Rechercher

Le poste-frontière d’Erez rouvre mardi après deux jours de fermeture

12 000 travailleurs de l'enclave côtière n'avaient pas pu pénétrer sur le territoire israélien dimanche et lundi

Des travailleurs palestiniens au poste-frontière d'Erez, dans le nord de Gaza, attendent d'entrer en Israël pour y travailler, le 13 mars 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)
Des travailleurs palestiniens au poste-frontière d'Erez, dans le nord de Gaza, attendent d'entrer en Israël pour y travailler, le 13 mars 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)

Après deux jours de fermeture, le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), l’instance de liaison miliaire avec les Palestiniens, a annoncé que le poste-frontière d’Erez avec la bande de Gaza allait rouvrir mardi.

Ce passage ouvert aux piétons, le seul prévu pour la circulation des personnes entre la bande de Gaza et Israël, avait été fermé dimanche en représailles à des tirs de roquettes de Gaza vers le territoire israélien dans un contexte d’escalade.

Des milliers de Palestiniens bénéficiant d’un permis de travail vont pouvoir rentrer à nouveau en Israël pour y mener une activité professionnelle.

Le nombre de Palestiniens de l’enclave côtière autorisés à travailler au sein de l’État juif est passé à 12 000, le mois dernier, et le gouvernement a fait savoir qu’il délivrerait 8000 permis supplémentaires, soit un total de 20 000 autorisations à terme.

Le COGAT a indiqué, lundi, que cette initiative allait dépendre « du maintien de la stabilité en matière de sécurité dans le secteur. » Cette décision a été prise suite à une évaluation de la situation par les responsables de la sécurité.

« Après l’évaluation de la situation sécuritaire, il a été décidé que les travailleurs et les commerçants palestiniens pourront à nouveau entrer mardi en Israël à travers le passage d’Erez », a-t-il noté.

Plusieurs roquettes avaient été tirées vers le sud d’Israël à partir de la bande de Gaza, qui se trouve sous le contrôle des terroristes islamistes du Hamas, pendant le week-end. Le poste-frontière d’Erez avait d’ores et déjà été fermé à partir de jeudi après-midi pour les derniers jours de la fête de Pessah.

Deux roquettes tirées depuis Gaza, le 22 avril 2022. (Capture d’écran : Twitter)

Les roquettes tirées ce week-end avaient été la cinquième attaque à prendre pour cible le sud d’Israël en une semaine. Jeudi, une roquette avait échoué à traverser la frontière et elle était retombée à Gaza ; une autre s’était échouée aux abords d’une habitation de Sderot, mercredi et une autre encore avait été abattue par les défenses aériennes, lundi.

Ces attaques récentes ont été attribuées au Jihad islamique palestinien, groupe terroriste rival du Hamas. Mais le Hamas a une mainmise suffisamment forte sur la bande pour qu’aucun groupe subalterne ne se permette de frapper Israël sans avoir au moins l’approbation tacite de l’organisation islamiste.

Dimanche, le ministre de la Défense Benny Gantz a indiqué qu’Israël pourrait lancer une riposte plus dure contre le Hamas suite à ces tirs de missiles.

« Nous ne continuerons à faire preuve de générosité, que ce soit au niveau civil ou au niveau économique, que si la sécurité se maintient », a commenté Gantz suite à une rencontre avec de hauts-responsables du Commandement du sud de Tsahal.

« Les organisations terroristes et ceux qui se livrent à des incitations à la haine doivent s’en souvenir : ce sont ceux dont la situation économique, civile et militaire est instable qui souffriront le plus gravement d’éventuels troubles », a-t-il ajouté, selon un communiqué de son bureau.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une réunion à la base du commandement du Sud de Tsahal à Beer Sheva, aux côtés du chef militaire Aviv Kohavi (à gauche) et du chef du Shin Bet Ronen Bar (à droite), entre autres responsables, le 24 avril 2022. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)

Ces attaques à la roquette avaient eu lieu à l’issue d’une journée très tendue à Jérusalem, où la police avait interdit à des nationalistes israéliens de se rendre à la porte de Damas, dans la Vieille ville, au cours d’une marche prévue – la porte de Damas est un point de rassemblement populaire des Palestiniens habitant la partie orientale de la ville. Le Hamas avait menacé de frapper Israël si ces extrémistes de droite étaient autorisés à défiler.

Il y a eu, ces derniers jours, des affrontements violents entre émeutiers palestiniens et policiers sur le Mont du Temple de Jérusalem. Des dizaines de Palestiniens et plusieurs policiers ont été blessés.

Le Hamas et les autres groupes terroristes de Gaza ont répété que le lieu saint du Mont du Temple – sur lequel se dresse la mosquée al-Aqsa – était une ligne rouge à ne pas franchir. Les agissements de la police lorsqu’elle avait tenté de réprimer les émeutes là-bas, l’année dernière, avaient été l’un des éléments déclencheurs du conflit d’onze jours qui avait opposé l’État juif aux organisations terroristes de la bande de Gaza.

La bande de Gaza est placée sous blocus par l’Égypte et par Israël depuis 15 ans pour tenter de contenir le potentiel de nuisance des gouvernants du Hamas et des autres groupes. Israël affirme que les restrictions imposées sur la circulation des biens et des personnes sont nécessaires dans la mesure où le Hamas, qui a juré de détruire Israël, tente de s’armer massivement pour pouvoir attaquer l’État juif.

De leur côté, les critiques déplorent l’impact du blocus sur les habitants de la bande qui présente un taux de 50 % de chômage, selon le Bureau central des statistiques. Le taux de pauvreté, excessivement élevé, rend particulièrement attractive la perspective d’un emploi en Israël pour ceux qui ont la chance d’obtenir un permis.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...