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L'ENVOYE ISRAELIEN DEMANDE À L'ONU D'EXCLURE RAISSI DE L'AG

Le président iranien a émis des doutes sur la Shoah et qualifie Israël de « faux régime »

Dans sa première interview à un média occidental, Ebrahim Raissi à déclaré à CBS qu'il ne peut faire confiance aux Américains et a qualifié leurs sanctions de "tyranniques"

Le président iranien Ebrahim Raissi lors d'une interview avec CBS dans l'enceinte présidentielle à Téhéran, le 13 septembre 2022. (Crédit : Twitter)
Le président iranien Ebrahim Raissi lors d'une interview avec CBS dans l'enceinte présidentielle à Téhéran, le 13 septembre 2022. (Crédit : Twitter)

Le président iranien Ebrahim Raissi a émis des doutes sur la véracité de la Shoah et a qualifié Israël de « faux régime » dans sa première interview accordée à un média occidental, diffusée dimanche.

S’adressant à la célèbre journaliste américaine Lesley Stahl dans le cadre de l’émission « 60 Minutes » de CBS, Raissi a également déclaré qu’il ne pouvait pas faire confiance aux États-Unis dans les actuelles négociations nucléaires et a qualifié les sanctions de Washington de « tyranniques », alors qu’il était attendu à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies.

L’interview de l’ultra-radical Raissi, qui a pris le pouvoir l’an dernier, a été réalisée mardi dernier dans le complexe présidentiel à Téhéran. « On m’a indiqué de quelle façon me vêtir, de ne pas m’asseoir avant lui et de ne pas l’interrompre », a expliqué Stahl, qui avait recouvert ses cheveux d’un foulard.

CBS a déclaré qu’à la fin de l’interview, l’ensemble de l’équipe américaine a été surprise lorsqu’ « un membre de l’équipe de Raissi s’est levé et a empêché l’un de [leurs] cameramen de filmer [leurs] salutations ». CBS a ajouté que « le téléphone d’un autre de [ses] cameramen a été confisqué par l’équipe de sécurité du président Raissi pendant deux heures et demie ».

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Au cours de l’interview, Stahl a demandé à Raissi s’il « croyait que l’Holocauste avait bien eu lieu ? Que 6 millions de juifs avaient été massacrés ? ».

Raissi a répondu que « les événements historiques devraient pouvoir être étudiés par les chercheurs et les historiens. Il y a quelques signes que cela se serait produit. Si c’est bien le cas, ils devraient permettre qu’ils soient étudiés ».

Stahl a alors rétorqué : « Donc vous n’en n’êtes pas certain, je comprends que vous n’en n’êtes pas certain ».

Raissi n’a pas contesté cette conclusion.

Les dirigeants iraniens ont un long passif de négationnisme et de révisionnisme de la Shoah.

À la question de savoir s’il soutient le droit d’Israël à exister, Raissi a répondu : « Vous voyez, le peuple de Palestine est une réalité. Il s’agit du droit du peuple de Palestine qui a été forcé de quitter ses maisons et sa patrie. Les Américains soutiennent ce faux régime pour qu’il prenne racine et puisse s’y établir. »

Interrogé sur les Accords d’Abraham, qui ont vu de multiples nations arabes normaliser leurs liens avec Jérusalem, le président iranien a répondu que « si un État serre la main du régime sioniste, alors il est aussi complice de ses crimes. Et qu’ainsi ils trahissent l’idée même de ‘Palestine' ».

Plus tard dans l’interview, Raissi a déclaré que si son pays souhaite que « justice soit rendue » pour l’assassinat de son chef terroriste de la Force Al-Qods, Qassem Soleimani, lors d’une frappe aérienne américaine en 2020, il ne ripostera pas en assassinant des responsables de l’administration de l’ancien président américain Donald Trump.

« C’est le genre d’actions que les Américains et les régimes sionistes mènent dans le monde, nous n’allons pas mener les mêmes actions », a-t-il affirmé, alors que le gouvernement américain a accusé un membre des Gardiens de la Révolution islamique de planifier un tel assassinat.

Le président américain Joe Biden, à gauche, dans la salle Roosevelt de la Maison Blanche, à Washington, le 25 juin 2022 ; le président iranien Ebrahim Raisi, à droite, lors d’une session du parlement, à Téhéran, le 25 août 2021. (Crédits : AP Photo/Pablo Martinez Monsivais, ; AP Photo/Vahid Salemi)

Raissi a rejeté l’idée d’un éventuel face-à-face avec le président américain Joe Biden lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à laquelle ils assisteront tous les deux, affirmant que cela ne serait aucunement « bénéfique ».

Au sujet des discussions bloquées sur la signature potentielle d’un nouvel accord nucléaire après que Trump en 2018 s’est retiré de l’accord initial de 2015, Raissi a déclaré que « les Américains n’ont pas tenu leurs promesses. Ils l’ont fait de manière unilatérale. Ils ont dit : ‘Je me retire de l’accord’. Faire des promesses n’a, maintenant, plus de sens ».

« Nous ne pouvons pas faire confiance aux Américains en raison de leur comportement passé. C’est pourquoi s’il n’y a pas de garantie, il ne pourra y avoir de confiance. » « Il doit durer. Il faut des garanties », a-t-il déclaré.

Interrogé sur la différence entre les administrations Biden et Trump, Raissi a déclaré que « la nouvelle administration aux États-Unis prétend être différente de l’administration Trump. Ils nous l’ont dit dans les messages qu’ils nous ont adressés. Mais, dans les faits, nous n’avons été témoins d’aucun changement ».

C’était une référence à Biden refusant de lever les sanctions de plus en plus sévères, que Trump avait imposées à la République islamique alors qu’elle s’apprêtait à violer ses propres promesses dans le cadre de l’accord nucléaire, enrichissant de l’uranium à des niveaux supérieurs à ceux fixés par l’accord.

« Les sanctions sont tyranniques. C’est une tyrannie contre le peuple iranien. Il est important pour nous que les sanctions soient levées », a déclaré Raissi.

Le Premier ministre Yair Lapid s’est moqué de la remarque de Raissi selon laquelle il n’y avait que « quelques signes » de l’existence de la Shoah, en publiant un tweet intitulé « Quelques signes » : « Quelques signes », accolés à différentes images du génocide.

Lundi matin, l’envoyé israélien à l’ONU, Gilad Erdan, a déclaré sur Twitter que les remarques de Raissi sur la Shoah étaient « choquantes », et a exhorté le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à « refuser à ce négationniste l’accès à une scène mondiale pour répandre son antisémitisme et sa haine ».

« Les Nations unies tomberont plus bas que jamais si elles offrent une tribune au boucher de Téhéran », a-t-il ajouté, en se référant au surnom de Raissi qui avait autorisé des milliers d’exécutions de dissidents politiques lorsqu’il était à la tête du pouvoir judiciaire.

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