Le shekel continue de grimper face au dollar, malgré la perspective d’élections
Rechercher

Le shekel continue de grimper face au dollar, malgré la perspective d’élections

La monnaie américaine chute à 3,2731shekels contre un dollar jeudi après-midi, alors que le dollar s'affaiblit dans un contexte de politiques expansionnistes

Photo illustrative des shekels israéliens (Sophie Gordon / Flash90)
Photo illustrative des shekels israéliens (Sophie Gordon / Flash90)

Le shekel israélien a continué à gagner du terrain sur le dollar malgré l’approbation par la Knesset, mercredi, d’un projet de loi préliminaire qui prépare le terrain pour un quatrième scrutin national en deux ans.

Le shekel s’échangeait à 3,2731 shekels pour un dollar à 14 heures 45 à Tel-Aviv, approchant son plus bas niveau de 3,23 shekels pour un dollar en juillet 2008.

Mercredi, le pays a fait un pas de plus vers des élections, le ministre de la Défense Benny Gantz et son parti Kakhol lavan ayant rompu la coalition et voté en faveur de la dissolution du Parlement.

« Nous voyons que le marché n’est pas perturbé par la possibilité d’un nouveau cycle électoral », a déclaré Irit Motzrafi Majar, économiste de la division financière de la Banque Hapoalim, dans une note adressée aux investisseurs.

La force du shekel est principalement due au fait que le dollar a baissé par rapport aux autres monnaies du monde, a-t-elle déclaré. La monnaie américaine s’est affaiblie, passant de 1,12 dollar pour un euro au début de l’année à environ 1,21 dollar pour un euro, a-t-elle déclaré.

« L’affaiblissement du dollar dans le monde est en partie le résultat des politiques très expansionnistes, à la fois budgétaires et monétaires, menées par le Trésor américain et la Fed. A cet égard, les résultats des élections américaines ont même accéléré l’affaiblissement du dollar dans le monde, dans l’hypothèse où les démocrates adopteraient des politiques encore plus expansives », a-t-elle écrit.

D’autres facteurs contribuent toutefois à la force du shekel, malgré l’instabilité politique, la pandémie et la plus grande crise économique de l’histoire d’Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est jugé pour corruption dans trois affaires et le gouvernement a été rendu inopérant par une coalition dysfonctionnelle.

L’explosion des marchés boursiers étrangers entraîne un renforcement du shekel par rapport à la plupart des devises, les investisseurs couvrant leurs investissements sur les marchés boursiers étrangers en vendant leurs réserves de devises.

En outre, les Israéliens ont dû, pour la plupart, renoncer à voyager en raison de la pandémie de coronavirus, qui a largement paralysé le trafic aérien, laissant sur place quelque 3 milliards de dollars en devises étrangères qu’ils dépensent normalement à l’étranger.

Le shekel est également soutenu par les solides fondamentaux de l’économie israélienne. Le pays affiche un excédent important de la balance des paiements, car ses exportations dépassent ses importations, principalement en raison de la vigueur de son industrie de haute technologie. La production de gaz naturel à partir de ses immenses gisements depuis 2013 a également contribué à réduire les importations d’énergie, et les ménages israéliens réalisent des économies importantes en termes d’épargne et de plans de retraite. Tout cela a un impact sur le compte courant de la nation, lui donnant un excédent.

La tendance à un shekel plus fort pourrait être freinée par un changement de tendance sur les marchés mondiaux, a commenté Motzrafi Majar. Alors que les vaccins contre le coronavirus commencent à se déployer dans le monde entier, les gens pourraient reprendre leurs voyages, a-t-elle dit, et cela pourrait également réduire les pressions d’appréciation du shekel, a-t-elle ajouté.

Et même si le marché semble se soustraire aux turbulences politiques locales, une réduction de la note de la dette par les agences de notation pourrait, par exemple, « changer la dynamique », a-t-elle écrit. S&P et Moody’s ont récemment confirmé les notations de crédit d’Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...