Mandelblit exhorté à l’inculper sans passer par l’audience du 2 octobre
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Mandelblit exhorté à l’inculper sans passer par l’audience du 2 octobre

Pour le Mouvement pour un gouvernement de qualité, les avocats du Premier ministre devraient être considérés comme renonçant à leur droit au vu de la feuille présentée au procureur

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d'une conférence à Airport City, aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d'une conférence à Airport City, aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël a demandé mardi au procureur général Avichai Mandelblit d’annuler l’audience préalable à l’inculpation du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une série d’affaires de corruption, affirmant qu’il a effectivement renoncé à son droit en se moquant du processus.

Selon le quotidien Haaretz, la demande est intervenue après que les avocats de Netanyahu ont soumis la semaine dernière un document d’une page à Mandelblit, au lieu des documents complets qui devaient présenter la défense du dirigeant du Likud.

Netanyahu doit comparaître devant Mandelblit le 2 octobre pour faire valoir son point de vue avant que le procureur général ne prenne une décision finale quant à sa mise en accusation. En février, Mandelblit a annoncé son intention d’inculper M. Netanyahu, en attendant l’audience, pour fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes, ainsi que pour corruption dans une de ces affaires.

« Le suspect Netanyahu doit être considéré comme ayant renoncé à son droit d’être entendu », a écrit le Mouvement pour un gouvernement de qualité, une organisation à but non lucratif qui se consacre principalement à la lutte contre la corruption au gouvernement.

Le groupe a déclaré que la faible réaction de l’avocat de Netanyahu n’était qu’une autre tactique dilatoire.

Les avocats ont choisi de déposer un document de la défense qui inclut seulement « un déni général des charges qui pèsent contre lui dans un document d’une page qui ne fournit aucune explication et ne se rapporte pas à la preuve qui a été donnée aux avocats du Premier ministre », selon la déclaration.

Les avocats de Netanyahu ont été accusés d’avoir utilisé des tactiques dilatoires tout au long du processus.

L’audience était initialement prévue pour juin, mais en mai, Mandelblit a accepté de la reporter de trois mois.

Les avocats de Netanyahu avaient demandé au procureur général un délai d’un an, arguant que la portée des documents était trop grande pour être examinée en trois mois. Mandelblit a rejeté cette demande.

Les avocats du Premier ministre ont obtenu que les dossiers ne soient pas remis avant les élections nationales du 9 avril afin d’éviter que les informations ne soient divulguées aux médias et n’affectent le vote.

Mais après l’élection, les avocats se sont abstenus pendant encore un mois de récupérer les documents, invoquant un différend au sujet de leurs honoraires.

Netanyahu a vigoureusement nié les allégations portées contre lui, clamant que les enquêtes faisaient partie d’une chasse aux sorcières menée par des rivaux politiques, les médias, la police et les procureurs de l’État pour le forcer à quitter ses fonctions.

Le Président Reuven Rivlin (au centre) rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la résidence du Président à Jérusalem, le 23 septembre 2019. (Haim Zach/GPO)

Son audition avec Mandelblit doit commencer le même jour que la date limite fixée au président Reuven Rivlin pour charger un législateur de former un gouvernement.

Netanyahu a subi un revers majeur lors des élections du 17 septembre, lorsque lui et ses alliés politiques n’ont pas réussi à obtenir la majorité nécessaire pour former un gouvernement.

Il est largement admis que si Netanyahu avait remporté les élections avec une majorité claire, il aurait demandé l’immunité de poursuites par le biais d’un vote de la Knesset et aurait ensuite demandé une législation pour empêcher la Cour suprême d’annuler une telle décision de la Knesset. Dans les derniers jours de la campagne, Netanyahu s’est montré évasif lorsqu’on lui a demandé s’il chercherait effectivement à limiter les pouvoirs de la Cour suprême.

Ni Netanyahu, ni le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz n’ont reçu suffisamment de soutien pour former un gouvernement. Netanyahu a été recommandé comme Premier ministre préféré par 55 députés et Gantz a un soutien de 54 d’entre eux.

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