Le Hamas a jusqu’à la fin de la semaine pour accepter le plan de désarmement – sources
Nickolay Mladenov est bien décidé à faire avancer la phase de reconstruction du plan Trump, mais le Hamas et Israël sont peu susceptibles de coopérer, selon un diplomate

Le Conseil de Paix a donné au groupe terroriste palestinien du Hamas jusqu’à la fin de la semaine pour accepter la proposition de désarmement : l’organe international dirigé par les États-Unis et chargé de superviser la bande de Gaza dans la période d’après-guerre est bien décidé à faire avancer la reconstruction, malgré la poursuite de la guerre, ont déclaré lundi au Times of Israel trois sources proches du dossier.
Vendredi dernier, c’est au Caire que le Haut Représentant du Conseil de Paix, Nickolay Mladenov, s’est entretenu avec une délégation de hauts responsables du Hamas et que le groupe terroriste a été informé que le comité de surveillance de Gaza souhaitait finaliser un accord de désarmement d’ici la fin de la semaine, ont déclaré deux diplomates arabes et une troisième source, confirmant, sous couvert d’anonymat, une information du New York Times.
Selon ces sources, il serait toujours possible d’apporter des amendements mineurs à la demande du Hamas, mais pas au-delà.
Mladenov est convaincu qu’il est possible de passer ä la deuxième phase du plan en vingt points du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre de Gaza, a déclaré l’un des diplomates arabes, tout en reconnaissant que les pays médiateurs du Moyen-Orient, à savoir l’Égypte, le Qatar et la Turquie ne partageaient pas son optimisme.
Les médiateurs pressent le Hamas d’accepter cette offre de désarmement soutenue par les États-Unis, mais il est peu probable que le groupe terroriste « dise ‘oui’ sans réserves significatives », estime le diplomate arabe, originaire de l’un des pays médiateurs.
« Quand bien même il le ferait, il est peu probable qu’Israël soit d’accord », ajoute le diplomate, estimant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne permettra pas un retrait supplémentaire de Gaza en pleine année électorale, alors que ses partenaires de coalition continuent de plaider en faveur du maintien d’une présence israélienne permanente dans l’enclave.
Lors de la réunion de vendredi dernier au Caire, les responsables du Hamas n’ont pas totalement rejeté la proposition de désarmement que Mladenov leur avait présentée le mois dernier, a souligné le diplomate arabe.
Cependant, ils ont mis en avant ce qu’ils ont qualifié de non-respect par Israël de la première phase du plan Trump, évoquant notamment l’ouverture limitée du passage de Rafah, le faible nombre de camions d’aide entrés à Gaza, les frappes répétées de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, ainsi que les efforts de Jérusalem pour repousser la « Ligne jaune » de cessez-le-feu – et ainsi agrandir la partie est sous contrôle israélien.
Israël a mis plusieurs mois à rouvrir le poste-frontière de Rafah, suite au cessez-le-feu d’octobre dernier, et a limité à 50 le nombre de passagers autorisés à entrer ou à sortir dans chaque sens, avant de le refermer pendant les trois premières semaines de la guerre en Iran. Depuis le début de ce dernier conflit, le nombre de camions d’aide autorisés à entrer chaque jour dans la bande de Gaza est tombé en deçà des 600 exigés par les termes du cessez-le-feu.
Israël ne cache pas avoir mené des frappes au cœur de Gaza, des frappes visant les terroristes du Hamas qui avaient violé le cessez-le-feu ou attaqué les soldats de Tsahal.
Mladenov a évoqué certaines de ces questions avec les autorités israéliennes, ces derniers jours, assure le diplomate arabe, notant que le nombre de camions d’aide a commencé à remonter, mais que d’autres infractions présumées restent à régler.
Le Haut Représentant du Conseil de Paix doit se réunir avec des responsables du Hamas au Caire, mardi, ajoutent le diplomate arabe et une source proche du dossier.
La date butoir imposée au Hamas, ces derniers jours, s’explique par l’absence de réponse du groupe terroriste à la proposition reçue il y a de cela près de quatre semaines.
Cette offre prévoit la destruction des tunnels du Hamas à Gaza et son désarmement progressif.
Le plan, partiellement divulgué aux médias, s’étale sur huit mois : il commence par la réunion d’un comité de technocrates palestiniens soutenu par le Conseil de Paix et chargé de prendre le contrôle sécuritaire de Gaza et se conclut par le retrait total des troupes israéliennes après « vérification que Gaza est exempte d’armement ».
La reconstruction de Gaza dépend donc de l’accord du Hamas pour se désarmer. Mladenov a en effet indiqué la semaine dernière, dans un tweet sibyllin, qu’il y aurait des conséquences en cas de non-ralliement du groupe terroriste palestinien.
« Celui qui ne traverse pas la rivière se noie dans la mer », a-t-il écrit sur le réseau social X.
Selon les informations dont on dispose, le plan se compose de deux parties : un document de douze points intitulé « Étapes pour achever la mise en œuvre du plan de paix global de Trump pour Gaza » et un calendrier de cinq étapes durant lesquelles le Hamas aura huit mois pour se désarmer.
Le document indique que toutes les factions armées à Gaza, y compris les groupes terroristes comme le Jihad islamique palestinien, prendront part au processus de désarmement supervisé par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG).
« Gaza sera gouvernée par une autorité unique, un droit unique, une force armée unique : seules les personnes autorisées par le [NCAG] pourront posséder des armes, et toutes les factions armées cesseront leurs activités militaires », indique le document.
Le processus de désarmement sera « vérifié par le Comité de vérification de la collecte des armes », un organe qui sera mis en place par Mladenov.
La reconstruction ne sera autorisée que dans les zones désignées comme démilitarisées, peut-on lire dans le document.
Selon le calendrier du plan, la première phase, d’une durée de 15 jours, doit permettre au NCAG de prendre le contrôle de la sécurité et de l’administration de Gaza et d’entamer les démarches préparatoires à la collecte des armes.
Lors de la deuxième phase, qui s’étalera du 16ᵉ au 40ᵉ jour, Israël devra retirer toutes les armes lourdes des zones sous son contrôle, y compris l’artillerie lourde et les chars, et la Force internationale de stabilisation (ISF) prendra le relais.
La troisième phase, du 30ᵉ au 90ᵉ jour, sera la plus intense, avec la remise au NCAG de toutes les armes lourdes et équipements « militaires » du Hamas, ainsi que la « destruction de tous les tunnels, explosifs et infrastructures militaires ».
Pendant la quatrième phase, qui durera du 91ᵉ au 250ᵉ jour, les forces de police du NCAG récupéreront et enregistreront toutes les armes restantes, y compris les armes à feu et les fusils. Les troupes israéliennes commenceront à se retirer par étapes.
La cinquième étape est présentée comme une « vérification ultime » du désarmement, durant laquelle « l’armée israélienne se retirera totalement de Gaza, à l’exception d’un périmètre de sécurité, sur fond de reconstruction globale ».
Reuters a contribué à cet article.
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