Le parti Yesh Atid annule ses primaires et prolonge la présidence de Yair Lapid
Rechercher

Le parti Yesh Atid annule ses primaires et prolonge la présidence de Yair Lapid

Le parti membre de la faction Kakhol lavan de Gantz refuse de se prononcer sur sa direction, invoquant l'impasse politique actuelle et l'absence de gouvernement

Le député de Kakhol lavan Yair Lapid parle aux médias après avoir voté dans un bureau de vote de Tel Aviv, le 17 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le député de Kakhol lavan Yair Lapid parle aux médias après avoir voté dans un bureau de vote de Tel Aviv, le 17 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le parti Yesh Atid a prolongé jeudi le mandat de son président Yair Lapid pour les trois prochains cycles de la Knesset, citant l’impasse politique actuelle dans le pays.

Selon les statuts du parti, Yesh Atid devait organiser une campagne pour la direction du parti au terme de la 22e Knesset, mais l’absence d’un gouvernement risque de la voir se dissoudre en quelques semaines pour préparer un autre scrutin électoral.

La 21e Knesset – élue lors des élections d’avril – s’est également dissoute lorsque de nouvelles élections ont été convoquées en septembre.

Dans un communiqué, Yesh Atid a déclaré qu’à la lumière des « circonstances spéciales », le fondateur du parti Lapid resterait président pendant trois cycles supplémentaires de la Knesset.

« À la lumière de la situation inhabituelle concernant les élections, l’inactivité parlementaire des 21e et 22e Knesset et la fusion avec Kakhol lavan, il a été décidé de prolonger la présidence du député Lapid jusqu’à la fin de la 25e Knesset », a déclaré le parti dans un communiqué. « C’est une procédure technique qui a été adoptée à la lumière des circonstances particulières. »

La perspective d’une troisième élection sans précédent en moins d’un an est devenue presque certaine mercredi lorsque le partenaire politique de M. Lapid, Benny Gantz, le dirigeant de Kakhol lavan, a admis qu’il n’avait pas réussi à former une coalition à la suite des élections peu concluantes de septembre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui-même n’avait pas réussi à conclure d’accords de coalition le mois précédent.

En vertu de la loi israélienne, la Knesset entre maintenant dans une période de 21 jours au cours de laquelle tout député peut essayer d’obtenir 61 voix qui lui donneraient la chance de former un gouvernement.

Cela signifie que Gantz et Netanyahu poursuivront leurs efforts pour trouver des partenaires de coalition et explorer la possibilité d’un gouvernement d’unité. Des outsiders peuvent également émerger. S’ils échouent, le pays sera contraint d’organiser une autre élection générale, probablement en mars.

Les sondages d’opinion ont indiqué qu’une nouvelle élection donnerait des résultats similaires à ceux du vote non concluant de septembre, annonçant des mois supplémentaires d’incertitude et d’impasse politique.

Dans le même temps, plusieurs membres du parti du Likud de Netanyahu ont appelé à organiser des primaires dans ce qui a été considéré comme une tentative de contester le Premier ministre pour la direction du parti.

Le mois dernier, Netanyahu a déclaré son intention de convoquer des primaires, mais a renoncé à l’idée lorsque son rival Gideon Saar a indiqué qu’il allait se présenter contre lui à la tête du parti.

Son incapacité à former une coalition après les élections d’avril et de septembre a entamé sa réputation de prince invincible de la politique israélienne.

Saar, qui jouit d’une grande popularité auprès des électeurs du Likud, pourrait s’avérer un formidable challenger lorsque les 130 000 membres du parti, encartés, voteront aux primaires.

Même si Netanyahu l’emportait, une lutte meurtrière à la direction pourrait laisser le linge sale du parti à la vue de tous, après des années au cours desquelles il a surtout réussi à réprimer la dissidence interne, alors même que Netanyahu a été confronté à des problèmes juridiques croissants.

Jeudi, Saar a annoncé qu’il défierait Netanyahu pour la direction du parti et s’est dit confiant que, contrairement au Premier ministre, il serait capable de réunir une majorité à la Knesset.

« Nous devons établir un calendrier pour les primaires. Nous sommes un parti démocratique, nous ne sommes pas comme Yesh Atid qui annule ses propres élections internes », a déclaré M. Saar lors d’une conférence du Jerusalem Post. « Le Likud n’a pas eu de primaires depuis des années. »

« Si nous nous dirigeons vers une troisième élection, il est absurde de croire que le Premier ministre va gagner, surtout cette fois », a-t-il dit aux participants. « Je pense que je serai capable de former un gouvernement et d’unifier la nation ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...