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Le financement public des campagnes des partis augmentera d’environ 30 M de shekels

Coalition et partis d’opposition se sont accordés sur un relèvement du financement des partis, avec en perspective de possibles élections, les cinquièmes en 3 ans et demi

Le Premier ministre Naftali Bennett avec des députés, lors d’un vote d'un projet de loi visant à dissoudre la Knesset, à Jérusalem, le 27 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett avec des députés, lors d’un vote d'un projet de loi visant à dissoudre la Knesset, à Jérusalem, le 27 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le financement public de la prochaine campagne électorale augmentera de l’ordre de 30 millions de shekels, suite à l’accord trouvé par les membres de la Knesset -coalition et opposition confondues- lundi soir. Les partis politiques disposeront de davantage de fonds pour tenter de convaincre le corps électoral, à l’approche des cinquièmes élections nationales en l’espace de trois ans et demi.

La décision a été prise lundi, quelques heures avant que les députés n’adoptent en premier lecture le projet de loi visant à dissoudre la 24e Knesset d’Israël aux premières heures, mardi matin.

Députés de la coalition et de l’opposition ont passé toute la journée de lundi à débattre de questions telles que la date des prochaines élections nationales et les textes de loi adoptés avant la dissolution du Parlement, ou encore le relèvement du financement public de la campagne.

Par ailleurs, des membres de l’opposition ont tenté de réunir des voix pour former, sans passer par les urnes, une nouvelle coalition avec à sa tête l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il s’agit d’un projet de longue haleine, mais certains députés de l’opposition, parmi lesquels le chef du parti Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, se sont donnés pour mission de la mettre en place d’une manière ou d’une autre, et la coalition, de les en empêcher.

Les lectures finales du projet de loi de dispersion de la Knesset auront lieu d’ici mercredi.

Une fois le projet de loi adopté, le Premier ministre Naftali Bennett passera la main au ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, qui occupera le poste de Premier ministre par intérim jusqu’aux élections et à la formation d’un nouveau gouvernement.

Passants devant un panneau d’affichage électoral pour le parti Likud, donnant à voir un portrait de son chef, Benjamin Netanyahu, à Ramat Gan, Israël, 21 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Selon les informations parues dans la presse israélienne, la campagne en vue du relèvement du financement public aurait été menée par le Likud, plus important parti de la Knesset et sans doute principal bénéficiaire. Tous les partis politiques recevront des fonds supplémentaires.

Le montant du financement public alloué aux partis politiques se fonde sur des « unités de financement » régulièrement réévaluées en fonction de l’inflation et dont la taille est déterminée par un comité dirigé par un juge.

Les partis se voient attribuer un certain nombre d’unités correspondant au nombre de sièges remportés lors de la dernière élection, auquel s’ajoute le nombre de sièges remportés lors de la suivante. Le financement total est alloué a posteriori et les partis doivent compter sur des dons ou des prêts basés sur les résultats prévus, plus une unité supplémentaire.

Les partis qui remportent plus de 1 % des voix obtiennent au moins une unité, même s’ils ne franchissent pas le seuil électoral et ne remportent au final aucun siège.

En 2020, l’unité de financement s’élevait à environ 1,4 million de shekels par membre de la Knesset, lorsque les députés ont décidé de relever le financement public de 60 millions de shekels au moment où la 22e Knesset d’Israël était dissoute, préambule aux troisièmes élections depuis 2019.

Les députés étaient parvenus à s’octroyer une hausse du financement public en vue des élections de mars 2020, en introduisant un amendement temporaire à la loi sur le financement des partis politiques ayant pour effet de multiplier le nombre de sièges remportés et anticipés par 1,31 afin d’établir le nombre d’« unités de financement » pour chaque parti. L’amendement a également porté le montant du financement supplémentaire d’une unité, perçue quel que soit le nombre de sièges remporté par le parti, à 1,81 unité.

La nouvelle hausse du financement public des partis aura pour effet d’augmenter les unités de financement à 1,66 million de shekels pour le scrutin à venir, le cinquième que connaîtra le pays depuis 2019.

Coalition et opposition ont annoncé, lundi soir, être parvenues à un accord sur la date des élections, qui auront lieu le 25 octobre ou le 1er novembre.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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