je ne sais pas comment vous pouvez vous regarder dans le miroir », a déclaré Beeri Raz à Bennett, selon la presse israélienne. « Vous êtes aussi responsable que le terroriste … Vous ne méritez pas de vous trouver dans la maison dans laquelle a vécu mon père. »

« Vous n’êtes qu’une personne de paroles, zéro action », a ajouté Beeri. « Vous et le gouvernement détruisez tout ce que font les troupes sur le terrain. »

La veuve de Raz, Efrat, a également critiqué Bennett, disant au Premier ministre : « Rappelez-vous qui vous êtes, ce que vous êtes, et pourquoi. »

La sœur de Raz a déclaré qu’elle avait l’impression que le pays manquait de fierté juive, ajoutant qu’elle « ne peut pas me promener en voiture et agiter un drapeau israélien pendant notre Yom HaAtsmaout… Avant, un Premier ministre était une source de fierté. Je vous respecte, mais je ne ressens pas [de fierté] à votre égard », a-t-elle dit à Bennett.

Bennett a par la suite écrit sur Twitter que « la famille d’un héros israélien a le droit de m’exprimer tout ce qu’elle a sur le cœur, et mon devoir est de l’écouter ».

Une manifestation avait été prévue contre Bennett à l’entrée de l’implantation par des militants de droite et des résidents locaux, mais le Premier ministre a avancé son arrivée d’une heure, esquivant la protestation.

Les manifestants se sont rassemblés à l’extérieur de la maison des Raz pendant que Bennett était à l’intérieur pour une visite qui a duré environ une heure.

Alors que Bennett quittait la maison des Raz, les manifestants l’ont accosté, le traitant de « menteur » et « d’escroc », a rapporté la chaîne Kan.

L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a été évincé du pouvoir par Bennett l’année dernière, a également visité la maison des Raz, arrivant peu après le départ du Premier ministre. Il a reçu un accueil chaleureux de la part de la famille.

L’un des fils de Raz a dit à Netanyahu de « déjà revenir et de faire le nécessaire pour qu’il n’y ait pas d’autres victimes de meurtre », selon le site INN.

Le Sgt. Maj. Noam Raz, 47 ans, commando de police tué dans une opération à Jénine le 13 mai 2022 (Crédit : Police)

Raz, 47 ans, un officier vétéran de l’unité d’élite Yamam de lutte contre le terrorisme, a été enterré dimanche dans la section de la police du Mont Herzl à Jérusalem. Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles. La famille Raz avait demandé que la presse ne soit pas admise.

Lors des funérailles, l’un des fils de Raz s’est levé pour faire l’éloge de son père, mais a ensuite déclaré qu’il ne pouvait rien dire en présence du ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, et il a posé le micro.

Un autre fils de Raz a regretté, lors des funérailles, qu’il n’y ait pas eu d’action israélienne plus ferme dans la région de Jénine pour éviter de mettre en danger les troupes qui ont participé au raid.

Raz a été touché par des tirs lors d’un raid sur les maisons de présumés terroristes vendredi. Il a été transporté à l’hôpital Rambam de Haïfa, où les secouristes ont déclaré qu’il était arrivé dans un état critique. Ils ont déployé des efforts prolongés pour le réanimer, mais il présentait des blessures complexes sur la partie supérieure du corps et ils ont finalement été contraints de prononcer son décès.

C’était un membre fondateur et un résident de l’implantation de Kida en Cisjordanie. Il laisse derrière lui sa femme, Efrat, et six enfants.

Bennett est à la tête d’un ensemble hétéroclite de huit partis de la gauche, du centre et de la droite de la politique israélienne, et de Raam. Yamina, le parti du Premier ministre, s’est attiré les critiques de ses adversaires de droite qui lui reprochent de ne pas avoir respecté le programme nationaliste de sa campagne électorale.

Bien que le parti ait remporté sept sièges aux élections, un élu de Yamina, Amichai Chikli, a refusé de soutenir le gouvernement et a depuis été exclu du parti comme renégat. Au mois d’avril, la députée Idit Silman a démissionné du gouvernement, mais pas de la Knesset ni de son parti, déclarant que le gouvernement « nuisait » à l’identité juive d’Israël.

Elle a depuis appelé ses collègues de la coalition et de Yamina « à exprimer la position de la majorité du public israélien et à établir un gouvernement national sioniste au sein de cette Knesset ».

Sa démission a mis fin à la majorité du gouvernement au Parlement, le laissant avec seulement 60 sièges, soit autant que l’opposition.

Idit Silman, député du parti Yamina, préside une réunion de la commission des arrangements de la Knesset le 8 novembre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Plus tôt cette semaine, lors d’un débat à la Knesset, Netanyahu, faisant apparemment référence à la récente vague d’attaques terroristes, a déclaré : « C’est une conséquence de la faiblesse de ce gouvernement fourbe. »

« Tout à coup, nos ennemis n’ont plus peur. Ils sentent votre faiblesse et votre inutilité », a ajouté Netanyahu, accusant le gouvernement de compter pour son existence « sur ceux qui rejetteraient l’existence de l’État juif. »

Le leader de Raam, le député Mansour Abbas, a dénoncé à plusieurs reprises le terrorisme et a fait remarquer qu’avant la formation de cette coalition, il avait eu des entretiens avec Netanyahu qui lui avait demandé son soutien à un éventuel gouvernement dirigé par lui. Netanyahu a minimisé l’importance de ces discussions et a nié qu’elles étaient liées à la formation de la coalition.

En décembre, Abbas a prononcé un discours suggérant que le statut d’Israël en tant qu’État juif ne pouvait être modifié et que les Arabes israéliens feraient mieux de suivre son approche pragmatique plutôt que d’essayer de remettre en question l’identité du pays.

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