L’armée admet avoir attribué des numéros aux détenus palestiniens
Tsahal a utilisé un marqueur pour marquer au front un Palestinien interrogé ; les militaires ont reconnu le caractère inapproprié de cette pratique : "des leçons ont été tirées"
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L’armée israélienne a reconnu mardi que des soldats avaient marqué des numéros sur des suspects palestiniens qui avaient été placés en détention lors d’un raid militaire mené dans le village de Qabatiya, au nord de la Cisjordanie, dans la journée de lundi. Elle avait précédemment admis que cette pratique était inappropriée.
Dans une déclaration faite au Times of Israel, l’armée a indiqué que les commandants avaient souligné la gravité de ces agissements auprès des soldats impliqués dans cette initiative, ajoutant que « des leçons en avaient été tirées » — reprenant ainsi les propos tenus par les militaires au mois d’avril dernier.
Une vidéo diffusée lundi avait montré un Palestinien s’adressant aux médias locaux, le numéro 44 inscrit sur son front, après avoir été interrogé par des soldats israéliens lors du raid.
L’homme avait déclaré que les soldats avaient également marqué d’autres personnes interrogées, notant qu’ils lui avaient ordonné de ne pas prendre part à des affrontements si des partisans du mouvement pro-implantations devaient entrer dans son village.
Le journal Haaretz a par ailleurs rapporté mardi que plusieurs Palestiniens qui avaient été interpellés et interrogés au cours de l’opération avaient des numéros inscrits sur leur front ou ailleurs sur leur corps. Des sources palestiniennes citées par le journal ont indiqué que le nombre de personnes interpellées était supérieur aux deux arrestations annoncées par l’armée et elles ont affirmé que certaines avaient été battues.
Selon cet article, l’armée israélienne a fait savoir que les deux Palestiniens qu’elle avait arrêtés étaient soupçonnés de préparer des attentats.
Ahmad Tibi, député du parti Hadash-Taal, a fermement condamné l’incident sur le réseau social X, le qualifiant de « choquant et répugnant ». Il a dit que ce genre d’agissement lui rappelait « une période sombre ».
L’utilisation de numéros sur la peau pour identifier des personnes est depuis longtemps un tabou en Israël – car elle rappelle les tatouages numérotés qui avaient été utilisés par les nazis pour identifier les détenus dans les camps de concentration et d’extermination pendant la Shoah.
Dans une réponse officielle qui a été diffusée mardi, l’armée israélienne a confirmé que les forces de sécurité avaient marqué des suspects interrogés au cours, selon elle, d’une opération menée par des brigades à Qabatiya, dans la zone de responsabilité de la brigade Menashe.
« Les commandants ont clairement fait comprendre aux soldats la gravité de cet acte, et des leçons en ont été tirées », a affirmé l’armée.
Cet aveu a fait écho à la réponse qui avait été apportée par les militaires à un incident similaire qui était survenu au mois d’avril – quand des images avaient montré des femmes palestiniennes portant des numéros inscrits sur leurs mains alors qu’elles avaient été brièvement autorisées à entrer dans le camp de réfugiés de Jénine, contrôlé par l’armée israélienne, pour récupérer leurs effets personnels.
À l’époque, l’armée israélienne avait expliqué que les soldats tentaient d’assurer un retour dans le calme en dirigeant les résidentes vers différentes sections du camp, des zones que l’armée avait divisées en zones identifiées par des chiffres et des lettres.
L’armée avait déclaré que l’idée d’inscrire la section correspondante sur la main de chaque résident venait des Palestiniens eux-mêmes, mais elle avait néanmoins considéré que cette pratique résultait « d’un manque de discernement ».
L’armée avait alors indiqué que les règles de conduite à respecter avaient été clarifiées et que « des leçons avaient été tirées ».
L’incident survenu en avril s’était produit pendant la longue opération antiterroriste menée par l’armée israélienne à Jénine et dans d’autres camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie. Israël avait lancé l’opération « Mur de fer » au mois de janvier 2025, affirmant qu’elle visait à éradiquer les groupes terroristes actifs dans la région.
Cette opération a finalement entraîné le déplacement de dizaines de milliers de Palestiniens.
Dans une intervention qui a eu lieu devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le mois dernier, Ramiz Alakbarov, coordinateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a affirmé que 127 communautés palestiniennes « ont subi un déplacement total ou partiel depuis janvier 2023 », dont 47 ont été entièrement déplacées.
Alakbarov a également indiqué que rien qu’en 2026, environ 3 800 Palestiniens de Cisjordanie « ont été déplacés en raison des violences commises par les colons, des démolitions et des expulsions ».
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