Confinement général ce vendredi, malgré une légère baisse des infections
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Confinement général ce vendredi, malgré une légère baisse des infections

Les restrictions seront illimitées et ne seront pas nécessairement levées après trois semaines ; le ministère a fait état de 4 537 cas de virus mercredi, en baisse depuis la veille

Des gens sont assis dans un café à Tel-Aviv, le 16 septembre 2020. (Miriam Alster/FLASH90)
Des gens sont assis dans un café à Tel-Aviv, le 16 septembre 2020. (Miriam Alster/FLASH90)

Le gouvernement a donné l’approbation finale à un confinement national qui doit commencer vendredi, ont annoncé les autorités jeudi matin, alors que les chiffres du ministère de la Santé montrent une légère baisse des nouvelles infections mercredi après un pic record la veille.

La plupart des ministres ont voté en faveur d’une liste de nouvelles restrictions, interdisant de se déplacer à plus de 500 mètres de leur domicile, hormis dans certaines exceptions.

Alors que les ministres avaient approuvé un confinement levé par étapes après trois semaines, selon une déclaration du gouvernement, il semblerait que le confinement soit illimité.

En vertu des règles finales, les Israéliens peuvent dépasser la limite des 500 mètres pour : aller travailler ; acheter de la nourriture ou des fournitures essentielles ; aider les personnes âgées ou dans le besoin ; se rendre à un rendez-vous chez le médecin, y compris en médecine alternative, ou en thérapie ; se rendre à la Knesset ; assister à une manifestation ; donner son sang ; participer à une procédure judiciaire ; faire de l’exercice, seul ou avec les membres d’un même foyer, à condition que le point de départ soit la maison ; assister à des funérailles ou à une circoncision ; se rendre à l’aéroport ; pour les femmes, se rendre à un bain rituel (mikveh) ; s’occuper d’animaux.

La police israélienne vue à l’entrée du quartier de Ramot à Jérusalem alors qu’Israël applique un couvre-feu nocturne, le 9 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Des exceptions supplémentaires concernent : les cantors et ceux qui sonnent le Shofar pendant les Grandes fêtes ; le transfert de mineurs entre couples divorcés ; les déplacements à destination et en provenance de cadres éducatifs qui restent ouverts, y compris l’éducation spéciale. Les bénéficiaires de programmes d’aide sociale ou de programmes pour les personnes handicapées et leurs proches sont autorisés à se déplacer librement entre les institutions et les foyers. Les proches au premier degré des soldats tombés au combat pendant la guerre du Yom Kippour pourront assister aux cérémonies commémoratives, comme le prévoient les règles.

Les règles interdisent aux Israéliens de rendre visite à d’autres citoyens ou d’aller à la plage, hormis pour faire de l’exercice pour ceux qui vivent à proximité. Les rassemblements sont limités à 10 en intérieur et 20 en extérieur. Trois personnes au maximum peuvent voyager dans la même voiture, à l’exception des membres d’une même famille. Pour les véhicules plus grands, un autre passager est autorisé pour chaque rangée de sièges supplémentaire. Les centres commerciaux, les piscines, les gymnases, les coiffeurs, les hôtels et les autres services de loisirs sont fermés. Les supermarchés, les pharmacies, les quincailleries, les magasins d’électronique, les laveries automatiques et les autres magasins jugés essentiels restent ouverts.

Les règles établissent un cadre pour la prière pendant les prochaines fêtes de Rosh HaShana et de Yom Kippour, tout en soulignant que les personnes qui assistent aux offices doivent résider à moins de 500 mètres.

Pour les offices en plein air, le nombre de participants ne peut dépasser les 20. Les personnes présentes doivent respecter une distanciation sociale, avec un siège vide entre les fidèles, et aucune nourriture ne peut être servie.

