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Le président du Sénat critiqué par les juifs d’Italie pour avoir honoré un parti néo-fasciste

Le co-fondateur du parti de la Première ministre Meloni a lié le parti d'extrême-droite de son père à l'anniversaire de la Constitution italienne de l'après-guerre

Le président du Sénat italien, Ignazio La Russa, s'entretenant avec des sénateurs avant un vote de confiance sur le nouveau gouvernement, à Rome, le 26 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Andrew Medichini)
Le président du Sénat italien, Ignazio La Russa, s'entretenant avec des sénateurs avant un vote de confiance sur le nouveau gouvernement, à Rome, le 26 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Andrew Medichini)

JTA – Les dirigeants juifs en Italie ont fustigé le président du Parlement du pays suite à une publication sur Instagram honorant l’Histoire du Mouvement social italien (MSI), un parti néo-fasciste fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Ignazio La Russa, sénateur de Cologno Monzese, une municipalité de Milan, a écrit à côté d’une photo d’une affiche de campagne du MSI : « En mémoire de mon père, qui a été l’un des fondateurs du Mouvement social italien en Sicile et qui a choisi la voie de la participation libre et démocratique avec le MSI tout au long de sa vie pour défendre ses idées respectueuses de la Constitution italienne ».

Les dirigeants de la communauté juive italienne ont été consternés par sa décision de lier le MSI à la Constitution italienne de l’après-guerre. L’ascension de dirigeants d’extrême-droite qui ont exprimé leur nostalgie de la période fasciste en Italie – qui a failli entraîner la quasi-destruction du judaïsme italien – inquiète la communauté juive italienne actuelle.

« Nous célébrons aujourd’hui le 75e anniversaire de la promulgation de la Constitution républicaine, l’affirmation de notre démocratie anti-fasciste », a déclaré mardi Noemi Di Segni, présidente de l’Union des communautés juives italiennes, dans une tribune publiée dans La Repubblica. « Pourtant, certains croient célébrer un autre anniversaire, celui de la fondation du MSI, un parti qui, après la chute du régime fasciste, s’est placé dans la continuité idéologique et politique du RSI, le gouvernement des fascistes purs et durs qui ont collaboré activement à la déportation des Juifs italiens. »

Ruth Dureghello, présidente de la communauté juive de Rome, a également rédigé une déclaration.

« La République italienne est anti-fasciste et quand on jure sur la Constitution, on doit le faire en sachant qu’il ne peut plus y avoir d’ambiguïté ou d’incohérence en la matière », a-t-elle écrit. « Le Mouvement social a revendiqué l’expérience du RSI [l’Italie fasciste sous Mussolini], alors que pour les Italiens, le seul modèle auquel aspirer est celui des mouvements anti-fascistes qui, par leur sacrifice, ont libéré l’Italie du joug nazi-fasciste. »

La Première ministre italienne Giorgia Meloni lors de son premier discours devant lePparlement au palais Montecitirio à Rome, le 25 octobre 2022. (Crédit : Andreas Solaro/AFP)

La Russa a pris ses fonctions de président du Sénat en octobre, après la victoire d’une coalition de droite qui a donné à son parti Frères d’Italie (FDI) une pluralité au Sénat et fait de Giorgia Meloni la Première ministre.

Bien que La Russa ait fondé le FDI aux côtés de Meloni en 2012, il a passé une grande partie de ses débuts en politique au sein du MSI – co-fondé par son père en 1946 – jusqu’à sa dissolution en 1995. Pendant la majeure partie de son Histoire, le MSI s’est présenté comme le défenseur de l’Histoire fasciste de l’Italie, même longtemps après la mort du dictateur Benito Musolini.

Le FDI est considéré par beaucoup comme le successeur du MSI en Italie, utilisant le même symbole représentant une flamme tricolore, emblème du MSI.

« Avec tout le respect dû à ses affections familiales, l’honorable La Russa n’a pas encore compris qu’il est le président du Sénat de la République anti-fasciste et non le chef du MSI. Son poste est une honte pour les institutions démocratiques », a déclaré Gianfranco Pagliarulo, président national de l’ANPI, une organisation consacrée aux vétérans de la résistance anti-fasciste italienne, selon La Pressa.

Meloni a également été liée au MSI au cours de ses premières années en politique. Ses détracteurs affirment qu’elle a enhardi les sympathisants fascistes. Le mois dernier, des photos de l’un de ses ministres nommés, portant un brassard nazi il y a plus de dix ans, ont suscité la controverse.

« Face à la perspective d’une Première ministre affiliée à un parti qui, idéologiquement, est l’héritier du Mouvement social italien, une bonne partie des Juifs italiens sont inquiets », avait déclaré en septembre à la Jewish Telegraphic Agency, David Fiorentini, président de la Jeunesse juive d’Italie.

Néanmoins, Meloni a tenté de faire des courbettes à la communauté juive. En novembre, elle a rencontré le Congrès juif mondial ainsi que les dirigeants juifs italiens, où elle a discuté de l’antisémitisme et, selon son bureau, a fait une déclaration qui « souligne l’importance essentielle des communautés juives pour l’identité nationale italienne et européenne ».

À l’instar d’autres dirigeants d’extrême-droite en Europe, elle a fréquemment souligné son soutien à l’État d’Israël et s’est comparée, ainsi que le FDI, au parti Likud du Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu.

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