Le gouvernement n’entend pas les appels d’une ONG pour enfants sourds
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Le gouvernement n’entend pas les appels d’une ONG pour enfants sourds

L'organisation Shema affirme que si elle n'obtient pas plus de fonds du ministère de l'Assistance publique, elle ne pourra plus fonctionner

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Plusieurs organisations représentant des sourds et malentendants en Israël en train de manifester le 30 décembre 2012 à Tel Aviv (Crédit : Tali Mayer / Flash90)
Plusieurs organisations représentant des sourds et malentendants en Israël en train de manifester le 30 décembre 2012 à Tel Aviv (Crédit : Tali Mayer / Flash90)

Une ONG à but non lucratif qui propose des services sociaux pour les enfants et les adolescents israéliens sourds et malentendants a annoncé qu’elle est sur le point de s’effondrer après que le ministère de l’Assistance publique a réduit son financement et évité les efforts du gouvernement pour rétablir son budget initial.

Le Centre Shema pour les sourds et les malentendants, fondé en 1968, a manifesté à Tel Aviv, jeudi, pour protester contre le refus du ministère d’augmenter son financement.

Une lettre ouverte d’Arik Meir, le directeur de l’organisation, publiée par le site Ynet cette semaine affirmait que les ministères de l’Assistance publique et de l’Education ont ignoré les instructions d’un législateur qui demandait d’augmenter le budget suite à une réunion d’une commission de la Knesset, en juillet 2015. Les tentatives ultérieures pour planifier des réunions avec des responsables du ministère de l’Assistance publique pour résoudre le problème sont restées lettre morte, a-t-il poursuivi.

« Il est regrettable que nous ayons atteint un tel stade mais si nous ne recevons pas d’aide et ne trouvons pas une solution immédiate à la situation, nous serons contraints de fermer l’organisation, avec tristesse et avec beaucoup de douleur, » écrivait-il dans la lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Je suis très attristé que les enfants soient les seuls blessés [ici] et que l’Etat ne le voie pas ».

Selon Meir, l’organisation aide des centaines de jeunes âgés de 6 à 21 ans. Son budget en 2015 était de 5,2 millions de shekels, avec seulement 7,5 % de cette somme provenant de dons.

L’organisation forme également les enseignants sur la manière de faciliter l’apprentissage des enfants malentendants dans les salles de classe et fournit d’autres services à ces enfants et à leurs parents.

L’année dernière, Haaretz a rapporté que le gouvernement a réduit le budget de Shema d’environ 30 % (qui est passé de 580 000 shekels en 2013 à 400 000 shekels en 2015), menant à une dette d’un million de shekels le mois dernier.

Mais cette semaine, le ministère de l’Assistance publique a minimisé l’importance de cette organisation, affirmant qu’elle proposait un traitement à seulement 65 enfants israéliens.

« L’organisation à but non lucratif, Shema, n’est pas la seule organisation qui traite avec les sourds et les malentendants », a-t-il affirmé dans une déclaration.

« Le ministère de l’Assistance publique met un accent particulier sur le traitement de ces populations et a donc de nombreux programmes pour elles. Simplement au cours de l’année passée, le ministère a multiplié les budgets de diverses organisations, y compris celui de Shema ».

Le ministère a indiqué que son budget global pour l’aide aux sourds a été de 35 millions de shekels mais a affirmé que le « champ d’activités [de Shema] est très limité (traite seulement 65 enfants) et il ne cherche pas à changer cela ».

Le ministère a indiqué qu’il ne pouvait pas augmenter le budget de Shema car il doit allouer les ressources de façon égale entre les organisations.

Shema, en réponse, a nié le fait qu’elle ne traite que 65 enfants et a affirmé qu’elle est la seule organisation en Israël à aider les enfants et les adolescents sourds dans cette tranche d’âge, à l’exception des malentendants dans la communauté ultra-orthodoxe, qui a ses propres organisations.

Elle a déclaré que 130 enfants, qui viennent de tout le pays, sont « actifs dans nos cadres » et des centaines d’autres enfants, des adolescents et leurs parents bénéficient de ces services.

« Par conséquent, la manière dont le ministère est arrivé aux chiffres qu’il a présentés (seulement 65 enfants) n’est pas claire pour nous », a-t-elle indiqué.

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