Le Hamas en état d’alerte à Gaza après deux attaques contre leurs policiers
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Le Hamas en état d’alerte à Gaza après deux attaques contre leurs policiers

Il y a eu trois morts et trois blessés lors de ces deux explosions à des checkpoints. Le Hamas a ouvert une enquête et mobilisé les forces de sécurité

Des Palestiniens sur le site d'une explosion survenue à un poste de contrôle de la police à Gaza City, le 27 août 2019 (Crédit :  MAHMUD HAMS / AFP)
Des Palestiniens sur le site d'une explosion survenue à un poste de contrôle de la police à Gaza City, le 27 août 2019 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Au moins trois policiers palestiniens ont été tués et trois autres blessés lors de deux explosions qui ont ciblé des checkpoints dressés par les forces de l’ordre gazaouies aux abords de Gaza City, dans la soirée de mardi, selon le groupe terroriste palestinien du Hamas.

L’armée israélienne a démenti son implication dans ces explosions, disant qu’elle « n’avait pas connaissance d’éventuelles frappes » à Gaza.

Le ministère de l’Intérieur de l’enclave côtière, placé sous l’autorité du Hamas, a expliqué que la première explosion était survenue aux abords d’un poste de contrôle dressé par la police au sud de Gaza City.

« Des membres des forces de police sont tombés en martyrs après une explosion à proximité d’un checkpoint au carrefour de Dahdouh », a fait savoir le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Iyad al-Bozm.

Selon le ministère de la Santé de la bande, trois personnes ont été tuées dans cette explosion. Le ministère en a, dans un premier temps, attribué la responsabilité à Israël mais il s’est ensuite rétracté.

Les victimes s’appelaient Salameh al-Nadim, 32 ans, Wael Khalifa, 45 ans et Alaa al-Gharbali, 32 ans. Ils étaient tous les trois agents de la circulation.

Quelques minutes plus tard, une autre explosion a eu lieu à un deuxième barrage routier qui avait été installé à l’ouest de Gaza City, blessant trois personnes, a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Leur état de santé reste indéterminé.

« Les forces de sécurité et notamment la police mènent actuellement des enquêtes sur les deux sites des explosions », a-t-il ajouté.

Le Hamas a placé toutes ses forces en état d’alerte élevé.

« La mobilisation de toutes les forces de police et de sécurité a été instaurée pour assurer le suivi des événements suite à ces deux explosions », a dit al-Bozm.

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a appelé la population à faire preuve de patience le temps de l’enquête et à ne pas laisser les rumeurs se propager.

« Les attentats visent à saper la stabilité de Gaza et ne servent que les intérêts d’Israël », a affirmé Haniyeh.

« La situation sera rapidement éclaircie pour la population à laquelle nous recommandons, comme nous le faisons régulièrement, de conserver son sang-froid, en particulier dans la mesure où nous sommes soutenus par des forces de sécurité solides capables de faire face aux circonstances et de les gérer de manière rigoureuse et avisée », a-t-il dit.

« Nous devons soutenir nos forces de sécurité dans le rétablissement de la sécurité et de l’ordre », a-t-il continué.

Des Palestiniens regardent des taches de sang sur le sol après une attaque commise près d’un checkpoint de police à Gaza City, le 27 août 2019 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Tawfiq Abu Naim, chef des forces de sécurité contrôlées par le Hamas au sein de l’enclave côtière, se trouve actuellement au Caire pour des pourparlers avec l’Egypte.

L’identité du ou des responsables de ces deux attaques reste encore indéterminée, mais les gouvernants de la bande répriment fréquemment les dissensions en raison de la situation économique difficile. Il y a également des tensions fréquentes avec des groupes salafistes extrémistes qui cherchent le conflit avec Israël.

Un communiqué émis par le ministère de l’Intérieur a qualifié les deux explosions « d’incidents isolés », déclarant que des informations initiales avaient été obtenues sur l’identité des attaquants, sans donner plus de détails.

« Nous assurons à la population que la situation sécuritaire est stable dans la bande de Gaza et nous affirmons que ces explosions suspectes – qui visent à entraîner à la confusion sur le territoire – sont des événements isolés qui n’auront pas d’impact sur la stabilité de la situation sécuritaire », a clamé le communiqué. « Les individus abjects qui ont commis ce crime n’échapperont pas à la sanction », a-t-il ajouté.

Ces explosions surviennent dans un climat de tensions accrues entre l’Etat juif et les groupes terroristes de la bande suite à une série de tirs de roquettes et à des tentatives d’attaques transfrontalières de la part de Palestiniens armés.

Mardi, quatre obus de mortier ont été tirés vers Israël. L’un d’entre eux a atterri dans le sud. Les militaires israéliens ont répondu en prenant pour cible un site du Hamas.

Dimanche soir, trois roquettes ont été lancées depuis Gaza vers le sud d’Israël, entraînant des dégâts mais aucun blessé, et envoyant le public qui assistait à un concert dans la ville de Sdérot à la recherche d’un abri.

Des frappes israéliennes ont eu lieu en riposte et lundi, le bureau militaire de liaison avec les Palestiniens avait plus tard annoncé une réduction des approvisionnements en carburant livrés à la seule centrale électrique de la bande.

Le dernier attentat-suicide dans la bande de Gaza a eu lieu le 17 août 2017 lorsqu’un kamikaze s’est fait exploser à un check-point tenu par le Hamas dans le sud du territoire, près de la frontière avec l’Egypte. Le mouvement avait alors interpellé des dizaines de salafistes présumés.

Le Hamas, mouvement islamiste issu des Frères musulmans qui exerce un pouvoir sans partage sur la bande de Gaza, est confronté depuis des années au défi représenté par la mouvance salafiste, et en particulier aux jihadistes au sein de cette dernière.

L’AFP a contribué à cet article.

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