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Comment Spielberg a sauvé le cinéma d’une petite ville galloise

"Save the Cinema" raconte l'histoire vraie d'une activiste qui a permis au Lyric Cinema de Carmarthen de rester ouvert en organisant la première de Jurassic Park en 1993

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un film, dont la sortie est prévue plus tard ce mois-ci, raconte l’histoire improbable, mais vraie, de la façon dont le célèbre réalisateur Steven Spielberg est intervenu pour sauver le cinéma local d’une petite ville galloise en lui permettant de présenter l’un de ses plus grands succès, « Jurassic Park ».

« Save the Cinema » est une version romancée de la campagne menée par Liz Evans pour sauver le Lyric Cinema de Carmarthen de la démolition et le maintenir en activité dans le cadre d’un programme en faveur de la jeunesse locale.

Cette mère de trois enfants – dont les fils chanteurs d’opéra ont des rôles secondaires dans le film – organisait bénévolement depuis des années des spectacles amateurs pour le Carmarthen Further Education Centre.

Lorsque le cinéma désaffecté a été démoli, elle a persuadé le conseil municipal de le reprendre et d’y projeter des films afin de récolter des fonds pour les représentations des jeunes. Elle a tellement bien réussi que l’Union européenne (UE) a financé la rénovation du cinéma pour qu’il soit également équipé d’un théâtre.

Puis, en 1993, le distributeur de Jurassic Park est apparemment revenu sur sa promesse de laisser le cinéma projeter le film lors de sa première diffusion, et ce, alors que le cinéma avait déjà annoncé l’événement. Evans, coiffeuse de profession, n’a pas baissé les bras.

« Ma mère était furieuse », a raconté son fils Wynne au journal britannique Daily Mail. « Maman était un peu une franc-tireuse. Je pensais à l’époque qu’elle était juste excentrique. Mais c’était une personne inspirante qui n’acceptait pas qu’on lui refuse quoique ce soit. »

Liz la Lyrique, comme on la surnomme, a discuté avec le maire de la ville, Richard Goodridge, qui, avec une certaine dose de chutzpah, a décidé d’écrire une lettre à nul autre que le réalisateur de Jurassic Park, Spielberg. Dans « Save the Cinema », c’est Evans qui écrit la lettre.

Le réalisateur Steven Spielberg au Wilshire Hotel, à Beverly Hills, en Californie, le 28 février 2019. (Crédit : Chris Pizzello/Invision/AP)

« Cher Monsieur Spielberg », écrivit Goodridge, avant d’expliquer les circonstances de l’annulation.

« Le Lyric Theatre a fait beaucoup de publicité pour la projection du film et, en effet, des milliers de personnes croient maintenant qu’il sera projeté ici », a-t-il écrit. « Cependant, plusieurs milliers de personnes vont être déçues, et surtout très en colère. »

« Certains ont reporté leurs vacances pour le voir. Je fais appel à vous pour éviter une crise et j’attends une réponse urgente », a-t-il écrit.

Quelques jours plus tard, le bureau de Spielberg a appelé Goodridge au milieu de la nuit et une femme a dit au maire qu’on montrerait la lettre au réalisateur primé.

Six jours plus tard, le directeur général de United International Pictures (UIP) a informé le maire qu’afin « de ne pas décevoir les habitants de Carmarthen, j’ai donné des instructions pour qu’une copie de Jurassic Park soit attribuée au Lyric Cinema. »

Le cinéma de 600 places affichait alors complet, les places ne coûtant que 2,50 livres. Selon Wynne, sa mère était tellement impatiente d’être la première qu’elle a commencé à faire tourner les bobines quelques minutes avant la première royale officielle à Londres, à laquelle assistait la princesse Diana.

Le cinéma est depuis devenu le Carmarthen and District Youth Opera, sous le patronage de la duchesse de Cornouailles.

Mme Evans a ensuite été honorée en recevant l’Ordre de l’Empire britannique (MBE). Elle est décédée en 2004 à l’âge de 60 ans.

Le tournage de son histoire remarquable a commencé en janvier 2021 et la première de « Save the Cinema » est prévue le 14 janvier.

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