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Le gouvernement égyptien appelé à modifier son projet de loi antiterroriste

Le Conseil suprême de la justice ne remet pas en cause les dispositions sur la liberté de la presse

La fumée s'élevant du nord du Sinaï, en Egypte, comme on le voit à partir de la frontière de la bande de Gaza, le 1er juillet 2015, au milieu de violents affrontements entre les forces gouvernementales et des hommes armés affiliés à l'Etat islamique. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)
La fumée s'élevant du nord du Sinaï, en Egypte, comme on le voit à partir de la frontière de la bande de Gaza, le 1er juillet 2015, au milieu de violents affrontements entre les forces gouvernementales et des hommes armés affiliés à l'Etat islamique. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)

Un organe judiciaire égyptien a demandé au gouvernement de modifier certaines dispositions de son projet de loi antiterroriste mais pas l’un des points les plus controversés, qui touche à la liberté de la presse, ont indiqué lundi des responsables et des médias.

Le Conseil suprême de la justice n’a pas remis en question la disposition qui permet aux autorités de prendre des mesures légales contre les journalistes donnant des bilans d’attentats en contradiction avec les communiqués officiels, infraction passible d’un minimum de deux ans de prison.

La plus haute autorité judiciaire d’Egypte a toutefois exigé des aménagements pour une mesure créant des tribunaux antiterroristes spéciaux, ainsi que pour une disposition ne rendant pas obligatoire la présence à son procès d’un accusé en détention.

Ce projet de loi a été conçu dans la foulée des attaques coordonnées d’un groupe armé égyptien lié à l’organisation Etat islamique (EI) visant des forces de sécurité dans le Nord-Sinaï, qui ont ensuite entraîné de violents combats entre l’armée et ces djihadistes.

L’armée a dit que 21 soldats avaient été tués dans ces attaques, mais des médias avaient rapporté des bilans plus élevés en citant des responsables de la sécurité.

Le gouvernement pourrait faire les changements demandés dès lundi, selon un responsable. Il a toutefois précisé que les critiques de groupes de défense des droits de l’Homme et du syndicat égyptien de la presse concernant l’article sur la couverture médiatique des attaques étaient une « réaction exagérée ».

« Il y a beaucoup de garde-fous » dans ce texte, qui prévoit que « la fausse information soit rapportée intentionnellement, avec malveillance », pour pouvoir être appliqué, a-t-il assuré.

Depuis deux ans, le gouvernement est accusé de vouloir museler la liberté de la presse.

Selon le Committee to Protect Journalists (CPJ), au moins 18 journalistes, essentiellement accusés d’appartenir à la confrérie islamiste des Frères musulmans, dont est issu l’ancien président élu Mohamed Morsi, étaient emprisonnés au 1er juin en Egypte.

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