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Le Hamas ordonne la fermeture à Gaza de l’unique opérateur mobile

Cette décision pourrait signifier que la population de l'enclave côtière pourrait se retrouver sans lignes de téléphones mobiles

Téléphone mobile  (photo credit: Sophie Gordon/Flash 90)
Téléphone mobile (photo credit: Sophie Gordon/Flash 90)

Les autorités du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, ont annoncé vendredi avoir ordonné la fermeture des bureaux de l’unique compagnie de téléphonie mobile de l’enclave palestinienne, qu’elles accusent de fraude fiscale.

Selon des experts, cela pourrait signifier la cessation de toutes les activités mobiles dans l’enclave palestinienne où vivent 1,8 million d’habitants.

« Le procureur général Ismail Jabr a donné l’ordre de fermer le quartier général de la compagnie Jawwal, pour évasion fiscale », selon un communiqué de ses bureaux.

Le ministère public met aussi en garde tous les autres « fraudeurs fiscaux qui seront poursuivis avec fermeté ».

Aucune réaction de la compagnie n’était disponible dans l’immédiat, mais un responsable de Jawwal, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a assuré à l’AFP que « l’entreprise n’essaie d’échapper à aucune de ses factures ».

Selon l’économiste Omar Shaaban, il est probable que Jawwal ait payé ses taxes à l’Autorité palestinienne, au pouvoir en Cisjordanie, et non au Hamas, qui contrôle Gaza depuis 2007 et qui refuse d’en rendre les clefs en dépit d’un accord concolu en avril 2014.

« Il n’y a pas d’alternative à cette compagnie » a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première fois que le conflit qui se joue depuis 2007 entre le Fatah, laïque et modéré du président Mahmoud Abbas, et le Hamas, islamiste, porte sur des questions financières. En 2014, le Hamas avait fermé pendant plusieurs jours les banques de Gaza après une querelle portant sur les salaires des fonctionnaires.

Dans le cadre de la signature en avril 2014 d’un accord de réconciliation, en vertu duquel un gouvernement d’union a été formé, le Hamas et le Fatah devaient mettre leurs différends de côté et notamment remettre à l’Autorité palestinienne le prélèvement des taxes à Gaza.

Mais en refusant de payer les salaires des dizaines de milliers fonctionnaires du Hamas, l’Autorité palestinienne a porté un coup de semonce à la réconciliation.

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