Pour les prières à l’intérieur, les fidèles doivent être divisés en groupes de 10 ou 25 (10 pour les villes dites rouges avec un taux d’infection élevé ; 25 pour les villes orange avec un taux d’infection modéré). Le nombre total de fidèles autorisés dépend de la taille de la synagogue et du taux d’infection local. Pour les villes et les zones « rouges », les synagogues à deux entrées peuvent accueillir jusqu’à 30 fidèles, le nombre augmentant de 20 par entrée supplémentaire. Pour les villes et zones « orange », la règle est de 50 fidèles par entrée de synagogue. Les synagogues doivent prévoir un espace de quatre mètres carrés par personne, cette règle primant sur les autres.

Des Juifs ultra-orthodoxes respectent une distanciation sociale et portent des masques faciaux pendant la prière à côté de leur maison, car les synagogues sont limitées à vingt personnes, suite aux mesures du gouvernement pour aider à stopper la propagation du coronavirus, à Bnei Brak, le 8 septembre 2020. (AP Photo/Oded Balilty)

Le règlement prévoit également des limites pour les passagers des transports publics. Il place le secteur public sur un pied d’égalité avec les autres secteurs, avec une réduction du nombre d’employés. Cela ne s’applique pas au secteur privé, qui peut continuer à fonctionner, à condition de ne pas offrir de services en personne ou de tenir des réunions avec plus de 10 personnes présentes.

Selon les règles, les Israéliens seront autorisés à quitter leur domicile pour acheter des articles pour les fêtes de Souccot, y compris le loulav et l’etrog rituels.

Le règlement doit encore être approuvé par la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset.

Les cas de virus ont augmenté ces dernières semaines en Israël, qui affiche un taux d’infection per capita parmi les plus élevés au monde.

Mardi, le pays a atteint un record historique d’environ 5 500 nouveaux cas quotidiens, mais mercredi, il est retombé à 4 537 nouveaux cas, selon les premières données du ministère de la Santé publiées jeudi matin.

Ce chiffre est encore bien plus élevé que les 1 000 nouveaux cas quotidiens visés par le ministère de la Santé avant d’envisager la levée de certaines des mesures de confinement, parmi lesquelles la restriction des déplacements, la fermeture des sites de loisirs et la fermeture du système éducatif.

Le nombre de morts s’élevait à 1 165 jeudi matin, et les chiffres du ministère ont fait état de 13 nouveaux décès mercredi.

Le ministère a également souligné un pic important de cas guéris, avec
2 400 patients retirés des cas actifs au cours de la nuit. Les autorités n’ont pas expliqué cette augmentation.

Quelque 44 984 patients sont des malades « actifs » dans le pays, dont 549 se trouvent dans un état grave. Parmi eux, 140 sont sous respirateur.

Au total, 1 163 personnes sont hospitalisées en raison du virus.

Depuis le début de la pandémie, 171 768 personnes ont été diagnostiquées avec le COVID-19 en Israël, soit près de 2 % de la population.

Le ministre de la santé Yuli Edelstein tient une conférence de presse lors de sa visite à l’hôpital Assuta à Ashdod, le 20 août 2020. (Flash90)

Mercredi, le ministre de la Santé Yuli Edelstein et son adjoint Yoav Kisch ont averti que le confinement n’entraînerait pas de baisse significative du nombre de cas quotidiens, mais devait au moins freiner le taux d’augmentation.

Selon la radio de l’armée jeudi, Edelstein a déclaré lors de réunions à huis clos que le confinement sera probablement prolongé au-delà de trois semaines et que les règles pourraient être encore renforcées.

Kisch a affirmé que le gouvernement pourra envisager de lever certaines restrictions quand le chiffre de seulement 1 000 nouveaux cas par jour sera atteint.

Les Juifs religieux et ultra-orthodoxes sont opposés au confinement en raison de son impact sur les prières lors des grandes fêtes. Les propriétaires de commerces le rejettent également à cause des pertes escomptées, et le grand public aussi car la fermeture du système éducatif obligera de nombreux parents à s’absenter de leur travail pour garder leurs jeunes enfants.

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