Le shekel au plus haut face au $, alors qu’élections et confinement se profilent
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Le shekel au plus haut face au $, alors qu’élections et confinement se profilent

Le taux de change est à 3,2265 NIS pour 1$, la monnaie israélienne étant la plus forte face au billet vert US depuis le 10 juillet 2008, avec la baisse du dollar au niveau mondial

Dollars et shekels. Illustration. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Dollars et shekels. Illustration. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le shekel israélien a atteint mardi son plus haut niveau par rapport au dollar américain depuis 12 ans, alors même que le pays se rapprochait des élections et qu’un troisième confinement était imminent, et que le dollar faiblissait au niveau mondial.

Le taux de change est tombé à 3,2265 NIS pour un dollar mardi, le plus fort que la monnaie ait jamais eu par rapport au billet vert depuis le 10 juillet 2008, lorsque le taux était de 3,2084 NIS pour un dollar, a déclaré la Banque Leumi Le-Israel Ltd. La hausse du shekel aurait incité la banque centrale à intervenir sur le marché mardi pour soutenir le dollar. Le shekel s’échangeait à 3,2390 NIS/$ à 15h03 à Tel Aviv.

Kobby Levi, le responsable de la stratégie des marchés chez Leumi, a déclaré que la principale cause de la hausse du shekel était l’affaiblissement mondial du dollar.

Le dollar a augmenté ces derniers jours par rapport aux autres devises après la découverte de la mutation du virus au Royaume-Uni, a déclaré M. Levi, mais il corrige maintenant ses gains.

Kobby Levi, responsable de la stratégie des marchés, Division des marchés de capitaux, de la Banque Leumi Le-Israel. (Autorisation)

« Le dollar s’est légèrement corrigé ces dernières heures, et dans le même temps, les contrats à terme sur les principaux indices boursiers américains et les principales bourses européennes ont augmenté », a-t-il déclaré dans un communiqué envoyé par courrier électronique.

Les Etats-Unis ont également approuvé un plan d’urgence de 900 milliards de dollars cette semaine, tandis que les démocrates ont déclaré qu’ils feront pression pour plus d’aide, une fois que le président désigné Joe Biden prendra ses fonctions le 20 janvier.

« Cela suscite des attentes pour une nouvelle relance budgétaire », a déclaré M. Levi, qui, si elle est approuvée, devrait favoriser un nouvel affaiblissement du dollar.

Au-delà de cela, a déclaré M. Levi, le commerce est traditionnellement volatile à la fin de l’année, car les grandes entreprises locales procèdent à des ajustements monétaires.

Le shekel a gagné 6,25 % par rapport au dollar cette année, car la monnaie américaine s’est affaiblie au niveau mondial. La force de la monnaie israélienne se manifeste alors même que le pays est confronté à une quatrième élection en deux ans, à une pandémie et à la plus grande crise économique de son histoire. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est jugé pour corruption dans trois affaires et le gouvernement a été rendu impuissant par une coalition dysfonctionnelle.

Le boom des marchés boursiers étrangers entraîne un renforcement du shekel par rapport à la plupart des devises, car les investisseurs couvrent leurs investissements sur les marchés boursiers étrangers en vendant des réserves de devises étrangères.

En outre, les Israéliens évitent la plupart du temps de voyager à cause du coronavirus, qui a largement cloué au sol les vols, laissant chez eux quelque 3 milliards de dollars en devises étrangères qu’ils dépensent normalement à l’étranger.

Le shekel est également soutenu par les solides fondamentaux de l’économie israélienne. Le pays affiche un excédent important du compte courant de la balance des paiements, car ses exportations dépassent les importations, principalement en raison de sa forte industrie de haute technologie.

La production de gaz naturel à partir de ses gisements énormes depuis 2013 a également contribué à réduire les importations d’énergie, et les économies réalisées par les ménages en Israël, en termes d’épargne et de plans de retraite, sont élevées. Tout cela a un impact sur la balance des paiements du pays, ce qui lui donne un excédent.

Plus tôt ce mois-ci, le gouverneur de la banque centrale Amir Yaron a déclaré que la Banque d’Israël comptait continuer à acheter des devises étrangères en 2021 pour freiner la force du shekel, car son appréciation nuit aux exportations et pourrait entraver la reprise de l’économie après le coup porté par la pandémie de coronavirus.

La Banque d’Israël a acheté, du début de l’année jusqu’en novembre, quelque 17 milliards de dollars de devises étrangères, a-t-il dit, dans le but de freiner le taux d’appréciation.

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