Le Palestinien qui avait sauvé des enfants juifs d’un attentat expulsé d’Israël
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Le Palestinien qui avait sauvé des enfants juifs d’un attentat expulsé d’Israël

Les militaires ont refusé de renouveler le permis de résidence temporaire à l'homme qui avait reçu des menaces de mort pour avoir sauvé les enfants du rabbin assassiné Miki Mark

Le chef du conseil des habitants d'implantation juives de Hébron Yochai Damari, à gauche, avec le Palestinien venu en aide à la famille Mark après l'attentat terroriste qui avait tué le rabbin Miki Mark, le 1er juillet 2016 (Crédit : Conseil régional de Har Hebron)
Le chef du conseil des habitants d'implantation juives de Hébron Yochai Damari, à gauche, avec le Palestinien venu en aide à la famille Mark après l'attentat terroriste qui avait tué le rabbin Miki Mark, le 1er juillet 2016 (Crédit : Conseil régional de Har Hebron)

Un homme palestinien, qui avait sauvé les enfants d’un rabbin de Cisjordanie suite à un attentat terroriste durant lequel leur père avait été tué, a appris qu’il devrait retourner en Cisjordanie malgré les menaces pesant sur sa vie là-bas, a fait savoir vendredi la chaîne Hadashot.

Le rabbin Miki Mark avait été assassiné lors d’une fusillade, le 1er juillet 2016. Son épouse Chava avait été grièvement blessée et leurs deux enfants, des adolescents, avaient également été touchés.

Le Palestinien et son épouse, des habitants de la région de Hébron, avaient aidé les membres survivants de la famille Mark à s’extirper de leur véhicule qui s’était retourné et leur avaient administré les premiers secours avant que les équipes des services d’urgence n’arrivent sur les lieux.

Le Palestinien, dont le nom n’a pas été révélé, avait reçu un visa temporaire pour vivre et travailler en Israël après avoir reçu des menaces de mort dans sa ville natale située à proximité de Hébron.

« Ils ont commencé à me qualifier de traître », a-t-il dit à la chaîne Hadashot. « Puis on m’a jeté des pierres et des cocktails Molotov sur ma voiture. Je m’inquiétais qu’en quittant la maison, je ne meurs brûlé vif ».

Suite aux menaces, il s’était tourné vers l’administration civile israélienne, qui assure la liaison entre Israël et la Cisjordanie. L’Etat juif avait décidé de lui donner un permis temporaire pour vivre dans le pays, a ajouté Hadashot.

Le rabbin Miki Mark, assassiné dans une attaque terroriste le 1er juillet 2016. (Crédit : Facebook)

Mais il a récemment été informé que son permis de résidence temporaire ne serait pas renouvelé et qu’il n’aura pas d’autre choix que de retourner dans la région gouvernée par l’Autorité palestinienne.

« Je veux simplement vivre comme une personne », a-t-il commenté.

« Il y a une semaine, on m’a dit : ‘Vous pouvez retourner en Cisjordanie maintenant’. Je leur ai demandé comment je pourrais le faire alors que je suis menacé là-bas ».

Il a expliqué à Hadashot craindre d’être tué à son retour.

« Si je devais y aller, ce serait pour moi comme aller à la mort », a-t-il dit.

Il a ajouté ne pas regretter d’avoir aidé les enfants juifs.

« Je ne regrette pas d’être venu en aide à des Juifs », s’est-il exclamé. « Je l’ai fait en raison de mon coeur… Et je sais qu’en fin de compte, c’est dieu qui me bénira ».

Scène d’une attaque qui a tué un Israélien, le rabbin Miki Mark, et blessé trois membres de sa famille, au sud de Hébron, le 1er juillet 2016. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

L’unité du ministère de la Défense qui supervise les permis, connue sous le nom de Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires – ou COGAT – a confirmé à Hadashot que le permis octroyé à l’homme n’avait pas été renouvelé.

« Sa requête a été reçue par le COGAT et il a été autorisé à rester pendant longtemps », a fait savoir un porte-parole dans une déclaration. « Sur la base des informations présentées devant la commission – et dont certaines ne peuvent être rendues publiques – et après des discussions avec les autorités de sécurité concernées, la commission a pris la décision de ne pas renouveler son permis d’urgence pour rester en Israël ».

Le porte-parole du COGAT a ajouté que l’homme était retourné plusieurs fois au sein de l’Autorité palestinienne alors qu’il vivait en Israël.

Il y a deux ans, l’homme avait décrit ce qui était arrivé sur les lieux de l’attaque terroriste.

Après qu’il a réussi à ouvrir une des portes de la voiture, l’homme avait indiqué être parvenu à extraire Tehila Mark, 14 ans, de la carcasse du véhicule. Il avait ajouté que son épouse, médecin, avait tenté d’arrêter le saignement d’une blessure à l’abdomen de l’adolescente alors qu’il appelait une ambulance.

« Elle leur disait en anglais : ‘N’ayez pas peur, nous sommes là pour vous aider’, » se souvient-il.

L’homme avait ensuite dit qu’il avait réussi à sortir des décombres Pedaya Mark, 15 ans, et qu’il avait tenté de le calmer.

« Je l’ai pris dans mes bras et je l’ai serré. Je lui ai donné de l’eau et j’ai mis de la iodine en lui disant que tout irait bien », raconte-t-il encore. « Peu m’importait à ce moment-là de savoir si c’était un accident ou un attentat terroriste, ce n’était pas la question. C’était des êtres humains, des enfants, qui avaient besoin d’aide et si je peux aider, j’apporte mon aide ».

« La jeune fille m’a alors dit : ‘Dieu nous a envoyé un Arabe pour nous venir en aide’, », a-t-il ajouté.

Répondant à un commentaire qui raillait de manière acerbe les « ordures arabes qui assassinent », la soeur de Chava Mark, Yisca, avait répondu avec vivacité qu’un couple palestinien avait aidé sa famille.

« Il faut vraiment que je vous dise que les premiers sur les lieux ont été un couple arabe qui a aidé les membres de ma famille, qui a donné les premiers secours et appelé l’ambulance », avait-elle écrit.

« Je pense qu’on devrait utiliser le terme terroristes et non arabes parce que tous les Arabes ne sont pas des terroristes – et ce que je vous dis, c’est du vécu ».

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