Le « moment Chirac » de Macron s’invite à la Une à Jérusalem
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Le « moment Chirac » de Macron s’invite à la Une à Jérusalem

Le hashtag #Macron reste dans le top 3 en Israël sur Twitter et noircit des pages de nombre de quotidiens israéliens et palestiniens

Le président français Emmanuel Macron (C) visite la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 janvier 2020. (Crédit : Ludovic Marin / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (C) visite la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 janvier 2020. (Crédit : Ludovic Marin / AFP)

« Emeutes dans la Vielle ville »? L’altercation verbale entre le président français Emmanuel Macron et un policier israélien dans la Vieille ville de Jérusalem s’est imposée jeudi à la Une des médias en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Le président français a lancé en anglais mercredi à un agent de la sécurité israélienne « I don’t like what you did in front of me » (« Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi »), devant la basilique Sainte-Anne, un domaine français, à Jérusalem.

L’incident rappelle le « Do you want me to go back to my plane? » (Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion?) de l’ancien président français Jacques Chirac aux forces de sécurité israéliennes en 1996.

« Encore un incident avec un président français à Jérusalem », a aussitôt déclaré le présentateur à l’ouverture du JT sur la chaîne publique israélienne Kan, alors que les commentaires fusaient sur les réseaux sociaux en France et au Moyen-Orient.

Jeudi, le hashtag #Macron reste dans le top 3 en Israël sur Twitter. L’ancien ambassadeur israélien à Paris, Avi Pazner, a dressé un parallèle entre les incidents Macron et Chirac. « J’espère que l’incident Macron est moins sérieux, sans implication diplomatique, comme cela avait été pour la visite de Chirac, mais je ne peux écarter la possibilité que Macron aussi avait en tête l’opinion publique en France et dans le monde arabe », a-t-il commenté.

« Bien que Macron, contrairement à Chirac, se soit excusé auprès des gardes israéliens, une question demeure : est-ce qu’un incident dans la Vieille ville sera dorénavant partie intégrante du programme d’un président français en visite en Israël ? », a-t-il ajouté.

Après l’incident, Emmanuel Macron a déclaré qu’il y avait eu « un moment d’énervement entre les équipes de sécurité » à son arrivée à la basilique Sainte-Anne.

« Il me revenait d’y mettre bon ordre (…). Il n’y avait pas de préméditation car je pensais que ça se passerait bien, c’est un peu le jeu et la parenthèse a été refermée », a-t-il ajouté affirmant avoir par la suite « salué deux membres de sécurité. « On s’est serré la main chaleureusement », a-t-il conclu.

Ultérieurement, le Shin Bet, les services de renseignement intérieur israélien, a soutenu que le président français s’était excusé, une démarche toutefois démenti par l’Elysée : « Il n’y a pas eu d’excuses du président », a-t-on indiqué. Pourtant, dans une vidéo de l’incident, on enten le président dire « I’m sorry, thank to you we made a wonderful walk in the city ».

Sur Twitter, un caricaturiste du journal Haaretz, Amos Biderman, a dessiné un président français, cravate au vent, assénant un coup de poing à un policier israélien sur les remparts de Jérusalem.

La caricature est coiffée d’une légende en hébreu « Emeutes dans la Vieille ville ».

Macron vs. les « forces d’occupation »

Si, en France, l’opposition a raillé Emmanuel Macron, l’extrême droite et l’extrême gauche jugeant la séquence « grotesque » ou « pathétique », voire soupçonnant une « mise en scène », les médias palestiniens ont plutôt apprécié l’instant, mais moins le fait qu’il arrive avec près de six heures de retard à son entrevue avec Mahmoud Abbas.

« Le président français réprimande les forces d’occupation », écrit en une le quotidien al-Quds.

Idem ou presque pour le journal Al-Ayyam, qui a coiffé son frontispice d’un Emmanuel Macron devant les forces de sécurité israéliennes et a publié une galerie de photos du dirigeant français dans la Vieille Ville.

Les quotidiens arabes de Jérusalem-Est et de Cisjordanie n’ont pas analysé l’affaire, présentée en texte d’actualité, mais ont insisté sur la rencontre entre Emmanuel Macron et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, – tard en soirée à Ramallah.

Le président français Emmanuel Macron (g), serre la main du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son siège à Ramallah, en Cisjordanie, le 22 janvier 2020. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

Le président Abbas y a souligné « l’importance du rôle français et européen pour sauver le processus politique », alors que les Etats-Unis doivent annoncer un plan de paix d’emblée rejeté par les Palestiniens qui jugent l’administration de Donald Trump trop favorable à Israël.

« Quelque processus de paix que ce soit n’est possible que si les parties en présence veulent bâtir la paix, alors la France aidera et dans le rôle qui doit être le sien et sera le sien », a affirmé Emmanuel Macron à Jérusalem.

La rencontre Macron-Abbas avait été retardée par la visite prolongée du chef d’Etat français dans la Vieille ville.

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