Le procureur accepte d’étendre les audiences de Netanyahu sur deux semaines
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Le procureur accepte d’étendre les audiences de Netanyahu sur deux semaines

L'équipe de défense du Premier ministre l'avait demandé afin de disposer de suffisamment de temps pour présenter leurs arguments dans les trois affaires de corruption

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à la Résidence du Président à Jérusalem après avoir été chargé par le Président Reuven Rivlin (hors cadre) de former un nouveau gouvernement, le 25 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à la Résidence du Président à Jérusalem après avoir été chargé par le Président Reuven Rivlin (hors cadre) de former un nouveau gouvernement, le 25 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Le procureur général Avichai Mandelblit a informé dimanche les avocats du Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’il donnait une suite favorable à leur demande d’étendre les audiences préliminaires à une mise en examen sur deux semaines plutôt que sur deux jours concernant les trois affaires de corruption qui menacent leur client.

L’équipe juridique de Netanyahu devait rencontrer Avichai Mandelblit les 2 et 3 octobre pour des audiences lors desquelles ils tenteront de convaincre le procureur général de ne pas inculper le Premier ministre.

Dans le cadre de cette réorganisation, seuls les arguments concernant l’affaire 4 000, la plus grave des trois, dans laquelle Benjamin Netanyahu est notamment soupçonné de pots-de-vin, seront entendus mercredi et jeudi.

Les audiences pour les affaires 1 000 et 2 000 se tiendront les dimanche et lundi suivants et la procédure s’achèvera à la veille de Yom Kippour, mardi.

Les avocats de Netanyahu avaient adressé leur demande jeudi, clamant qu’il leur fallait plus de temps pour défendre le Premier ministre. Le même jour, l’intéressé avait publiquement appelé à ce que les audiences soient diffusées en direct, une requête que Mandelblit avait rejetée, la jugeant « futile » et « sans fondement juridique ».

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d’une conférence à Airport City, aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les avocats de Netanyahu n’ont soumis au procureur général qu’une seule page d’arguments en amont des audiences plutôt qu’un dossier fourni.

Jeudi, la Haute Cour de justice a donné une suite défavorable à une requête demandant que ces auditions préliminaires soient annulées, car le court document était le signe d’un manque de respect pour la procédure judiciaire.

Réagissant au refus de Mandelblit concernant une diffusion en direct, Netanyahu a qualifié la décision de « triste » et clamé que des années de fuites sur les affaires les avaient transformées en « cour martiale » expéditive.

Dans sa requête, le chef du Likud avait expliqué que la retransmission en direct servirait à contrer « un déluge de fuites partisanes et partiales » dans les enquêtes le visant.

« Le moment est venu que le public entende tout. Et notamment ce que j’ai à dire de mon côté, complètement, pleinement – sans intermédiaires, sans censure et sans distorsion », avait clamé le Premier ministre dans une vidéo publiée sur Internet.

Il n’a pas précisé s’il serait présent à l’audience qui aura lieu alors que les députés de la 22e Knesset, élus la semaine dernière lors d’un vote qui a renforcé l’impasse politique dans laquelle se trouve Israël depuis des mois, prêteront serment au Parlement.

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz fait une déclaration à Tel Aviv, le 26 septembre 2019. (Crédit : Avshalom Shoshoni/Flash90)

Le procureur général Avichaï Mandelblit avait annoncé en février son intention de mettre en examen Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires de dons reçus de la part de milliardaires en échange de bons procédés et de tentatives de collusion avec les médias.

Netanyahu rejette toutes les allégations retenues contre lui, et en impute la responsabilité à ses opposants, qui, dit-il, veulent l’évincer du pouvoir. Avec plus de 13 ans passés à la tête du gouvernement israélien, Netanyahu est le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire de l’État.

Dans l’affaire 4000, considérée comme la plus accablante pour le Premier ministre, il est soupçonné d’avoir fait avancer des décisions de régulation en tant que ministre des Communications et Premier ministre qui auraient bénéficié à Shaul Elovitch, l’actionnaire principal de Bezeq, la plus grande entreprise de télécommunications du pays, en échange d’une couverture positive sur le site d’information Walla, propriété d’Elovitch.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu des avantages et des cadeaux d’une valeur d’environ 1 million de shekels (250 000 euros) de donateurs milliardaires. Mandelblit pencherait en faveur d’une mise en examen pour abus de confiance dans cette affaire.

L’affaire 2000 concerne un accord de contrepartie illicite présumé entre Netanyahu et Arnon Moses, éditeur du journal Yedioth Ahronoth, et dans lequel le Premier ministre aurait fait entrave au quotidien rival Israel Hayom en échange d’une couverture plus favorable par le Yedioth. Il est ainsi accusé d’abus de confiance, et Mozes sera mis en examen pour corruption.

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