Le père du terroriste de Strasbourg veut enterrer son fils en Algérie
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Le père du terroriste de Strasbourg veut enterrer son fils en Algérie

Le CFCM avait appelé la ville de Strasbourg à inhumer "le plus rapidement possible" et "dans l'anonymat" Chérif Chekatt, pour "éviter d'en faire une victime"

Des bougies à un mémorial artisanal en hommage aux victimes de Cherif Chekatt, le 14 décembre 2018, au marché de noël de Strasbourg, le 14 décembre 2018 (Crédit :  Patrick HERTZOG / AFP)
Des bougies à un mémorial artisanal en hommage aux victimes de Cherif Chekatt, le 14 décembre 2018, au marché de noël de Strasbourg, le 14 décembre 2018 (Crédit : Patrick HERTZOG / AFP)

Le père de Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg, s’est présenté mercredi à la mairie pour indiquer qu’il allait demander le rapatriement du corps de son fils en Algérie, a-t-on appris auprès des services de la ville.

« Il fallait qu’il obtienne des actes de décès. Il nous a indiqué qu’il allait demander au consulat d’Algérie un rapatriement du corps de son fils », a déclaré la mairie de Strasbourg (est).

Le maire Roland Ries, qui s’était dit mardi « plutôt hostile, sinon réticent » à une inhumation de Chérif Chekatt dans sa ville, a estimé mercredi qu’il s’agirait de « la solution la plus simple ».

« La famille demande qu’il soit enterré en Algérie. À condition que l’Algérie l’accepte, le corps sera transféré et ce serait pour moi la solution la plus simple », a-t-il dit à l’AFP.

« Si pour une raison ou pour une autre, cela ne marchait pas, si l’Algérie ne l’acceptait pas par exemple, la possibilité d’avoir une sépulture anonyme, sans médiatisation, pourrait être une solution », a-t-il ajouté.

L’instance représentative du culte musulman en France, le CFCM, avait appelé plus tôt dans la journée la ville de Strasbourg à inhumer « le plus rapidement possible » et « dans l’anonymat » Chérif Chekatt, pour « éviter d’en faire une victime ».

« J’appelle les autorités à respecter la loi du pays, à ne pas faire de cet assassin une victime et qu’on l’enterre le plus rapidement possible pour que l’on ne parle plus de lui », avait déclaré à l’AFP Abdallah Zekri, délégué général du CFCM.

L’embarrassante question des dépouilles de terroristes réapparaît en France après chaque attentat. En 2016, le conseil d’Etat avait rendu une décision autorisant un maire à refuser l’autorisation d’inhumation dans un cimetière communal, pour prévenir notamment des troubles à l’ordre public, et ce « quelles que puissent être les circonstances ».

La juridiction avait été saisie par la commune de Mantes-la-Jolie, en région parisienne, qui refusait d’inhumer le jihadiste Larossi Abballa, auteur du double assassinat d’un policier et de sa compagne.

Le cas de Mohamed Merah, assassin en 2012 dans le sud-ouest de trois militaires et de quatre autres personnes dont trois enfants juifs, avait également fait polémique.

Ni la ville de Toulouse (sud-ouest) où il vivait, ni l’Algérie dont il était originaire ne voulait accueillir sa dépouille. Celle-ci avait finalement été ensevelie sans sépulture ni nom, dans un cimetière de la banlieue toulousaine, en dehors des horaires d’ouverture.

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