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Le prince William en Arabie saoudite pour trois jours

Cette visite est censée renforcer les relations entre Londres et Ryad, mais les dernières révélations sur les liens entre son oncle Andrew et Jeffrey Epstein pourraient l'assombrir

Le prince William lors d'une visite au Millennium Powerhouse de Manchester, le 16 novembre 2023. (Crédit :Oli Scarff/Pool via AP)
Le prince William lors d'une visite au Millennium Powerhouse de Manchester, le 16 novembre 2023. (Crédit :Oli Scarff/Pool via AP)

Le prince William entame lundi une visite officielle de trois jours en Arabie saoudite, censée renforcer les relations entre le Royaume-Uni et la monarchie du Golfe. Toutefois, les dernières révélations sur les liens entre son oncle, le prince Andrew, et Jeffrey Epstein pourraient jouer les trouble-fêtes.

Alors que l’héritier de la couronne s’apprêtait à partir pour Ryad, ses services ont, pour la première fois depuis qu’un nouveau lot de documents sur l’affaire Epstein a été diffusé fin janvier, publié un bref communiqué soulignant que William et son épouse Kate étaient « profondément préoccupés par les révélations qui se succèdent ».

Le communiqué ne mentionne pas Andrew directement, mais l’affaire a déjà valu au frère du roi Charles III d’être déchu de tous ses titres royaux et de devoir quitter sa résidence de Windsor.

Les documents le concernant, qui émergent au compte-gouttes, n’ont fait qu’alimenter les soupçons sur son implication dans le vaste réseau de trafic sexuel dont bénéficiait Epstein. Lundi, il est également apparu qu’Andrew pourrait avoir transmis au pédocriminel et financier américain des informations potentiellement confidentielles lorsqu’il était envoyé spécial pour le Commerce, entre 2001 et 2011.

Dans ces conditions, William, de plus en plus visible à l’international, pourrait avoir du mal à se concentrer sur les objectifs de ce voyage.

Dès son arrivée, il doit retrouver le prince héritier Mohammed ben Salmane pour une visite privée du site classé d’At-Turaif, avant de s’entretenir avec lui.

Mardi, William doit visiter un programme de rénovation urbaine durable à Ryad, et échanger avec des universitaires sur la transition énergétique dans le pays. Il rencontrera également de jeunes femmes élèves d’un centre d’entrainement de football, avant d’assister à un tournoi de e-sport.

Enfin, il visitera, mercredi, une réserve naturelle et une ferme durable dans l’oasis d’Alula, située dans le nord-ouest du pays, selon le programme dévoilé par ses services.

Long-terme 

Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une intensification des relations diplomatiques entre Londres et Ryad, après les tensions nées de l’assassinat en 2018 du journaliste dissident Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Les services secrets américains ont désigné Ben Salmane comme responsable direct de cet assassinat et, en 2020, Londres avait sanctionné vingt Saoudiens soupçonnés d’y avoir participé.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer prononçant un discours, à St Leonards-on-Sea, dans le sud-est de l’Angleterre, le 5 février 2026. (Crédit : Peter Nicholls/POOL/AFP)

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, s’est déjà rendu dans la monarchie conservatrice en décembre 2024, suivi de son ministre des Affaires étrangères, David Lammy, en janvier 2025, puis de sa ministre des Finances, Rachel Reeves, en octobre dernier.

Les familles royales saoudiennes et britanniques entretiennent également des relations chaleureuses depuis longtemps, et la visite de William est, pour Londres, une tentative de « capitaliser sur cette fraternité royale », souligne Simon Mabon, professeur de relations internationales à l’université de Lancaster.

En envoyant « le futur roi », le gouvernement britannique souligne qu’il « voit [cette relation] comme une priorité stratégique de long-terme », ajoute-t-il à l’AFP.

Londres négocie actuellement un accord commercial avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe les six États de la région, dont l’Arabie saoudite.

La monarchie pétrolière a également exprimé son intérêt pour le programme du futur avion de combat (GCAP), développé par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, et qui doit remplacer les Eurofighter italiens et britanniques vers 2035.

Si l’exercice s’annonce difficile pour William, le prince de 43 ans a déjà montré qu’il avait des talents diplomatiques, notamment lors de sa rencontre, largement saluée, avec le président américain Donald Trump à Paris en 2024, souligne l’expert royal Richard Fitzwilliams.

« Il est très à l’aise sur la scène diplomatique, ce qui est primordial », soulignait-il avant la visite.

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