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Analyse

Le Hamas en quête d’une nouvelle hiérarchie

La désignation d'un dirigeant se fera en consultant jusqu'aux terroristes détenus par Israël ; Les manifestations actuelles en Iran sont surveillées de près par le Hamas

Montage photos (de gauche à droite) des cinq membres de la direction du Hamas visés par Israël au Qatar le 9 septembre 2025 : Zaher Jabarin, Khaled Meshaal, Khalil al-Hayya, Mahmoud Ismaïl Darwish, Nizar Awadallah. (Crédits : Mahmud Hams/Louai Beshara/KHAMENEI.IR/AFP)
Montage photos (de gauche à droite) des cinq membres de la direction du Hamas visés par Israël au Qatar le 9 septembre 2025 : Zaher Jabarin, Khaled Meshaal, Khalil al-Hayya, Mahmoud Ismaïl Darwish, Nizar Awadallah. (Crédits : Mahmud Hams/Louai Beshara/KHAMENEI.IR/AFP)

Le Hamas prépare des élections internes dans les semaines à venir après des mois de direction collégiale, avec notamment pour objectif de s’assurer un rôle à l’avenir dans la bande de Gaza, transgressant ainsi l’un des éléments du plan plébiscité par Donald Trump

L’attaque du 7 octobre 2023 sur Israël par le mouvement islamiste palestinien a déclenché la guerre. Deux ans et demi plus tard, sa hiérarchie est décapitée et le territoire détruit, laissant 2,2 millions d’habitants dans des conditions humanitaires désastreuses.

Le cessez-le-feu avec Israël est en place depuis octobre à la suite de la pression américaine.

Le Hamas doit désormais définir sa stratégie à long terme. Un responsable a confirmé à l’AFP lundi que la désignation d’un dirigeant devait aboutir « dans les premiers mois de 2026 », en consultant jusqu’aux terroristes détenus par Israël.

Le processus inclut l’élection d’un Conseil de la Choura de 50 membres, dominé par des figures religieuses, avec des représentants du Hamas à Gaza, en Cisjordanie et à l’étranger.

La Choura, à son tour, élit tous les quatre ans les 18 membres du Bureau politique et son chef. « La date des élections n’est pas encore claire (…) compte tenu des circonstances », a précisé une autre source du Hamas proche du processus électoral.

L’organisation doit renouveler sa hiérarchie après la mort d’Ismaïl Haniyeh, chef politique abattu par Israël à Téhéran en juillet 2024. Idem pour Yahya Sinouar, tête pensante du 7-Octobre, tué en octobre de la même année à Rafah (sud de Gaza).

Depuis, le mouvement avait opté pour un Bureau politique restreint de cinq membres. « Le Hamas a adopté un modèle temporaire de direction collective pour atténuer l’effet de futures opérations d’assassinat israéliennes », estime le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).

Culture du secret

Malgré l’opacité des instances dirigeantes du mouvement, toutes les sources consultées par l’AFP évoquent deux favoris.

Khalil al-Hayya, 65 ans, « occupe des fonctions dirigeantes au sein du Hamas depuis au moins 2006 », selon la fiche que lui consacre l’ONG Counter-Extremism Project (CEP).

Originaire de Gaza, il est l’homme des négociations avec Israël via les médiateurs – Qatar, Egypte et Etats-Unis – et bénéficie du soutien de la branche armée, les brigades Ezzedine Al-Qassam.

Né en Cisjordanie, Khaled Meshaal, ancien chef du bureau politique, n’a jamais vécu à Gaza. Il a rejoint le mouvement au Koweït, avant de vivre en Jordanie, en Syrie puis au Qatar.

« Meshaal a supervisé la transformation du Hamas, d’une organisation exclusivement terroriste en une entité hybride, à la fois terroriste et politique », précise le CEP. A 69 ans, il dirige le bureau de la diaspora du mouvement.

Une troisième source du Hamas à Gaza a écarté « toute ingérence des pays arabes ou islamiques », défendant un processus « sans heurts, conforme aux règlements internes ».

Le Qatar a pourtant financé le fonctionnement de la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas depuis 2007. Et le mouvement, connu pour sa dépendance à l’égard de Téhéran, fait partie de « l’Axe du mal », avec notamment le Hezbollah libanais et les Houthis du Yémen.

Les manifestations actuelles en Iran sont à ce titre surveillées de près par le Hamas.

« C’est un moment critique pour sa survie politico-militaire, qui dépend autant de ses alliances régionales que de ses capacités à maintenir l’équilibre entre ses branches politique et militaire », assure David Khalfa, chercheur de la fondation Jean-Jaurès, à Paris.

« L’Iran reste un pilier stratégique de cet équilibre précaire. Un effondrement du régime iranien serait une catastrophe pour le Hamas ».

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