Le nombre de patients gravement malades augmente, une surmortalité constatée
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Le nombre de patients gravement malades augmente, une surmortalité constatée

Sans attribuer explicitement la récente surmortalité à la COVID-19, le ministère de la Santé affirme que la plupart de cette hausse est due à des décès chez les plus de 65 ans

Illustration : Des employés de l'unité coronavirus du centre médical Sheba à Ramat Gan, le 27 juillet 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)
Illustration : Des employés de l'unité coronavirus du centre médical Sheba à Ramat Gan, le 27 juillet 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)

Le nombre de patients atteints de coronavirus dans un état grave a dépassé 550 pour la première fois mercredi, de nouveaux chiffres semblant souligner l’incapacité d’Israël à circonscrire la pandémie quelques jours avant le retour à la quarantaine.

Les chiffres du ministère de la Santé publiés mercredi soir ont montré qu’un nombre record de 5 494 infections avait été enregistré mardi, ce qui représente une légère baisse par rapport au chiffre de 5 523 enregistré précédemment pour la même période annoncée mercredi matin. Plus de
2 500 cas supplémentaires ont été confirmés en fin d’après-midi mercredi.

Un nombre élevé de 1 165 patients étaient hospitalisés, a déclaré le ministère, dont 551 dans un état grave. Cent trente-sept patients étaient sous assistance respiratoire. Le pays compte plus de 45 000 cas actifs.

Le ministère a fait état de 1 163 décès, soit 16 de plus qu’à minuit.

Des chiffres distincts publiés par le ministère mercredi ont montré que le nombre de décès a dépassé la moyenne stable enregistrée à la mi-juillet et au début du mois d’août, mettant en évidence la surmortalité présumée imputable à la maladie.

Le rapport du ministère de la Santé attribue cette hausse à un nombre croissant de décès parmi les Israéliens de plus de 65 ans et particulièrement parmi ceux de plus de 75 ans, des groupes d’âge plus vulnérables à la COVID-19. Il ne dit cependant pas explicitement que cette augmentation est due à la pandémie de coronavirus.

Le rapport couvre le début de l’année jusqu’au 15 août, le ministère de la Santé affirmant que le taux de mortalité a été constamment au-dessus de la moyenne à long terme depuis la semaine du 15 juillet.

Un graphique dans le rapport montre qu’Israël souffre habituellement de neuf décès par semaine pour 100 000 habitants en juillet et août, mais cette année, le nombre a augmenté jusqu’à 10,5. Compte tenu de la population d’Israël (9,2 millions d’habitants), la différence représenterait environ 138 décès supplémentaires par semaine.

Plus de 350 décès attribués au coronavirus ont été enregistrés entre le 15 juillet et le 15 août, bien que le rapport indique que le véritable bilan de la pandémie pourrait avoir été plus proche de 550 au cours de cette période.

Au début de ce mois, le Bureau central des statistiques a déclaré qu’il n’y avait pas eu de surplus significatif dans le nombre de décès du début de l’année jusqu’en juillet, malgré les décès dus au coronavirus.

Le nouveau rapport du ministère de la Santé souligne l’accélération des pires effets du virus en Israël, le nombre de nouvelles infections et de décès ayant fortement augmenté ces derniers mois.

Le 8 septembre 2020, les travailleurs médicaux de Magen David Adom testent les Israéliens sur un site de drive-in afin de collecter des échantillons pour le dépistage de coronavirus à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)

La publication de ce rapport est intervenue alors que des chercheurs de l’Université d’Oxford ont indiqué mercredi qu’Israël avait une moyenne de 463,37 infections pour
1 million de personnes sur sept jours, la plus élevée au monde en dehors du territoire néerlandais d’Aruba.

En raison de l’augmentation récente du nombre de nouveaux cas, Israël occupe désormais le 11e rang mondial pour le nombre de cas par habitant depuis le début de la pandémie, selon les chercheurs.

Un rapport de la Banque du Canada publié mercredi a également placé le taux d’infection par habitant en Israël parmi les plus élevés au monde, et devant certains des foyers épidémiques les plus importants du monde, tels que les États-Unis, le Brésil et l’Inde.

Les statistiques ne tiennent pas compte de la population radicalement plus petite d’Israël, qui peut fausser les résultats, ni des taux de dépistage, qui ont récemment dépassé les 40 000 par jour.

Les chiffres d’Oxford ont confirmé qu’Israël a un taux de mortalité par habitant bien inférieur à celui de pays ayant un nombre similaire d’infections par million de personnes.

Diverses raisons ont été avancées pour expliquer ce taux de mortalité plus faible, notamment la population relativement jeune d’Israël et la qualité de son système de santé.

Un nouveau confinement d’au moins trois semaines démarrera ce vendredi dans tout le pays.

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