Le jeune Gazaoui blessé alors qu’il attaquait des militaires amputé de sa jambe
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Le jeune Gazaoui blessé alors qu’il attaquait des militaires amputé de sa jambe

Abdel Rahman Nawfal, 12 ans, a été transféré en Cisjordanie pour y être soigné

Abdel Rahman Nawfal, 12 ans, à l'hôpital de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, après l'amputation de sa jambe suite à une blessure contractée durant les affrontements contre les forces israéliennes le long de la frontière entre Gaza et Israël, le 23 avril 2018 (Crédit :  . / AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Abdel Rahman Nawfal, 12 ans, à l'hôpital de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, après l'amputation de sa jambe suite à une blessure contractée durant les affrontements contre les forces israéliennes le long de la frontière entre Gaza et Israël, le 23 avril 2018 (Crédit : . / AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Les médecins ont amputé la jambe d’un jeune Palestinien qui avait jeté des pierres en direction des soldats israéliens et dont l’image était devenue virale après sa blessure par balles lors des émeutes survenues à la frontière avec Gaza.

Une image d’Abdel Rahman Nawfal, hurlant de douleur, avait été largement partagée sur les réseaux sociaux palestiniens et arabes la semaine dernière après qu’il a été touché par une balle à proximité de la clôture frontalière lors des manifestations organisées dans le cadre de « la marche du retour ».

La fusillade a eu lieu mardi au cours d’affrontements survenus le long de la frontière à l’est d’Al-Bureij, dans le centre de Gaza.

Il a été plus tard transféré de Gaza vers la Cisjordanie pour y être soigné mais les médecins ont été dans l’incapacité de sauver sa jambe.

Tentant de sourire, allongé sur son lit d’hôpital à Ramallah, Nawfal a indiqué qu’il était en train de jeter des pierres aux soldats qui se tenaient au bord de la frontière lorsqu’il a été blessé.

« Mes amis sont partis jeter des pierres à l’armée, à côté du camp d’Al-Bureij. Je suis allé avec eux et j’ai commencé à en jeter moi aussi », a-t-il confié à l’AFP. « Très vite après, j’ai ressenti la blessure ».

Pour quitter Gaza et se faire soigner en Cisjordanie, les Palestiniens doivent obtenir des permis d’Israël, une démarche difficile, selon les critiques.

Des manifestants palestiniens brûlent des drapeaux israéliens près de la barrière frontalière avec Israël, à l’est de Khan Yunis dans le sud de la ville de Gaza, le 13 avril 2018 (Crédit : AFP / Thomas Coex)

Les Palestiniens, à Gaza, se sont engagés dans des affrontements violents avec les soldats israéliens au cours des quatre derniers vendredis lors de manifestations qui ont fait 4 morts – selon le ministère de la Santé de Gaza, avec à sa tête le Hamas – notamment un jeune de 15 ans. L’armée israélienne a déclaré que l’adolescent avait tenté d’ouvrir une brèche dans la clôture frontalière.

Plusieurs milliers de personnes ont pris part au mouvement de protestation vendredi dernier – quatrième vendredi de manifestation. Un chiffre en baisse : ils avaient été 10 000 le troisième vendredi, 20 000 le second, et 30 000 le premier.

Le Hamas a reconnu que plusieurs Palestiniens tués ces dernières semaines appartenaient à son groupe et Israël a identifié d’autres victimes mortellement touchées comme étant des membres d’autres mouvances terroristes.

La mort du jeune de 15 ans et les blessures d’autres adolescents ont entraîné une réponse cinglante de la part d’un haut-responsable des Nations unies.

« Il est SCANDALEUX de tirer sur des enfants… … Les #enfants doivent être protégés de la #violence, ils ne doivent pas y être exposés », a écrit le coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient de l’ONU Nikolay Mladenov sur Twitter.

L’armée israélienne a annoncé samedi l’ouverture d’une enquête sur l’incident conformément aux procédures habituelles.

La mère du Palestinien de 15 ans Mohammed Ayoub, au centre, qui avait été blessé et tué par les forces de sécurité israéliennes durant des affrontements sur la frontière entre Israël et Gaza, assise alors qu’une autre personne montre son portrait parmi d’autres proches lors du deuil organisé au domicile familial de Beit Lahia dans la bande de Gaza, le 2 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

L’armée israélienne a fait savoir que ses soldats n’avaient ouvert le feu que dans des cas d’auto-défense ou pour empêcher les protestataires de tenter d’ouvrir une brèche dans la barrière de sécurité qui sépare le territoire de l’Etat juif.

Elle a accusé le Hamas d’utiliser des boucliers humains, notamment des femmes et des enfants, pour couvrir ses attaques le long de la frontière.

« Chaque semaine, le Hamas place de jeunes enfants et des femmes sur le front des agitations, il les envoie sur la clôture de sécurité et les utilise comme ‘boucliers humains’ pour la réalisation de ses objectifs », ont expliqué les militaires dans un communiqué, samedi.

Israël et l’Egypte maintiennent un blocus sur l’enclave dirigée par le Hamas, un blocage qui, selon Israël, est nécessaire pour empêcher l’importation d’armes par le groupe terroriste. Mouvement terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, le Hamas affirme que les mouvements de protestation hebdomadaires ont pour objectif de supprimer la frontière et de libérer la Palestine.

Les critiques disent que le blocus équivaut à une sanction collective imposée aux deux millions de résidents de Gaza.

Le Forum national pour la marche du retour, l’un des groupes palestiniens à l’origine des manifestations hebdomadaires, a déclaré que les mouvements de protestation visaient à « affirmer notre droit au retour » – en référence à la demande palestinienne qu’Israël permette à des dizaines de milliers de réfugiés et à leurs millions de descendants de revenir dans leurs anciens foyers au coeur d’Israël. Une telle revendication signifierait la fin d’Israël en tant qu’Etat à majorité juive.

Selon les Nations unies, environ 1,3 million des 1.9 million d’habitants de l’enclave sont des réfugiés ou leurs descendants.

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